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CHAPITRE IV

ÉTIOLOGIE

Je ne crois pas possible, étant donné les notions bien imparfaites que nous possédons sur l’étiologie du cancer en général, de séparer l’étiologie du squirrhe et de l’encéphaloïde parotidiens de celle de l'épithélioma ; nous étudierons donc les causes de ces trois variétés de cancer en nous attachant à faire ressortir les quelques données qui s’attachent plus particulièrement à notre sujet.

Le cancer parotidien est primitif ou consécutif à une dégénérescence des parties voisines. Ce n’est pas avec le petit nombre de faits publiés qu’on peut aujourd'hui décider lequel des deux est le plus fréquent.

Le cancer secondaire éloignant généralement encore plus toute idée d'intervention chirurgicale et ne présentant qu'un intérêt moindre, ou conçoit que les faits signalés soient plus rares encore.

On en a observé deux ou trois cas consécutivement à un épithélioma du pharynx; mon excellent maître M. Berger en a récemment observé un fait dont le début remontait à deux ans, avec douleurs atroces et désordres considérables. (Communie, orale.)

On en a observé également à la suite d’un cancer du maxillaire inférieur; peut-être s’agissait-il de sarcomes;

quelquefois aussi secondairement à un épithélioma de la face ou des joues. C’est sans doute dans ce sens qu'il faut interpréter quelques-unes des observations de Bérard,

notamment les observations X, XI, XÎII et la seconde observation de Triquet.

Branlat, dans sa thèse, rapporte d’après Lannelongue, chirurgien de 1 hôpital Saint- André de Bordeaux, un fait curieux de dégénérescence secondaire de la parotide

après un épithélioma de la conjonctive.

La possibilité de généralisation à d’autres viscères doit aussi trouver à cette place une première mention.

Nous arrivons au cancer 'primitif , la plus intéressante des deux variétés étiologiques. Malheureusement nous

savons bien peu de choses sur ses causes; je me bornerai à tirer quelques conclusions du rapprochement des faits dont j ai eu connaissance, dans l’espoir qu’ils pourront servir un jour à fixer d’une manière plus sûre l’âge, le sexe et les autres conditions dans lesquelles le cancer parotidien se développe plus fréquemment.

■Ayc. « Le cancer parotidien ne débute guère que vers la fin de 1 âge mûr », dit Delorme; « dans tous les cas où le diagnostic a été fait, dit M. Duplay, le cancer de la parotide s est développé de 35 à 50 ans ». Ces chiffres nous paraissent s’appliquer principalement à l’encéphaloïde ; mais cette variété peut se rencontrer chez des sujets plus jeunes, 25 ans dans le cas de Moore, 27 à 32 dans une ou deux observations de Bérard, le malade de M. Trélat avait 41 ans, c’est l’âge moyen de l’encéphaloïde.

Si, d’autre pari, on remarque que les observations XIII, XVIII, XXXVII et XL de Bérard portent sur des sujets du sexe féminin, on pourra peut-être penser que, chez la femme, le cancer survient plus tôt que chez l’homme, ou, tout au moins, s'il 11e s'agit pas de cancer vrai, que la transformation cancéreuse de la tumeur parotidienne s’opère plus vite. Le fait est à vérifier.

Quant au squirrhe , il survient plus tard, je crois, que no l'indiquent les chiffres donnés plus haut. Notre premier malade avait plus de 70 ans, le malade qui fait le sujet de l'observation V du mémoire de M. Verneuil sur les diabético-paludiques en avait 71 ; dans deux faits analogues observés en ville par M. le professeur Gosselin et M. L. Labbé, les malades avaient plus de 60 ans.

Le squirvhe diffus , dont nous citons un exemple bien complet, évolue sans doute plus rapidement : notre sujet avait 52 ans; cette distinction étiologique est d’ailleurs en rapport avec ce que nous savons de l'évolution de ces affections, et ces quelques données réclament le contrôle d'un nombre de faits plus considérable.

Sexe. — Relativement au sexe, c’est surtout chez l'homme qu’on a rencontré les cancers de la parotide; toutes les observations de squirrhe dont nous avons connaissance appartenaient à des sujets masculins, je fais une exception pour une femme que j’ai rencontrée et dont je rapporte brièvement l'histoire fort incomplète, elle était certainement atteinte de squirrhe atrophique ; les quelques exemples rapportés par Bérard prêtent à la discussion, et en tous cas leur nombre 11e saurait être mis en rapport avec celui des hommes atteints de la même affection.

L'hérédité existe manifestement pour le malade de

M. Jrélat, elle faisait défaut chez nos deux sujets; mais les renseignements à ce sujet sont souvent Lien vagues à l’hôpital .

Peut-être pourrait-on attacher plus d’importance à l’existence de lésions inflammatoires antérieures , comme dans les commémoratifs de notre second fait. — Ce malade

a eu, 20 ans auparavant, un abcès de la région parotidienne ; le même renseignement figure dans d’autres observations. Ce sont des relations encore bien inconnues, mais elles n en sont pas moins intéressantes à rapporter et elles serviront peut-être un jour à rattacher ces deux

points si différents pourtant .‘inflammations plus ou moins piolongees et productions néoplasiques. C’est là une question délicate que je soulève sans la résoudre et qui n’est pas sans présenter un certain intérêt.

Le dernier paragraphe de ce chapitre doit comporter un autre desideratum que nous révèle l’observation Y du memoiie de M. le professeur Verneuil 1 relativement au îole des diathèses; ce fait serait un exemple bien remar¬

quable a affection cancéreuse de la parotide chez un vieil officier d état-major âgé de 71 ans, type remarquable de la coexistence du diabète et de l’impaludisme. — Les documents actuels ne nous permettent pas de trancher la question, nous ne pouvons que rapporter des faits. L mine de notie malade ne renfermait pas de sucre et les autres observations sont également muettes sur l’existence d’antécédents diathésiques qui méritent d’être signalés.

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