‹ Contribution à l'étude du Chlorhydrate de diamino methyl-Acridinium (ou Gonacrine, ou Trypaflavine) et de ses Indications ThérapeutiquesChapitre 9 sur 11 · RS · texte numérisé non relu

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Dans les cas heureux, l'écoulement diminue trés rapidement et tarit à peu près en quatre où cinq jours : les gonocoques disparaissent, mais, eonme nous y avons déjà imsisté, leur retour offensif est constant dans les 24 ou 36 heures, si le traitement est trop tot suspendu.

Prevost conclut que siles patients sont vus et traités dès le troisième jour d'une uréthrite antérieure, l'acriflavine à une valeur de guérison considérable, plus de 59 O0 en une semaine. Si la guérison tarde, on peut la poursuivre ainsi quatre à SiX semaines sans avoir à redouter de complication. Mais si après trois semaines, le malade n’est pas ou n’est plus sous contrôle, mieux valent alors Pargyrol et le protargol. Dans ses uréthrites antéro-postérieu- 1e moyenne detcuréra télé de 45 jours; cén'est pas un progrès. Enfin, dans les urôthrites subaiguës ou chroniques, qu'il cite, accompagnées ou non de complication, aucun progrès n'a été réalisé non plus du fait de cette médication.

Nous n’en avons personnellement aucune expérience, et rien dans la littérature médicale française ne nous permet de résoudre le problème. Nous ne croyons pas que lacriflavine puisse, en tant que médication externe, se substituer aux méthodes aujourd’hui utilisées et qui ont fait leurs preuves dans la sonococcie. Mais des faits positifs sont là qui incitent à penser que la question mériterait d'être reprise. Nous verrons bientôt que la méthode imtraveineuse parvient à réaliser ce que ne peuvent parfois ni le permanganate, ni les sels d'argent, ni la bactériothérapie. Pourquoi la méthode des injections uréthrales ou des vrands lavages n'arriverait-elle pas, elle aussi, dans des uréthrites rebelles, à suppléer à la défaillance de ces procédés. C’est dans ce sens, qu'à notre avis, les tentatives nouvelles devront être

dirigées, et c'est notre impression qu'elles ne seront pas vaines.

VOIE INTRAVEINEUSE. “enons «le faire allusion à l'introduction dans l'économie de la trypatlavine par voie intraveineuse. Ge point de vue assez récent, a suscité de nouvelles recherches, et fait naître des espoirs nouveaux. Ne pouvait-on, en effet, par le torrent circulatoire, faire pénétrer à la substance antigonoccique Pintimité des glandes de Cowper, de Littre, de Morgagni et autres anfractuosités, toutes repaires de gonocoques où trop souvent n’atteienent pas ou n’atteisgnent que mal les injections et les lavages ? « Au premier abord, dit M. le docteur Jausion, cette méthode satisfait l'esprit que défraie la conception de la dèsmfection par voie externe de plusieurs millions de recessus glandulaires ». En outre, la gonococcie n'est-elle pas plus qu'une maladie locale ? Entre le foyer local et les foyers secondaires de complications à distance, le microbe emprunte la voie sanguine ; c’est elle qui le transporte de lurethre au cœur, aux articulations, à la plévre ou ailleurs. En amenant la substance ehimique à son contact, ne pouvait-on espérer lutter avec plus de chances contre cette gonococcemie menacante ou déjà réalisée, et par conséquent interdire où faire avorter toute localisation métastatique ?

Ce fut Browdy, qui en 1921, sienala les premiers essais de ce genre. [utilisa 200 à 300 ces d’une soluion à1| 1000, à l'exclusion de toute autre thérapeutique, et s’en montra satisfait.

