‹ Contribution à l'étude du chancre mixte: Diagnostics clinique et bactériologique – Institution du traitementChapitre 10 sur 15 · II. — ‘Freponema pallidum · texte numérisé non relu

II. — ‘Freponema pallidum

4° Morphologie et coloration. — L'agent pathogène de la syphilis est un parasite du groupe des flagellés découvert par Schandinn et Hoffmann en 1905 et désigné successivement sous le nom de Spirochæta pallida, puis sous celui

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de Treponema pallidum. C’est le plus mince des spirilles connus. Il a la forme d’un filament extrêmement fin, effilé à ses deux extrémités et contourné en spirale à la façon d'un tire-bouchon. Sa longueur qui varie entre 5 et 20 w est en moyenne égale ou un peu supérieure à celle d’un globule rouge. Sa largeur est minime. Sa minceur est telle qu’on ne saurait l'évaluer par un chiffre. La spirale comprend 8 à 10 spires au minimum, jusqu’à 25 ou 30 au maximum. Dans la partie moyenne du corps, les tours de spires sont réguliers, parallèles et profonds; vers les extrémités, les spires se relâchent, se transforment en ondulations, puis finalement en ligne droite à extrémité effilée, quelquefois fourchue; parfois une des extrémités se termine par une boucle. Autre caractère important: ils sont permanents, ne s’effacent jamais. Enfin le corps est filiforme, donc arrondi et non rubanné.

Ce microorganisme se colore difficilement, en raison surtout de sa ténuité extrême. Pour le mettre en évidence il faut employer des techniques spéciales. Si l’on cherche à l’imprégner par certains colorants intensifs, il n'apparaît qu'avec une pâleur caractéristique qui le différencie d’autres spirilles et que Schaudinn et Hoffmann ont justement retenu dans sa dénomination.

Il ne prend pas le Gram. Il a la propriété d’être imprégné par les sels d'argent, propriété que l’on met en pratique dans les colorations sur frottis et les études sur coupe. |

L'identification des spirochètes de la syphilis demande une certaine expérience, mais qui s'acquiert très vite. Les spirochètes ont tous en effet même air de famille, et on peut en trouver diverses variétés dans les ulcérations génitales. Toutefois le spirochète de la syphilis se distingue d'avec eux par son allure élégante, tandis que les autres spirochètes sont plus grossiers, plus épais et comparables à des vers de terre.

Il existe en effet chez l’homme plusieurs variétés de spirilles, saprophytes ou pathogènes, habitant le pourtour ou l'intérieur de cavités naturelles, et qu'il faut savoir distinguer du Treponema pallidum.

Les spirochètes saprophytes du méat de l'homme présentent des spires plus irrégulières, plus lâches et moins nombreuses.

Le spirochæta refringens est souvent associé au treponema pallidum. On le rencontre en outre dans nombre de lésions génitales superficielles. Les tours de spires sont moins serrés, moins réguliers et surtout il existe une membrane ondulante. Il est plus épais, plus mobile.

Le spirochæta balanitidis est très voisin du précédent bier qu'un peu moins large et présente des spires plus régulières et plus anguleuses.

Le spirochæta Vincenti, toujours associé au bacille fusiforme, produit l’angine de Vincent et aussi la balano-posthite érosive de Berdal et Bataille (Queyrat). Plus volumineux que le tréponème, ses tours de spires sont beaucoup plus lâches.

Le spirochæta dentium est celui qui ressemble le plus au tréponème. Il habite surtout le tartre dentaire. Il est un peu plus court, plus mince ; ses tours de spires sont moins nombreux, plus serrés.

Le spirochæta plicatilis, très épais, présente des ondulations très lâches et une membrane ondulante.

Le spirochæla du cancer ulcéré possède également une: membrane ondulante ; ses extrémités sont émoussées et comme tronquées.

Exceptionnellement la question peut se poser de différeneier le tréponème du #reponema pallidulum ou pertenue du Pian; du spirochète de Inada et Ido, agent de la spirochétose ictéro-hémorragique.

La discrimination de ces trois organismes est presque impossible et le diagnostic doit se baser sur les caractères cliniques de ces trois maladies. Ajoutons que le spirochète de: Inada et Ido ne se trouve chez l’homme que dans l'urine où l'on peut le déceler après une forte centrifugation dans des conditions où le diagnostic de syphilis ne se pose ordinaire— ment pas.

