BROMURE DE POTASSIUM ET COCAÏÎNE
Deux expériences seulement ont été faites avec le bromure de potassium.
Exp. XV. Singe A. — A lh., lavement contenant 2 gr. de bromure de potassium (solution au 10°); 12 minutes après, inj. hypod. de 0,06 centigr. de cocaïne. La crise convulsive apparaît avec toute sa violence 6 minutes après l'inject.
L'action du bromure de potassium a été, dans ce cas, absolument nulle et n’a modifié en rien le tableau ordinaire de la crise.
Exp. XVI. Singe A. — Pendant dix jours, le singe À a pris chaque jour par le rectum 4 gr. de bromure de potassium. Ces lavements ont été bien tolérés etla dose de bromure absorbée. Le 21 février, onzième jour du traitement par le bromure, on fait une injection hypodermique de 0,04 cent. de cocaïne; douze minutes après l'injection de cocaïne, l'animal fait un bond en criant ; il paraît furieux et se précipite avec rage sur les objets qu’on lui présente. Le train postérieur se paralyse, mais il n’y a pas de crise proprement dite. En résumé, l’agitation est très-forte, mais il n’y a pas de crise convulsive.
L'animal est laissé au repos pendant trois jours. Le 21 février, lavement avec 4 gr. de chloral et inj. hyp. de 0,06 de cocaïne. Cette fois, la crise apparaît après avec toute sa violence accoutumée, offrant un tableau identique aux précédents.
Bien que ces expériences n’aient été répétées que trois fois, nous ‘croyons cependant pouvoir en tirer des conclusions. Ces expériences, en effet, ont porté sur le même animal et sont, par suite, absolument comparables. De plus, dans la dernière observation, le singe À a été soumis au bromure de potassium jusqu’à saturation, et, par suite, l’ac-
tion du bromure sur la cocaine aurait dû être beaucoup plus marquée. De tous ces faits, nous concluons que le bromure de potassium n’a aucune action sur les effets convulsivants déterminés par la co-
caïne, et, par suite, ne peut être regardé comme l’antagoniste de cet alcaloïde.