En mai 1924, Fournier publie dans F « Union Mcdicale du Canada » quelques observations intéressantes. Il dit utiliser la voie intraveineuse depuis deux ans, seule ou concuremment avec la voie urethrale et preférer l’acriflavine au permanganate et aux sels d'argent. Dans les infections superficielles, luréthrite

de 2, 3, 4 jours avorte géné ‘ralement en 1 ou 2 jours. L’urethrite plus avancée n’atteimt pas, de ce fait, l'urethre postérieur. L'auteur voit certaines uréthrites rebelles guérir du jour an lendemain. Par contre, d'autres cas, en tous points semblables cliniquement, ne sont nullement influencés par l’acriflavine (cerlains d'entre eux guérissent par injections intramusculaires de lait bouilli).

Voici quelques-unes de ces observations :

Observ. I — Malade de 48 ans, présentant un écoulement depuis quatre jours, gonocoques decelés par l'examen microscopique. Un traitement biquotidien à l’acriflavine est instilué ; après trois injections iutraveineuses l'écoulement tarit. Dix jours après, les urines deviennent limpides ; on cesse ; guérison consolidée.

Observ. II. — Ecoulement datant de neuf jours. Après deux injections, l'écoulement cesse, quelques filaments ne montrent plus de gonocoques. Après la cinquième injection, les urines s nt iimpides, et le demeurent.

Obsert. III. — Ecoulement sonococcique. Les deux verres sont troubles depuis trois semaines. Après une seule injection, les deux verres redeviennent limpides. Après trois injections, guérison apparente, le malade s'éloigne.

Observ. IV. — Urethrite blennorragique datantde quatre mois ; un traitement usuel et le massage n'ayant amené aucun résultat, on fait le lavage des vésicules seminales à l’acriflavine : trois jours après les urines deviennent limpides ; les brulüres dont souffrait le malade disparaissent.

Observ. V. — Urelhrite datant de trois ans, rebelle à plusieurs traitements successifs, et guérie par ce procédé de lavage des vésicules seminales (aucun détail n’est donné sur ces deux derniers Cas).

Observ. VI. — Ecoulement blennorragique chez un jeune homme de {17 ans, compliqué de rhumatisme aux genoux elaux pieds. Impossibilité de la marche. La vésicule gauche est gonflée. Après lavage des vésicules, et trois injectionsintraveineuses d’ acriflavine, L amélioration sedessine. Elle s'’accentue les jours suivants, et 15 jours après son admission, le malade sort complètement guéri,

La méthode à été reprise sur une très grande échelle par M. le Professeur agrégé Jausion, du Valde-Gràce, qui depuis près d'un an traite systématiquement toutes les urethrites blennor ragiques par les injections trihebdomadaires de gonacrine intraveineuses. Sa dernière publication date de février dernier ; nous lui ferons un large emprunt, tant sont intéressants les résultats qu’il y consigne. M. Jausion tout d’abord confirme (et la cause était entendue) la tolérance parfaite de l’économie à la gonacrine. Sous réserve de quelques cas d'empätement inflammatoire où d'escharres bénignes provoqués par une fuite de liquide sous les téguments, c'est-à-dire une faute de technique, ses ®. 620 injections ne lui ont ménagé aucune suite fâcheuse. La technique est la suivante : injections intraveineuses, cénéralement tri-hebdomadaires, répétées Jusqu'à la guérison de 5 ces d’une solution à 1150 dans de l’eau distillée. Il convient, si les injections sont renouvelées quotidiennement de ne pas prolonger cette facon de faire plus d’une semaine, dans la crainte d’une manifestation du cumul toxique que nous avous étudié et de reprendre à ce moment l'alternance d’un jour de repos. Il semble utile d’aspirer dans une seringue de 10 à 20 ce, un peu de sang que l’on brasse avec la substance médicamenteuse, et de ne réimjecter le mélange que lentement comme pour les arsenobenzenes. Ces mjections intraveineuses sont exclusives des injections et lavages urethro-vésicaux. Aucun régime n’est imposé à ces malades.

Il faut une moyenne de 10 à 15 injections pour une blennorragie au début ; 20 environ pour une gonorrhée banale, 30 pour une affection plus ancienne. Voici d’ailleurs résumée la récente statistique du Valde-Grâce.