Avant d'aborder l'examen bactériologique du chancre induré, nous indiquerons râpidement les résultats que peuvent nous donner la culture et l’inoculation. Etant donné l'importance de sa séro-réaction, nous l’étudierons dans un chapitre spécial.

2° Culture. — La culture du Den est encore, à

l'heure présente, entourée de trop de difficultés techniques pour être utilisée comme moyen de diagnostic pratique. Plusieurs procédés ont cependant été mis en œuvre à cet effet dont nous ne retiendrons que les principaux. Celui des sacs de collodion ensemencés avec des tréponèmes vivants dans la cavité péritonéale du singe; celui de Chereschewsky sur sérum de cheval où les cultures commencent à apparaître au troisième jour d'étuve. Mais les microbes obtenus sont dépourvus de virulence et ne peuvent être réinoculés avec succès. D'ailleurs un certain nombre de tréponèmes autres, treponema dentium, pallidulum, etc., ressemblent de façon complète en culture au treponema pallidum et il faudra, la culture obtenue, recourir à l’inoculation dans le testicule du lapin pour les en distinguer. La culture ne ferait donc que compliquer inutilement le problème.

Ajoutons cependant qu’au cours de nombreux essais Noguchi aurait réussi à faire pousser sur gélose ascite avec fragments de tissu, des cultures pures et virulentes et que

Hoffmann aurait obtenu les mêmes résultats sur sérum de

cheval agar. Mais l’inconstance de ces résultats nous empêche de considérer ces méthodes comme un procédé courant de diagnostic.

3° Inoculation. — Depuis que Metchnikoff et Roux, puis de nombreux auteurs ultérieurement ont montré l'inoculabilité de la syphilis aux singes inférieurs et mème à d’autres animaux, lapin, chien, etc..., on s’est demandé si l’on ne pourrait pas appliquer cette transmission expérimentale au diagnostic de la syphilis.

En réalité, les résultats auxquels on est arrivé dans cette direction : produclion d'un chancre expérimental à la paupière du singe, production d'une kératite ou d’une orchite syphilitiques chez le lapin montrent que ce ne peut être là qu’une méthode de diagnostic exceptionnelle.

En effet il est difficile et onéreux de recourir à l’inoculation sur les singes et ii faut attendre trop longtemps les résultats (vingt à trente jours d'incubalion).

Auto-inoculation. — Il est certains cas exceptionnels sur lesquels a particulièrement insisté Gaucher où le chancre

syphilitique peut s'inoculer sur le même sujet pendant son ‘incubation ou pendant les dix au douze premiers jours de son évolution. La lésion d’inoculation apparaît alors sous forme de papule après quinze à vingt jours d’incubation.

On se souvient que l’auto-inoculation du chancre mou se manifeste par une vésico-pustule apparaissant au bout de vingt-cinq à quarante-huit heures d'incubation.

30 Inoculation du chancre mixte. — On obtiendrait, et des observations de Thibierge et Ravaut en font foi, des résultats concordant avec les précédents en pratiquant l'inoculation ou l’auto-inoculation du chancre mixte. Ces auteurs après avoir inoculé deux singes avec le produit de râclage d’une même ulcération de la vulve offrant tous les caractères du chancre syphilitique, constatèrent dès le deuxième jour au point d'inoculation et chez les deux animaux l'apparition d’une lésion ulcéreuse d’aspect chancrelleux, contenant des bacilles de Ducrey et évoluant dans lespace de huit à neuf jours. Celle-ci étaient cicatrisées depuis longtemps lorsque trente jours après l'inoculation apparurent ésalement chez les deux singes en trois des quatre points inoculés une lésion papuleuse ayant tous les caractères cliniques et bactériologiques du chancre syphilitique.

IT. — Prélèvement du suc chancreux pour la recherche du bacille de Ducrey et du tréponème

En principe il ne faut jamais rechercher les agents pathogènes dans le pus qui recouvre l’ulcération, mais bien dans l'épaisseur même de la paroi du chancre. C’est qu’en effet ils sont plus abondants et plus purs dans le sue chancreux que dans le pus de surface. D'où l'indication essentielle de nettoyer et de scarifier le chancre en vue du prélèvement.

