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PRONOSTIC

Après ce que nous avons dit des symptômes et surtout de la marche du cancer vrai de la parotide, le pronostic est facile à déduire.

S’il s’agit d’un cancer avéré, quelle que soit sa forme, c’est la mort qui en est la terminaison constante.

Mais elle est loin de survenir après le même laps de temps, qu’il s’agisse d’un squirrhe ou d’un encéphaloïde.

Dans ce dernier cas, comme nous l’avons répété bien des fois dans le cours de ce travail, la marche est essentiellement rapide, la mort survient au bout de six mois, un an, deux tout au plus, soit qu’elle résulte de quelque généralisation viscérale, soit qu’une hémorragie foudroyante vienne mettre un terme brusque aux longues souffrances du malade, soit enfin qu’il s’éteigne lentement, après une longue agonie presque aussi pénible pour le malade que pour le chirurgien contraint d’assister, les bras croisés, au développement incessant de la tumeur et des douleurs parfois atroces que le malheureux patient

ressent encore dans l’hébétude morphinique la plus grande.

Dans le squirrhe , la marche est lente; il y a peu de douleurs, peu d’accidents, et, sans admettre l’opinion de Richter sur la nature du cancer et sur la non-transformation du squirrhe en cancer, on doit cependant reconnaître que le squirrhe de la parotide comme le squirrhe du sein est loin d’offrir la gravité de l’encéphaloïde, et même de certains sarcomes malins. Cette opinion se retrouve, du reste, dans un certain nombre d’auteurs, et, tout en tenant compte des réserves que nous avons faites sur les observations consignées par Bérard dans sa thèse, il faut bien admettre avec lui ou que les récidives après les extirpations sont rares, ou qu’elles n’ont pas toujours été suffisamment relatées, ou plutôt que les extirpations ont été très rarement faites pour de véritables carcinomes de la parotide.

Le squirrhe de la parotide est donc une affection cancéreuse relativement moins grave, dont la durée oscille entre trois et cinq ou six ans; lorsqu’il affecte la forme en plaques ou en cuirasse , sa marche serait peut-être plus rapide; c’est là une question qui ne peut être tranchée que par de nouveaux faits.

C’était en se basant sur la gravité moindre du squirrhe parotidien que Richter, qui connaissait bien ce côté de la question, se déclarait adversaire absolu du traitement chirurgical.

Cette conclusion, sur laquelle nous aurons à revenir en parlant du traitement, nous^amène tout naturellement à l’étude des ressources dont nous pouvons disposer contre le cancer parotidien ; c’est, à mon sens, la seule vraie con-

clusion que l’on doive tirer du pronostic; elle est d’ailleurs conforme à la marche de la maladie, à sa rapidité ou à sa lenteur, à ses caractères et à la possibilité de récidives locales, d’invasion ganglionnaire ou de géné-

ralisations viscérales h distance.

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