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reprises, avec une solution de cocaïne à 2 p. 100, la face interne des petites lèvres et le pourtour de l’orifice vaginal. Au bout d’une minute, la sensibilité a disparu aux points touchés, et le spéculum est introduit presque sans douleur, à la stupéfaction de la malade elle-même, qui, la veille, poussait des eris.
Après quatre badigeonnages, le vaginisme disparut complétement.
Les essais avec la cocaïne sur l’utérus lui-même ont été tentés bientôt après la constatation des faits ci-dessus.
M. Doléris a badigeonné le col de neuf femmes en travail au moment où la dilatation atteignait environ les dimensions d’une pièce de 2 fr. La solution était de 4 p. 100. Dix fois il a obtenu un succès complet, c’est-à-dire un soulagement considérable, et cela au bout de quelques minutes. Les trois insuccès ont eu lieu chez des femmes qui étaient à la clinique depuis quelque temps, et dont on lavait plusieurs fois par jour le vagin au sublimé. Le séjour inévitable d’une petite quantité de sublimé dans les culs-de-sac du vagin a pu empêcher Paction de la cocaïne. A la dernière période de l’accouchement, des badigeonnages de la même solution sur la région vulvaire ont diminué notablement les douleurs périnéales, sans que l’issue de laccouchement ait paru être modifié.
Les faits analogues à ceux de M. Doléris sont encore peu nombreux, au moins en France, et, dans tous les cas, on n’a pas encore donné une grande extension aux recherches de ce genre. A l'étranger, au contraire, la cocaïne a été employée sur l’utérus pour faciliter les opérations les plus diverses. M. le docteur Hergott, de la Faculté de médecine de Nancy, a publié, dans les Annales de gynécologie et d’obstétrique (février 1885), un très-intéressant travail sur l'Emploi de la cocaïne en obstétrique. On trouve résumés dans cette étude une grande partie des faits parus à l'étranger, et parmi lesquels je citérai un cas de suture du col, de ponction profonde du col, etc.; mais l’analgésie complète de cet organe ne paraît devoir être obtenue qu’avec des solutions très-fortes : 20 p. 100.
En étudiant l’action physiologique de la cocaïne appliquée sur la
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peau saine, j’ai dû reconnaître que cette action était absolument nulle. Mais il n’en est plus de même si l’on a affaire à une peau éraillée et présentant des solutions de continuité; dans ce dernier cas, en effet, la cocaïne agit comme sur les muqueuses et l’analgésie se produit. C’est là un fait signalé, entre autres par Paul Bert, à la Société de biologie, dans la séance du 17 janvier 1885. Cet auteur, ayant appliqué de ia cocaïne sur la peau dénuée de son épiderme par un vésicatoire, observa très-nettement l’analgésie. Dans le travail que jesignalais tout à l’heure, M. Hergott a appliqué ces données au traitement des gerçures du sein, et je crois ne pouvoir mieux faire que de reproduire ses conclusions. La solution employée par cet auteur est la solution aqueuse, à 4 p.100.
Sous l’influence des badigeonnages de cocaïne, dit M. Hergott, la douleur disparaît rapidement ; l’état des gerçures est amélioré par la cocaïne, et, quand elles sont peu profondes, leur guérison est très-rapide. La cocaïne doit être employée dès que le mamelon devient sensible; on évite ainsi le mouvement réflexe qui porte la femme à sereculer vivement dès que l’enfant touche le sein, et ce mouvement de recul est très-souvent la cause de la formation des éraillures.
Le manuel opératoire est très-simple : on badigeonne le mamelon avec la solution de cocaïne ; au bout de deux ou trois minutes, on essuie avec un linge pour enlever l’excès de liquide, et on met l’enfant au sein. Dans aucun cas, ces badigeonnages préalables n’ont rebuté Penfant.
Dans le chapitre sur l’action de la cocaïne sur la sensibilité, j’ai parlé assez longuement de l’analgésie produite par les injections hypodermiques ; cette propriété a été utilisée pratiquement dans certaines opérations. Dujardin-Beaumetz, dans le cas de fissure à l’anus que je citais tout à l’heure, a pu opérer la dilatation après deux injections latérales de cocaïne, sans que le malade ressentît aucune douleur. Plus récemment, M. le docteur Estorc a publié, dans la Gazette des sciences médicales de Montpellier, un cas d’épithélioma de la joue opéré dans ces conditions. Ç
« En somme, dit le docteur Estorc en terminant sa communication,
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anesthésie presque absolue de la peau, et, au-dessous, simple diminution de sensibilité, d'autant moins marquée que les tissus étaient plus profondément situés. » L
Cette phrase résume bien, à mon avis, l’action de la cocaïne en injections hypodermiques; elle explique pourquoi on ne saurait employer cet alcaloïde avec succès que sur des parties peu considérables, sur des pédicules de tumeur, par exemple. Une des applications les plus nettes de l’emploi de la cocaïne en injections hypodermiques se trouve dans l’opération du phimosis. Le docteur Nègre en cite plusieurs cas dans sa thèse, et, tout dernièrement, mon excellent ami Jeannel, interne des hôpitaux, a bien voulu me communiquer une observation de ce genre prise dans son service. Je ne la cite pas tout au long, parce qu’elle ne renferme rien de particulier; mais elle est une confirmation complète de ce que j’avançais tout à l’heure.
Dans ce cas, la dose injectée a été de 5 centigrammes ; l’injection a été faite au point même où devait porter la section : celle-ci a eu lieu sans que le malade ait rien senti du tout, et les suites de l'opération ont êté des plus simples.
Je terminerai ce chapitre par une observation qui m'a été gracieusement communiquée par M. Rauzier, interne des hôpitaux. Je cite sans rien changer.