On nettoie le chancre avec des tampons de coton d'abord imbibés d’eau, puis secs. On le scarifie ensuite avec un bistouri, ou bien un vaccinostyle. Pour cela, rechercher d’abord les parties les plus suspectes au point de vue de la syphilis tant par leur apparence que par leur induration sous-jacente ; s’il existe plusieurs chancres ayant des caractères différents,

prélever du sac de chacun. Avec la pointe de l'instrument, pratiquer à l'endroit choisi, sur les confins de l’ulcération (en pleine zone d’accroissement de la lésion), quelques petites scarifications parallèles entre elles et courtes (2 ou 3 millimètres) en faisant saigner le moins possible. Au bout de quelques instants il sort un peu de sérosité. L’essuyer et prélever une goutte de la nouvelle sérosité avec le tranchant de l'instrument qui a servi à l'opération ou mieux à l'aide d’une pipette; déposer cette goutte sur une lame, l’étaler en couche assez mince en ayant soin d’écraser les parcelles de tissu qu’elle contient. Laisser sécher. On péut hâter la dessication du frottis par agitation de la lame, mais se bien garder de le chauffer ou de le fixer par quelque moyen que ce soit parce qu'on ne pourrait plus se débarrasser dans la suite de l'hémoglobine qu’il contient.

Cette technique doit être légèrement modifiée selon que l'on fait un prélèvement de Ducrey ou un prélèvement de tréponème pour l'examen ultra-microscopique.

Dans le premier cas, le bacille chancrelleux doit être recherché par grattage ou scarification légère sous les. bords décollés de la chancrelle. |

Dans le second cas, on gratte les bords du chancre, sans faire saigner autant que possible, avec une curette ou un vaccinostyle, car il ne faut pas oublier que l'examen se faisant à l’étal frais, la préparation ne peut subir de déshémoglobinisation. Une goutte de sérosité pure, non mélangé de sang, est donc disposée à l’aide de la curette ou d'une pipette sur une lame, on recouvre d’une lamelle et on écrase la goutte sans produire de bulle d'air. Lame et iamelle doivent avoir été soigneusement dégraissées, lavées et séchées.

Il est inutile d’insister sur l'intérêt qu'il y a à faire un assez grand nombre de préparations afin de parer aux accidents et de pouvoir examiner les bacilles et les spirilles sur plusieurs lames.

A) Recherches des bacilles de Ducrey

a) Le meilleur procédé pour les mettre en évidence consiste à les colorer par le b/eu polychrome à l'ammoniaque.

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Ce réactif est un mélange de violet de méthylène et d'azur de méthylène obtenus en faisant agir l’'ammoniaque sur le bleu de méthylène.

La technique de la coloration est la suivante :

PREMIER TEMPS : fixation. — Arroser la préparation de suc chancreux avec de l'alcool à 95° en tenant la lame penchée. Sécher en mettant le feu à ce qui reste d'alcool sur la lame, et en éteignant presque aussitôt la flamme (en soufflant sur la lame de son talon vers son extrémité libre); on réalise du même coup par cette manœuvre un chauffage modéré qui complète la fixation.

Deuxième remps : coloration. —Recouvrir de bleu polychrome à l’ammoniaque. Laisser agir environ une minute.

Troisième Temps : lavage et séchage. — Laver rapidement à l'eau distillée. Sécher en épongeant sous papier filtre, ou bien passer à deux ou trois reprises rapides la lame toute mouillée sur la flamme du Bunsen, et souffler aussitôt fortement de son talon vers son extrémité libre.

Telle est la méthode préconisée par Tribondeau.

b) On peut également employer le mélange de Pick et Jacobson qui permet peut-être mieux de reconnaître le bacille soit phagocyté par les polynucléaires, soit disposé en file indienne. Ce colorant, utilisé également dans la thérapeutique du chancre, présente la composilion suivante :

Fau-distilée te ARR SERRE RE RTE 20 cmc.

Fuchsine- de Ziehl:, M," MR EN NE RER CR OU E tes Bleu de méthylène en solution acqueuse à 4 0/0. . VIII —

La technique de coloration ne présente rien de particulier

Il est difficile de voir le bacille de Ducrey quand on n'examine pas la préparation à un très fort grossissement et si la recherche de ce bacille ne donne pas plus souvent des indications posilives, c’est cerlainement parce qu’en général elle: n’est pas faite à un grossissement suffisant.

