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Complication fréquente : phimosis
Quant au phimosis, il représente une complication locale si fréquente du chancre mixte qu'il peut en être considéré comme une des meilleures manifestations cliniques.
Un chancre mou siégeant par exemple dans la région balano préputiale peut être masqué au début de son évolution par un prépuce gros. enflammé, œdématié, mais
la tuméfaction est molle et permet de découvrir le gland.
S'agit-il de syphilis, de mou le phimosis devient dur, scléreux et ne permet plus de découvrir le gland : il laisse échapper du pus et il n’est pas rare de voir les plis radiés préputiaux creusés d’ulcérations chancrelleuses.
En même temps que se montrent les caractères syphilitiques de l'ulcération, on voit apparaître la pléïade caractéristique du chancre induré : ganglions indolents, durs, mobiles, existant d’un seul ou des deux côtés. Mais il est assez fréquent que leur soit associé soit du même côté, soit du côté opposé un bubon chancrelleux. C'est ainsi que Gougerot a pu observer chez un premier malade porteur de chancre mixte l'apparition de ganglions durs, froids, syphilitiques venant entourer quatre gros bubons suppurés chancrelleux. Chez un autre, dans un des plis inguinaux, une masse où la palpation dissocie trois ganglions, deux supérieurs, froids, durs, indolents, recouverts d’une peau blanche mobile, non inflammée ; un inférieur chaud, ramolli, suppuré, recouvert d’une peau rouge adhérente, amincie, prête à s’ulcérer.: Enfin il peut arriver de trouver sur un même ganglion cet aspect mixte.
Nous venons d'envisager, nous dirons même de schématiser uu seul aspect clinique du chancre mixte ; mais celui-ci varie d'un cas à l’autre tant au point de vue de son aspect qu'à celui de son évolution.
Formes cliniques
I. D'après l’évolution. — 1° Tantôt le chancre mixte apparait avec les caractères du chancre mou, qu'il peut garder pendant toute son évolution : le chancre mou masque la syphiiis.
D’après quelques auteurs, le chancre mixte offre le plus souvent les caractères de la chancrelle plutôt que ceux du chancre induré. Cette remarque un peu généralisée sans doute, ne doit pas manquer de retenir notre attention. En effet la constatation d’une ulcération à bords taillés à pic, décollés, irrégulièrement découpés, à fond sanieux, baigné de pus, celle de chancres multiples suppurants, de folliculites suppurées des cuisses, d’adénopathie inflammatoire font porter le diagnostic de chancre mou.
Rien ne conduirait à suspecter le chancre mixte si l’on ne s’imposait de rechercher toujours, sur le bord de l’ulcération, la présence d’un bourrelet induré, à épiderme non ulcéré « qui donne l'impression du chancre syphilitique envahi dans sa presque totalité par un chancre mou et dont il ne subsisterait plus qu'une couronne indurée ».
Il est à noter que cette induration tend à gagner insensiblement la base du chancre. Comme toujours la présence d’une adénopathie inguinale syphilitique complètera le diagnostic clinique.
Mais souvent on a beau observer les malades avec précision et avec suite, on a beau rechercher systématiquement à l'expiration de la période d'incubation de la syphilis l'induration de la base et le retentissement ganglionnaire, on ne parvient à trouver aucune modification : la lésion n’a pas cessé de présenter les caractères typiques du chancre simple et cependant au bout de quelques semaines, on est étonné de voir le malade porteur de roséole ou de plaques muqueuses.
Le diagnostic clinique était impossible ; jusqu'à l'apparition de ces symptômes de syphilis secondaire.
Ce sont ces cas qui montrent que devant le chancre mou le plus typique il faut néanmois rechercher la syphilis.
2° Tantôt le chancre mixte a d’abord l'aspect du chancre mou, mais l’induration peut n'apparaître que pendant ou après la cicatrisation.
Il faut pour cela que la période de stationnement ait été très courte et que la réparation se soit faite rapidement. C’est ainsi qu'en une semaine le chancre mou peut évoluer vers la cicatrisation : ses bords s’aplanissent, se recollent et se mettent de niveau avec le fond de l’ulcération qui bourgeonne, après avoir éliminé sa fausse membrane ; on se trouve dès lors devant une plaie banale qui ne suppure plus, qui n’est plus douloureuse et qui ne sollicite plus un examen aussi attentif de la part du malade ni de celle du médecis, quand au même point le chancre syphilitique commence à apparaître avec secs caractères typiques. Il peut même arriver, et nous avons observé ce cas chez un de nos malades, que l’ulcération syphilitique se montre sur le versant du chancre mou en voie de parfaite cicatrisation et en reste séparé par un mince intervalle de peau saine. |
3° Enfin dans autres cas le chancre mou a eu le temps de se cicatriser complètement avant que n'apparaisse très peu de temps après, sur son emplacement, un chancre syphilitique.
La différence des incubations explique facilement cette succession en deux temps. Le diagnostic de la syphilis est facile et c’est plutôt le chancre mou antérieur que l’on tendrait à méconnaitre. Mais pour preuve du caractère mixte du chancre, on voit souvent apparaitre et suppurer un bubou inguinal qui est bien chancrelleux car le pus ganglionnaire contient du bacille de Ducrey.
4° Tantôt enfin le chancre mou a passé inaperçu. Le chancre syphilitique apparait avec tous ses caractères en même temps qu'une adénite suppurée dont la suppuration ne s’explique pas par les caractères du chancre propre et net, mais on en trouve la raison dans la constatation du bacille de Ducrey dans le pus ganglionnaire.
IL D'après le nombre. — Mais quel que soit le mode de contagion, simultané ou successif, il n’est pas rare et c'est là un des signes cliniques les plus importants du chancre