163 sujets ont déjà été lraités, 57 sont en cours de tlraitement,

Des 165 sujets traités, 153 sont apparemment guéris

(Cette apparence de guérison est basée sur plusieurs éléments : écoulement tari, prostate normale et insensible, recherches de gonococcisme latent négatives. par la Spermoculture sur milieu de Pfeiffer-Giscard et sur gelose à l'œuf. Les épreuves de réactivation sont incertaines).

»» d'entre eux en étaient à leur première atteinte, en évolution depuis moins de deux mois, 2 présentaient en outre une urethrile postérieure et une cystite, 3 une orchi-epididymite.

6». Voyaient leur gonococcie remonter à une époque variant de 2 mois à » ans ; on comptait parmi eux : 5 prostatites, 5 cystites, 8 orchiepididymites, 1 rétrécissement.

21 en étaient à leur troisième atteinte : 5 à la quatrième: 2? à la cinquième ; 1 à la sixième. Ces derniers présentaient presque tous une complication.

Tous ont élé menés à bonne fin par le traitement acridinique à la faveur de :

Moins de » injections dans 22 cas.

de 5 à 10 injections dans 43 cas.

de 10 à 20 injections dans 66 cas.

de 20 à 25 injections dans 23 cas.

de 25 à 40 injections dans 8 cas.

Un malade, le « doyen » des injectés de M. Jausion, a reçu 54 injections dans la veine, et a fini par ouérir d'une métatarsaloie rebelle à tout autre traitement.

12 se sont lassés, et constituent le lot d'échecs. Chez la plupart d'entre eux, cependant, une amélioration s’étail déjè dessinée.

Des 37 malades, encore en lrailement lors de la publication de M. Jausion, 18 étaient en imminence de guérison avec un nombre d'injections variant de 6 à 15. Les 19 autres voyaient leur infection résister davantage. Mais un mieux élail cependant déjà acquis, qui, selon toute vraisemblance les ménera à la guérison.

Quelle évolution le traitement par la gonacrine imprime-t-il à la blennorragie? S'il est institué dés le début del’infection, le gonocoque disparait le plus souvent en 24 ou 48 heures, lPabortion est chose faite de la première à la cinquième ou sixième injection. Mais dans la blennorrhée c'est 15 à 20 injections qu'il faut compter pour assécher le canal ei supprimer définiti-

sn DNS

vement le microbe. D'ailleurs des surprises sont possibles : il n’est pas rare de constater une exagération de l'écoulement au début de la série, avant sa régression progressive ; ou la réapparition sous le microscope des microbes une premiére fois disparus.

De plus, M. Jausion signale — et c'estun point d’importance — qu'il n’a jamais vu de complication s’installer pendant le traitement, sauf cependant l'iris, à cinq ou six reprises ; et que toutes celles installées déjà chez ses malades, y compris liritis (1) étlèrent sous son influence : les prostatites en 15 mjections l'orchi épididymite en 6 à 10, la cystte en 5 ; des arthrites, talaloies, métatarsalgie sont redevables à lPacridine de brillantes guérisons. I ajoute enfin que, si certaines cures sont laborieuses « on ne voit jamais de retour en arriére, ni de faux pas thérapeutique » et « qu'il est de régle absolue que la seule chimiothérapie Imtravemeuse aussi longtemps poursuivie que se doit, mène toujours à la guérison. »

I nous à été permis de suivre la consultation de M. le D' Tissot, à l'hopital Saint-Louis, et ses propres essais dans cette voie. Les résultats obtenus ne permettent pas de partager l’optimisme de M. Jausion, quant à la généralisation de Ia méthode, et son extension systématique à toutes les gonococcies simples, sans exception. Il nous à paru que les urethrites banales à gonocoques réagissaent, dans l'immense majorité des cas, aussi bien aux movens usnels de traitement qu'aux injections intraveineuses de gonacrme et que leur guérison était aussi rapide, simon plus, avec le permanganale par me D'ailleurs la statistique de M. Jausion montre elle-même qu'il ne faut pas moins de 15 à 20 injections en moyenne dans une blennorrhée un peu ancienne, et 25, 30 à 40 dans en-