B) Recherche des trèponèmes

La meilleure façon de rechercher et d'étudier le tréponème est de l’examiner à l’ultra-microscope ou après coloration par

D Fu le procédé de Fontana-Tribondeau. L'examen porte égale-

ment sur le suc chancreux, plus rarement sur le suc ganglionnaire.

a) Examen à l'ultra-microscope. — L'examen à l’état frais de la rosée séreuse entre lame et lamelle se fait au moyen de l’ultra-microscope. On sait que dans un appareil ultra-microscopique, l'éclairage des particules se fait latéralement; aussi le fond de la préparation demeure-t-il obscur tandis que ses éléments figurés apparaissent comme des corps lumineux et brillants. En raison de sa minceur extrême, le spirille est peu xéfringent et moins lumineux que les autres parties éclairées de la préparalion; il est cependant facilement visible. Il se meut au milieu de corps également brillants, moins mobiles, qui sont pour la plupart des globules sanguins. On constate alors qu’il est animé de trois sortes de mouvements combinés: un mouvement en pas de vis autour de l'axe longitudinal, mouvement qui les fait avancer ou reculer. On pourrait dire qu'ils se vissent ou se dévissent dans le milieu ambiant. Le deuxième mouvement est un mouvement de latéralité, surtout visible quand le tréponème heurte un obstacle par une «le ses extrémités : tandis que le point de contact reste fixe, le corps microbien est animé de mouvements pendulaires. Le troisième mouvement est un mouvement ondulatoire qui se propage d'une extrémité à l’autre, dans le corps même, sans qu’il y ait cependant de membrane ondulante. Ces mouvements, dans les préparations conservées à l'abri de la dessication, peuvent persister pendant deux jours.

Il est facile de se rendre compte que les spires sont des éléments préformés, car elles persistent lorsque le corps est au repos et apparaissent avec les mêmes caractères que sur frottis colorés.

Il peut arriver cependant que le tréponème ne donne pas toujours cette forme spiralée et continue et l'on a pu le voir se présenter comme une ligne en zig-zags ou comme une série de points brillants.

Mais si l’on veut étudier avec précision la morphologie et les dimensions du parasite, il estindispensable de l’examiner

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après coloration. Le proéédé le plus simple et le plus rapide consiste à imprégner ls spirochètes à l’argent par le :

b) Procédé de Fontana-Tribondeau. — Les réactifs nécessaires sont :

4° Une solution de formol acétique ou liquide de Ruge composé de :

Acide acétique purs.) SSI NE 4 cme.

Formol à 40 0/0 dit du commerce. 2 cmc.

Eau distillée. « + 400 eme.

20 Une solution mordançante :

Tannin à l'alcool ou à l’éther. . . 1Âgr.

Faudistiliée re Le er Se UCmE

Camphre en fragment. . . . . Quelques fragments

(pour éviter les moisissures).

3° Du nitrate d'argent ammoniacai en solution de Fontana.

Nitrate d'argent cristallisé. . . . 4gr.

Han thisalées. TL COMORES TONI ON IRC

Ajouter de l’ammoniaque goutte à goutte jusqu'à redissolution du précipité.

La technique de la nitratation est la suivante :

Premrer Temps : déshémoglobinisation. — Arroser les préparations avecdu liquide de Ruge que l'on renouvelle plusieurs fois jusqu'à cequ'ils’écoule incolore (insister assez pour que le frottis soit bien blanc, car l'hémoglobine accaparerait l'argent, masquerait les spirochètes et gênerait leur coloration). Egoutter en secouant, laver à l'alcool à 95 degrés, égoutter à nouveau et enflammer rapidement pour terminer la fixation.

Deuxième TEmbs : mnordançage. — Recouvrir d'une épaisse couche de solution mordançante, puis, promener la préparation sur la veilleuse d’un bec Bunsen ou mieux au-dessus du brûleur de Montlaur adapté à un haricot en verre jusqu'à dégagement abondant de vapeurs, mais sans faire bouillir, et en évilant que le liquide laisse des parties à découvert. Retirer alors la préparation de la flamme, et ne rejeter la solution mordancçante que trente secondes après, Renouveler trois à quatre fois la même manœuvre.

Troisièue Temps : /avage. — Bien laver à l’eau ordinaire sous mince jet de robinet (30 secondes). Rincer rapidement à l’eau distillée. Egoutter en secouant; inutile de sécher.

QuarTRièME TEMPS : imprégnation par l'argent. — 1] y aintérêt à faire cette imprégnation d'abord à froid, puis à chaud.

Recouvrir d’une bonne couche de Fontana. Laisser agir quelques instants à froid, jusqu'à ce que la coloration soit bien amorcée (teinte marron clair). Rejeter le liquide de Fon- tana; le renouveler; chauffer comme il a été dit au deuxième

temps, mais retirer de la flamme dès les premières vapeurs. Laisser agir ensuite pendant quinze secondes (le frottis doit avoir à ce moment une bonne teinte marron à reflets métalliques). Rejeter le Fontana.

