Le Chlorhydrate de d. m. Acridinium
dans les plaies, escharres, lésions dermatologiques et quelques autres applications
PLates. — Notre intention n'est pas de rapporter, ni mème de résumer, toiles les publications parues, pendant la guerre surtout, en Angleterre et en Allemagne, concernant l’application de la trvpañlavine au traitement des plaies de toute nature. Nous ne ferons que fixer les points de pratique acquis,
nr 0
La solution la plus couramment usitée est celle 4 111009, dont on hnbibe la surfase cruentée directement ou le pansement. Des solutions plus faiblement concentrées furent également préconisées, sous forme dirrigations en profondeur,scmblables aux irrigations au liquide de Dakin.
L'action de l’antiseptique qui est modore se traduit d'abord par la décoloration des bords de la plaie et la diminution de ses secrétions ; la plaie se nettoie rapidement, en détachant spontanément les débris nécrosés cles tissus, puis des granulations fraiches et saines prennent naissance, et l’épidermisation ne tarde pas À se déclancher. Tous les auteurs insistent sur l'absence de toute toxicité ct de toute irritation (avan'age sérieux sur le sublimé ou le phénol, voire l’iode et ses derivés) même dans les blessures étendues qui offrent une large surface d'absorption. Enfin, non seulement la trvpaflavine est indolore, mais elle calme même la douleur locale, et semble avoir une heureuse influence sur l’état général, qui s'améliore sensiblement le plus souvent sitôt la plaie détergée.
Dans les plaies de guerre récentes, son emploi 1mmédiat prévient l’imfection et le développement de la gangrène gazeuse. Après une longue expérience acquise au front, les médecins militaires anglais ont admis « que les pansements à l’acriflavine, convenablement faits, pouvaient sans dommage n'être renouvelés qu'après deux ou trois jours, et qu’alors 1ls pouvaient l'être aisément et sans douleur, la blessure n'étant ni sensible, ni infectée ». Il est évident qu’en de telles occasions, le nettoiement de la plaie et lexeision préalables des parties mortifiées s’imposaient. Cet avantage était précieux dans les conditions si fréquentes de longues évacuations des lignes vers l'arrière.
Dans les plaies infectées, Pilcher et Hull affirment qu'une décision est plus vite obtenue avec la trypa-
flavine en irrigations à faible concentration qu'avec la Jiqueur Carrel-Dakin, d'action plus lente.
Par contre, si on l’applique dans les derniers stades des blessures de guerre, le processus de réparation ne progresse pas, et reste à peu près en suspens : il est préférable alors de recourir à un autre procédé
Gette action s'applique aussi bien aux plaies par coup de feu des parties molles, avec où sans fracture, qu'aux plaies d'amputation et articulaires. Cependant les examens microscopiques ont montré qu'il en est bien peu qui soient rendues bactériologiquement stériles, même par un traitement longtemps prolonge.
Le professeur Flesch décrit plusieurs cas de phlegmons gazeux graves qu'il à traités avee succès à la trypañlavine, et prétend avoir pu, grâce à elle, éviter lamputation dans de semblables phleemons chez des blessés militaires. Veiten rapproche ses propres résul-
tats, dans des panaris et des phlegmons tendineux.
qui, selon sa propre expression, ont admirablement guéri avee une solution à 111000. De semblables succès ont été obtenus dans certaines Ivmphangeites et lvmphadénites.
Nous'’avons lu que cerlains chirurgiens allemands nettoyaient de cette facon le champ opératoire. Il pourrait être intéressant d'essayer ce procédé d'asepsie dans certains cas partieu'iers, sur le serotum, par exemple. dont lépiderme est si Sensible à Ta teinture diode,
ESCHARRES. — Nous rapprocherons de cette indicalion chirurgicale les excellents effets que produit la trvpatlavine dans 16 fraitement des escharres. Nous avons pu les constater personnellement dans le service
de M. le Professeur Sicard, à Necker, chez une paralytique générale atteinte d’escharres sacrées. M. Sicard qui, le premier, a tout récemment attiré l'attention sur ce petit point de pratique, y insiste volontiers dans son enselenement quotidien. La cicatrisation est trés favorablement influencée et se complète plus rapidement et de façon plus constante. C’est la même action, somme toute, que nous avons déja vu s'exercer sur les plaies.
LÉSIONS DERMATOLOGIQUES. — Nous dirons un mot des applications dermatologiques, très bref, car il nous faudrait, pour être complet, passer en revue tous les chapitres de dermatologie.
L'herpès tonsurans réagit bien à la trypaflavine : une cinquantaine de cas ont été rapidement et radicalement guéris par le D' Meyer, à Hambourg. Il en a été de même dans quatre cas graves de trichophytie profonde, menés à bien en un temps relativement court. Pour ces deux affections, le traitement consistait en badigeonnages locaux répétés avee le mélange suivant :
Trypaflavine neutre 9 gr.
Glycérine 2-90 Alcool ad. D0
Des mémoires concordants, rédigés en des services hospitaliers différents d'Allemagne, concluaient à l'emploi d’une solution aqueuse à 0.50 à 11100 ou 111000, ou d’une solution alcoolique à 11100, dans les pyodermites infantiles et les pyodermites rebelles, les impetigos vulgaires ou circinés, les eczémas humides et croûteux. Werner, surtout, S'attacha à Hambourg à faire pénétrer la trypaflavine dans la pratique derinatologique courante.
Des guérisons inattendues de chancre mou et de bubons ouverts, par la trypaflavine à 111000 ou 11500 ont été publiées par le professeur Pinkus à Berlin,
Enfin Arning d'Hambourg s’est félicité d'avoir traité par des badigeonnages répétés matin et soir, des malades atteints de pemphigus malin ; la solution était la suivante :
trypaflavine 2 alcool Tin TAG À: ( eau distillée 4? 100
L'année suivante (1922) Leschinskv confirme les faits précédents ; le mêmesuccès a suivi la mème technique, dans des cas de pemphigus, ayant résisté aux autres traitements.
Une prompte enquête à Fhôpital Saint-Louis, nous ayant montré que ces tentatives, pourtant mtéressantes, n y avaient pas eu d’écho, il nous a paru nécessaire de consacrer quelques lignes à cette rapide et incomplète énumération. Le champ est inculte, et vaut d’être fouillé, La nature même de la trypaflavine, son pouvoir tinetorial, son affinité directe pour le cuir sont des arguments théoriques qui militent en faveur de la possibilité de son action étendue dans les maladies de peau.
Dans ce domaine, comme dans tous les autres, l'expérnmentation de notre substance manque d'ampleur. Puisse cette thèse susciter des tentatives nouvelles et fécondes.
QUELQUES AUTRES APPLICATIONS. — Ce vœu serait notre dernier mot, si nous ne tenions à signaler quelques indications secondaires où la trypaflavine n’a pas déçu les espoirs placés en elle. Elle constitue un désinfectant très rapide et facile à manier, de la bouche et du pharynx, sous formede gargarismes dans les angines banales, de lavages à 111000 dans la gineivite et la stomatite fébrile dont elle a guéri des formes anciennes. Maïer écrit qu'il a guéri, en deux, trois ou quatre jours, sept cas de muguet où le fraitement au
borax avait échoué, avec une solution de 0,50f100 chez les nourrissons et de 11100 chez les adultes.
Ses bons effets sont signalés encore dans l’angine de Vincent par plusieurs auteurs ; dans l’otite externe en compresses imbibées d’une solution à 111000 ; dans le furoncle du conduit auditif externe ; dans les affections septiques de la bouche, dans la pyorrhée alvéolaire.