(1) Ces iritis furent simultanément traités par un collyre à l'atropine.

viron 15 O0 des cas ; le « Doyen » “du Val- de-Gräce n'a-t-il pas reçu jusqu à 54 injections dans la veine ? Or les recherches faites à Saint-Louis n'ont certes

pas été poursuivi es aussi avant, et n’ont pas portésur un nombre aussi considérable de malades.

Par contre M. Tissot souscrit pleinement aux conelusions de son collègue du Val-de-Grâce, en ce qui concerne les heureux effets à attendre de Ja von crine Imterveineuse dans les urethriles rebelles. oucompliquées de cystile netlement caractérisée, Certains malades voient leur gonococcie résister aux lraitements les mieux conduits et les plus précoces, se prolonger imdéfiniment avec des alternatives de mieux et dageravation, ou reprendre vigueur après un temps de guérison apparente, maloeré la persistance dun traitement de consolidation. D'autres, ayant cessé leur traitement, récidivent brusquement, ct les lavages et les vaccins sont impuissants. D’autres enfin, non seulement ne manifestent pas l'amélioration qui serait normale, mais se compliquent même «soit de cystite, soit de prostatite, soit d'épididymite. Dans la plupart de ces cas, la gonacrine fait merveille. Nous devons à l’obligeance de M. Tissot, et de son externe M. Thevenard, de pouvoir apporter à l'appui de cette assertion, une série d'observations inédites recueillies à sa consultation :

Observa'ion I. — Blennorragie banale, traitée au MNO4K amené à la concentration de M}2500. Malgré la prolongation de ces lavages que le malade fait lui-même à domicile, pendant 18 jours, les deux verres restent troubles ; puis des symptômes de cystite apparaissent : nêcessité d' uriner toutes les heures, brülures en fin de miction, On cesse les lavages, et on injecte dans la veine 5 ce, de gonacrine à 1150.

Le malade revu deux jours plus tard n'urine plus que trois fois par 24 heures ; les brülures en fin de miction ont diminué ; les urines $ ‘éclaircissent netiement. On refait o cc. de gonacrine,

Le surlendemain les signe fonclionneis de cystile ont disparu et le 2° verre est clair. La gonacrine est cessée ; on reprend les lavages qui se poursuivent sans incitent.

Observation I \lalade amené par une rechute d'une blennorragie mai soignéeetguér'e seulementenapparence. Mis en traitement au MNOIK, les deux verres restent troubles. Le malade n'accuse spontanément aucun signe fonctionnel, mais son deuxième verre apparaissant de plus en plus trouble, on l'interroge, et l'on apprend qu'il urine fréquemment, devant se relever jusqu'à 5 et 6 fois la nuit, et qu'il commence à ressentir une légère douleur après la miction. Ou limite les lavages à l'urethre antérieur, et on injecte 5 cc. de gonacrine : après cetle seule injection, la pollakiurie et la douleur cessent ; le 2° verre reste pourtant légèrement trouble.

On repreud les grands lavages à M13500 et on continue ceux de l'urethre antérieur à M12500 tout en cessant la wonacrine. Les signes fonctionnels de cystite réapparaissent.

On reprend alors la gonacrine : 5 ce. 4 jours plus tard, les signes fonctionnels disparaissent, les urines s’éclaircissent, On refait 5 cc. de gona. Mais le malade part en province et est perdu de vue.