Cinquième Temps : dernier lavage et séchage. — Laver à l’eau bouillie distillée pendant quelques secondes (éviter l’eau ordi- naïire qui fait pâlir la teinte). Sécher en épongeantsous papierfiltre, ou bien passer à deux ou trois reprises rapides la lame toute mouillée sur la flamme du Bunsen, et souffler aussitôt fortement du talon vers son extrémité libre.

Examiner la préparation à l'immersion (objectif 1/12 ou 4/15; oculaire faible n° 1 par exemple; condensateur Abbe; miroir plan; lumière du jour). Les spirochètes colorés en brun jaunâtre ou noirâtre, sont d’une netteté parfaite.

L'examen terminé, enlever avec du xylol l'huile de cèdre qui recouvre la préparation, car les spirochètes seraient décolorés par l'huile.

Chacune de ces deux méthodes, examen à l’ultra-microscope et examen sur frottis colorés présente ses avantages et ses inconvénients.

Pour ce qui est de la première, elle permet à quelqu'un d’exercé de faire un diagnostic rapide, en quelques secondes, avantage énorme pour un examen qui doit être quotidien. De plus elle montre les mouvements des spirilles, ce qui en facilite la recherche et, dans certains cas, l'identification.

Mais la technique reste compliquée et délicate. Elle demande un long apprentissage suivi d’un entrainement régulier. C’est donc une technique de spécialiste. Autre inconvénient : on doit appliquer cette méthode extemporanément ; il est impos-

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sible d'envoyer à un laboratoire même à courte distance de la sérosité à examiner. Quand il y a doute sur l'identité du spirille, il est difficile de l’examiner longtemps et tranquillement, car, grâce à ses mouvements, il ne tarde pas échapper à l'œil de l’observateur.

Au contraire, le principal avantage de l'examen sur frottis colorés est de faire des préparations qui peuvent ensuite voyager. Tribondeau a pu aussi colorer des tréponèmes plusieurs mois après leur prélèvement. Cette méthode est donc la seule que puissent employer des médecins non outillés pour faire leurs examens eux-mêmes. Il leur suffit de faire le prélèvement et l'étalement sur lame et d'envoyer la préparation au laboratoire de leur choix.

La recherche du tréponème sur frottis est quelquefois laborieuse, Il faut souvent examiner plusieurs lames. Mais lorsqu'on a repéré un ou plusieurs spirilles, on peut étudier à loisir leur morphologie et arriver à leur identification dans la plupart des cas, bien qu’on ne voit que des organismes fixés et par conséquent immobiles.

C) Interprétation des résultats obtenus

La découverte de spirochètes de la syphilis dans un chancre permet d'affirmer sa nature syphilitique. Celle de bacilles de Ducrey donne la certitude d’une chancrelle. Positives toutes les deux, chancre mixte.

Quant aux résultats négatifs, ils n’infirment l'hypothèse de chancre mou, et plus encore de chancre syphilitique, que si le prélèvement a été pratiqué dans de bonnes conditions, c'est-à-dire sur une ulcération non traitée, d'apparition assez récente, convenablement nettoyée et scarifiée pour extraire le suc.

Dans le cas de recherches infructueuses de spirochètes dans le suc d'un chancre supposé mixte, il y a lieu de faire un examen quotidien pendant plusieurs jours de suite, quelquefois même jusquà l’apparition d’une séro-réaction positive qui doit toujours être faite concurremment avec les recherches locales.

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Enfin, lorsque pour diverses causes, les recherches de Ducrey et de tréponème dans le suc chancreux restent infructueuses, il peut être indiqué de les HOCIEE dans le suc ganglionnaire.

IV. — Recherche des parasites dans les ganglions lymphatiques

Il est aisé de se rendre compte de l'importance de cette méthode si l’on se trouve devant un chancre déjà trailé par un désinfectant ou compliqué de phimosis, et dont le prélèvement du suc chancreux est rendu de ce fait à peu près inutile ou impossible. É

La découverte du bacille de Ducrey dans un bubon établit Fo souvent la preuve du caractère mixte d'un chancre. pe

Il arrive en effet qu'une ulcération chancrelleuse, par suite 5 ES d’une cicatrisation rapide, tende à être méconnue et qu'un chancre syphilitique se greffant sur son emplacement attire toute l'attention. Mais l'apparition et la suppuration d’un bubon inguinal chancrelleux, quelquefois mixte lui-même, indiquent qu'il y a eu inoculation des deux virus. Dans une . adénopathie mixte, on peut également avoir intérêt à faire la our part de ce qui revient à l’un où à l'autre des deux virus et | pratiquer l'examen bactériologique du ganglion.

