‹ Contribution à l'étude du 'Casimiroa Edulis'Chapitre 21 sur 34 · ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE

L'étude de l’action physiologique du Casimiroa edulis faite d'abord par la section physiologique de l’Institut médical de Mexico a été reprise cette année par le D' Chevalier.

M. Chevalier a recherché l’action pharmacodynamique du Casimiroa edulis en se servant d'extrait fluide hydroalcoolique de graines qui fut évaporé dans le vide pour chasser l’alcool et redissout dans du sérum physiologique. Il obtint ainsi un liquide brunâtre, non homogène, présentant une couche superficielle huileuse s'émulsionnant facilement et possédant une odeur forte se rapprochant de celle de l'extrait de houblon. Il a préparé en outre, d’après les indications de Bikern, le glucoalcaloïde dont ila également étudié l’action physiologique.

Action générale.

Chez la grenouille. — Le premier phénomène observé consiste dans une paralysie progressive de la motilité, dans la perte graduelle de l’excitabilité musculaire. On constate en même temps un ralentissement de la conductibilité des troncs nerveux et une diminution, puis la perte de l’excitabilité. Plus tard, on voit apparaître la suspension de la respiration et un ralentissement des contractions cardiaques avec diminution considérable de leur énergie. Par suite de ces modifications fonctionnelles, on voit apparaître une cyanose des muscles. La mort survient d'ordinaire en douze heures par paralysie du cœur avec une dose de

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0 gr. 40 d'extrait fluide en injection dans les sacs lymphatiques dorsaux.

Chez les pigeons. — Altamirano à pu noter l'apparition rapide d'une démarche titubante, la perte de l'équilibre et la laxité ou le relâchement musculaire. Puis, on constate de la dyspnée, des vomissements, des déjections fréquentes avec hypersécrétion de l'intestin et du jabot, de la somnolence, de l’apathie et enfin de la paralysie avec perte de l’excitabilité cérébrale. |

Dose physiologique active 0 gr. 60. Dose toxique de 1 gramme à 1 gramme et demi en injection sous-cutanée. La mort se produit en cinq ou six heures par paralysie respiratoire sans convulsions. L’équivalent toxique correspond à 3 ou > grammes par kilogramme de pigeon.

Chez les lapins et les cobayes, l'injection intra-péritonéale d'extrait produit d’abord de l’apathie, de la parésie; la respiration est très fréquente. Bientôt on voit apparaître de la somnolence avec perte de l’excitabilité au bruit et diminution des réflexes ; cyanose, diurèse. À un degré plus avancé, la paralysie de la sensibilité et de la motilité devient complète ; la dyspnée augmente et la mort survient par asphyxie au bout de quatre à huit heures avec une dose de 3 grammes d'extrait par kilogramme d’animal.

Chez les chiens. — L'injection de l'extrait détermine au bout d'environ une demi-heure des vomissements, de la défécation en partie liquide et en partie solide, du relàchement musculaire et de la somnolence. L'animal se couche, ferme les yeux et dort tranquillement. Il s’éveille d’une à deux heures après si la dose d'extrait ingérée estde 1 gramme par kilogramme ; mais si elle a été plus forte, 3 grammes par kilogramme, la mort arrive à la sixième ou huitième

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heure par paralysie respiratoire avec un abaissement considérable de la température. La mort est précédée de symptomes comateux avec stupidité, paralysie de la sensibilité et de la motricité. L'analgésie généralisée est précoce et marche de pair avec l’hypothermie. On constate de la dilatation pupillaire. Des évacuations involontaires d'urine et de fèces sont assez fréquentes. La quantité des urines excrétées pendant l’intoxication est considérable et il paraît y avoir également de l’hypersécrétion gastro-intestinale.

Actions physiologiques spéciales.

Action sur le système nerveux. — Il semble, d'après les expérimentateurs, que le principe actif de l’extrait fluide de Casimiroa possède une action élective sur les éléments du cerveau et que cet organe le fixe rapidement comme l’alcool ou les huiles essentielles. Il détermine rapidement une dépression des facultés intellectuelles et sensorielles et un sommeil plus ou moins profond. Les sensations s'émoussent ainsi que la perception de la douleur. Avec des doses un peu fortes on voit apparaître une véritable analgésie qui persiste encore lorsque les symptômes graves de l’intoxication se sont dissipés. A cette période on peut voir l’animal marcher normalement et se diriger sans embarras, mais ne manifester aucune réaction aux excitations douloureuses lorsqu'on lui serre un membre, la queue ou une oreille. Si le cerveau paraît être surtout touché par ce médiment, le bulbe est également fortement atteint,et c’est à cette action qu'il faut rapporter les vomissements, les troubles intestinaux et les troubles respiratoires. A cette période la conservation parfaite des réflexes médullaires et l'intégrité

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