‹ Contribution à l'étude du carcinôme de la parotideChapitre 3 sur 28 · DÉLIMITATION ET DIVISION DM SUJET · texte numérisé non relu

DÉLIMITATION ET DIVISION DM SUJET

Les tumeurs de la parotide, comme toutes les tumeurs eu général, peuvent être, en se plaçant au point de vue clinique, divisées en : tumeurs bénignes, tumeurs malignes. C'est d'ailleurs la division adoptée par les auteurs du Compendium de chirurgie.

Il n’y aurait rien à redire à cette classification si ces deux catégories de tumeurs présentaient des caractères différentiels bien distincts et établis d’une manière indiscutable.

Malheureusement il n’en est rien; nulle part peut-être plus qu’à la parotide ces deux espèces do tumeurs ne se côtoient parfois de plus près , se confondant souvent l'une avec l’autre, se transformant même sans doute l'une en l’autre. — C'est là une considération de premier ordre, capitale, essentielle, que le chirurgien ne doit pas perdre de vue en présence d’une tumeur parotidienne dont il veut poser le diagnostic.

Ces considérations tirées des difficultés du diagnostic clinique sont encore corroborées ’par le peu de différences que donne pour certaines d'entre elles le dia-

gnostic histologique (voy. adénome, chondrome, sarcome, épithélioma) ; et elles ont conduit à la création d une classe intermédiaire de tumeurs mixtes bien décrites dans la thèse de Planteau sous le nom de tumeurs hypertrophiques complexes de la parotide.

J ai lu avec soin un très grand nombre d observations rentrant plus ou moins dans cette catégorie, et il ne ma pas semblé possible, dans l’état actuel de nos connaissances, d'y établir de divisions bien nettes.

Les tumeurs parotidiennes constituent, si on veut bien me permettre cette comparaison, une île chirurgicale encore insuffisamment explorée, et il nous a paru partrop téméraire de vouloir s’aventurer dans son intérieur, sans avoir auparavant établi sur ses bords des stations sûres qui puissent servir tout cà la fois de points de départ et de repère à des études nouvelles.

Nous conserverons donc cette classe de tumeurs

imites, y rejetant tout ce qui ne nous semble pas du vrai carcinome, avec l'espoir que de nouvelles observations basées sur des examens histologiques et cliniques plus complets permettront sans doute un jour de démêler les éléments si variés et si multiples qui composent aujourd’hui cette catégorie.

Aussi bien, pour éviter autant que possible cette confusion, qui nous paraît le principal obstacle apporté jusqu’ici à l’étude des tumeurs parotidiennes, nous nous bornerons à l’étude du cancer proprement dit, ou mieux du carcinome de la parotide, et comme dans les autres organes nous lui décrirons deux variétés principales :

1° Le squirrhe;

2° V encéphaloïde .

« Ce diagnostic clinique de carcinome, dit M. le professeur Trélat', est le seul qu’on puisse porter en présence de la confusion profonde qui règne encore dans l’étude des tumeurs mixtes de la parotide. »

Chemin faisant, nous aurons occasion de parler d’un grand nombre de ces tumeurs complexes et de montrer en quoi elles diffèrent des véritables cancers. Ainsi limité, notre sujet gagnera beaucoup en précision et en clarté, et nous nous estimerions bien heureux si nous avions pu creuser un sillon durable dans l’étude des véritables tumeurs malignes, cancers vrais ou carcinomes de la parotide.

Avant d’entrer en matière je demande seulement la permission de répondre brièvement à une objection que l’on serait peut-être tenté de me faire : pourquoi, me dira-t-on, continuer d’employer ces vieilles dénominations cliniques de squirrhe et d ' encéphaloïde?

Voici ma réponse : d’une part le sens précis attaché par nos anciens maîtres à ces deux mots au point de vue de la rapidité de la marche et par conséquent du pronostic de l’affection, et d’autre part, les caractères histologiques suffisamment tranchés qui les distinguent, m’ont paru des motifs suffisants pour ne rien changer à des termes consacrés par l’usage et la tradition. Et 11e pourrais-je pas à mon tour demander à l’histologie quelles dénominations elle peut nous offrir qui soient supérieures ou seulement égales à celles-là?

Je tiens encore à signaler bien rapidement les points de comparaison si nombreux qui existent entre le cancer

Page 1