Enfin cette pratique acquiert une importance fondamentale, dans certains cas, exceptionnels il est vrai, et sur lesquels a particulièrement insisté Gougerot.

Cet auteur nous rapporte en effet les observations de plusieurs malades ayant présenté les uns des bubons suppurés syphilitiques" sans chancre induré porte d'entrée, les autres des bubons chancrello-syphilitiques sans chancre mixte porte d'entrée.

Chez les premiers l'examen ne peut déceler de Ducrey ni sur frottis du pus, ni après centrifugation de la sérosité obtenue après lavage de la poche, ni en culture, et l’auto-inoculation resta négative. En revanche le tréponème fut découvert dans la sérosité de grattage du ganglion et le Wassermann

P. Ledrain 3

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se montra positif trois semaines environ après le début de l’adénite, six semaines après la contamination.

Chez les seconds on découvrit du Ducrey dans le pus chancrelleux et on chercha en vain le chancre mou porte d'entrée ou sa cicatrice. Mais l'examen complet de tels malades révéla ordinairement une syphilis secondaire non précédée de chancre induré. Le Wassermann que l’on fit faire aussitôt fut positif total.

Etant donné leur extrême rareté, ces syphilis sont généralement méconnues, rien n’attire l’attention sur elles; les accidents secondaires, lorsqu'ils existent, risquent également de passer inaperçus, ou, sile malade et le médecin les voient, l'absence du chancre leur fait douter qu'il s’agisse de syphilis et même si le diagnostic de syphilis est fait, il est souvent trop tardif pour permettre un traitement dans les premiers jours du chancre.

Il importe donc, devant toute adénite, même sans chancre, de rechercher systématiquement la syphilis ou la chancrellosyphilis par tous les moyens, non seulement par un examen clinique minutieux, permettant de déceler des taches discrètes de roséole, des plaques muqueuses à peine visibles, mais par les méthodes de laboratoire : séro-réaction et surtout recherche du tréponème dans les sucs de ponction des ganglions ou dans la sérosité qui suinte de l’ulcération ganglionnaire détergée de son pus.

Prélèvement du pus ganglionnaire. — La méthode la plus simple, mais la plus fructueuse consiste à rechercher les parasites dans le pus qui s’écoule de l’aiguille de ponction ou de l’ulcération. On fait ensuite un frottis sur lame, on sèche, on fixe et on colore : cette seconde partie de l’opération nous est déjà familière. Mais il n’y a que le bacille de Ducrey qu'il soit possible de rechercher ainsi et encore faut-il prolonger longtemps ses investigations avant de pouvoir en découvrir un seul. Nous savons en effet que, la plupart du temps, le pus est bactériolylique des bacilles et que les préparations ainsi obtenues non seulement n’en présentent qu'un nombre fort restreint, mais qu'il faut encore les différencier d’une quantité d'autres microbes dus aux infections secondaires.

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C’est seulement en grattant la paroi de l’abcès ganglionnaire ou encore après centrifugation de la sérosité obtenue après lavage de la poche que l’on peut isoler et colorer l'agent spécifique de la lésion.

La recherche du bacille de Ducrey dans les ganglions lymphatiques est de pratique plus courante que celle du tréponème. La présence de ce dernier, lors de la période secondaire, y fut signalée dès 1905 par Schaudinn et Hoffmann. . Des travaux récents ont permis de l'identifier dans les organes lymphatiques dès la période primaire. Pour Tilling, on l'y trouverait 26 fois sur 27 cas ; pour Fuhwald, 20 fois sur 24 cas. En fait, ils y sont assez rares et les recherches ne . sont pas toujours positives quelle que soit la période à laquelle on les pratique.

La ponction d’un tel ganglion, dur le plus souvent, le grattage de ses parois sont choses peu faciles. Il est recommandé de l’injecter au préalable avec 1 centimètre cube de sérum, puis de le malaxer avant de ponctionner.

En somme la recherche des parasites dans les ganglions Iymphatiques et d’une pratique délicate et souvent ingrate : elle entre, il est vrai, dans la catégorie des examens d’exception, surtout en ce qui concerne le tréponème.

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