Observation LIT. — Blennorragie déjà ancienne compliquée d’épididymite; le traitement banal est institué ; les deux verres qui étaient clairs. deviennent brusquement troubles et le demeurent, malgré le traitement : M15000. 2 fois par jour. Signes de cystite : le malade urine toutes les 12heure, douleur et légère hématurie en fin de miction:

On continue les lavages de l’urethe antérieu à M12500 et on fait5 cc. de gonacrine. Tous les signes s’amendent. On reprend les grands lavages, et 4 jours plus tard les deux verres sont presque clairs,

Observation IV. — Blennorragie banale, Parvenu à la concentration M/2500, les deux verres sont clairs ; brusquement ils deviennent troubles. On porte la concentralion à M/4000, et on renouvelle le lavage deux fois par jour. Cinq jours plus lard, aucune amélioration, et des signes de cyslite apparaissent: le malade urine tous les quart d'heure.

Une première injection de gonacrine est faite : 5 ces. Le surlendemain le malade n'urine plus que cinq fois par jour: les verres sont encore louches. On refaits ec de gona,

Trois jours après, Pamélioration de la pollakiurie persiste et les verres sont plus clairs. On refait 5 cc de gona.

Trois jours après, le 2° verre est tout à fait clair, plus de cystite. On reprend les lavages sans inconvénient.

Oservation V. — Blennorragie banale. Après dix jours de lavages à M7500, les verres restent troubles et des signes de cystile s'installent : nécessité d'uriner toutes les heures, parfois hématurie terminale légère.

On injecte 5 ces de gona, en même temps qu'on fait un lavage de lurethre antérieur à M7500. Deux jours plus tard les urines sont moins fréquentes et cessent d'être sanglantes ; les deux verres restent louches, mais le second l’est moins.

On refait 5 cc de gona et M/5000 dans l’U. A. Deux jours plus tard, le malade n'urine plus que 3 à 4 fois par jour.

On refait 5 cc de gona et M/2500 dans l'U. A. Deux jours plus tard, la eystite est guérie. On continue les lavages, el la guérison est définitive et totale au bout de 15 jours.

Observation VI — Blennorragie banale. Après huit jours de traitement à M 7500 les deux verres restent troubles. Contre les phénomènes decystite, on donne de l'uroformine ; une amélioration fonctionnelle s’en suit, mais les deux verres restent louches.

5 ec de gona, 2 jours plus tard, le 2° verre est clair.

5 cc de gona. Le 2° verre devient absolument limpide.

On refait deux nouvelles injections de gonacrine, et on reprend les grands lavages : les deux verres sont clairs.

Observation VII. — Le malade arrive avec une blennorragie compliquée de cystite : il urine toutes les heures, doit se relever la nuit et souffre à la fin de sa miction. De plus le 2° verre est franchement sanglant.

Pendant qu'on continue les lavages de l'U. A. à M/7500, on injecte » ce de gonacrine, Le surlendemain, l'hématurie a cessé (le matin même de la visite) Le malade ne s’est plus relevé la nuit, et ne souffre plus.

On refait 5 ces de gona ; le surlendemain, les signes fonctionnels ont disparu complétement : le 2° verre est clair. On cesse la gonacrine el on reprend les grands lavages à M,2500.

Obervation VIII. — Mème cas: blennorragié, avec cystite. On fait d'emblée 5 ces de gonacrine. Deux jours plus tard amélioration nette. On poursuit seulement les

LA

lavages à M,7500 ; après 4 jours, les deux verres sont encore louches.

On refait 5 cc de gona. Le surlendemain, le 2° verre est clair. La cystilte guérie, on poursuit les Jlavages normalement.

L'effet rapide et constant de la gonacrine dans tous ces cas de cystite, ne semble pas douteux. Les SyMptômes de evstite retrocé dent trés vite, puisqu'il suffit parfois d’une seule injection pour les faire disparaitre définitivement. Nous avons noté dans l'observation IT que les signes vésicaux qui avaientrétrocédé après une injection de gonacrime, réapparurent, celle-ci n’avant pas été renouvelée, pour disparaitre définitivement quand Ia gonacrine fut reprise. Nous avons fait remarquer également que les lavages de l’urethe antérieur étaient poursuivis pendant la durée du traitement acridinique, et les grands lavages repris dés son interruption. Sa continuation, à l'exclusion de tout lavage urethral ou vesical, selon la méthode du Val de Grâce, aurait sans doute pu aboutir à la guérison, mais ce procédé n’a pas été utilisé dans les cas que nous venons de relater.

Voici d'autre part trois observations de blennorrhée rebelle ou récidivante, jugulée seulement par la gonacrine.

Obserralion IX. — Un malade se présente le 9 décembre 1935, au 2: jour d'une blennorragie à peine installée. Les deux verres sont clairs, mais le premier montre quelques fllaments légers. A lexamen bactériologique, on constate de nombreux polynucléaires, et des gonocoques intra et extra-cellulaires. Le traitement abortif à l'areyrol est institué, mais, maloré lui, l'écoulement se constitue, et le premier verre devient neltlement louche.

Le 12 décembre, on commence le lrailement par lavages au permanganate à M}10.000 renouvelës deux fois par jour. On note au microscope des cellules épitheliales, des polynucléaires et quelques rares gonocoques. Le 17, plus de gonocoques. Le 18, les deux verres sont troubles, le gonocoque reparait, On porte la concentra-

lion à M17500. Le 25 M15000, deux fois par jour, les deux verres restent troubles. Etat stationnaire jusqu'à la fin de décembre.

Au début de Janvier 1926, on est arrivé à My2500 ; le méat est humide, mais les deux verres sont clairs : des filaments persistent dans le premier. Le 7, l'amélioration semblant se consolider, on reste un jour sans lavage : les deux verres redeviennent louches ; à l'examen bactériologique, on retrouve des polynucléaires et des gonocoques en grand nombre.

Le 18. Situation inchangée, c'est alors que, tout en pour-suivant les Jlavages à M12500, on injecte 10 ces de gonacrine. Dès le 20, le méat est sec; iles urines s'éclaircissent. On refait 10 ce. du gona. Le 22 : 10 cc. encore. Le 25, le 30 : 5 ces de gonacrine. L'amélioration est progressive. Les deux verres sont clairs, à peine peut-on retrouver quelques filaments punctiformes dansle premier verre. Le méat est sec. On cesse tout traitement. Le 13 février, le malade est revu avec deux verres limpides ; l'épreuve de la bière a été faite, guérison définitive.

Observation X. — Malade sorti un mois auparavant de l'infirmerie militaire. Consulte le 5 novembre 1925, parce qu'il a recommencé à couler, depuis déjà 3 semaines. Son premier verre est clair. Le deuxième louche. A l'E. B., on note la présence de polynucléaires, de cellules épithéliales, et de gonocoques intra et extra cellulaires. Soumis au traitement par le MNO'K à M 7500, deux fois par jour. Le lendemain 6, M15000. Le 8, M. 2500. Les deux verres sont clairs. Le 13, le 15, idem. Le 18, l'écoulement réapparait : le premier verre est louche ; E. B. positif. Le 22 plus rien. Le 28, écoulement muqueux, avec cellules épithéliales-polynucléaires, mais sans gono. Le 1% décembre : écoulement purulent ; premier verre trouble, prostate douloureuse. On fait le massage de la prostate. Le 5, même siluation, mais les urines sont claires, même après le massage prostatique, qui est douloureux, avec seulement quelques filaments. La dilatation au Kollmann est pratiquée deux fois par semaine. Le 11, le méat est see, l'urine claire, l'amélioration s’accentue ;usqu'à la fin du mois de décembre, le 30, les deux verres sont limpides. Mais voici que le 4 janvier 1926, après absorption d'alcool, l'écoulement recommence. Le premier verre est trouble, le second clair, À l'E B.: nombreux polynucléaires et gonocoques intra.et extra-cellulaires. On reprend à M15000,

Le 7,idem. Le 9, les urines ne se clarifient guère, on ajoute au traitement l'injection intraveineuse de 5 ces de gonacrine. Trois jours après, le 12, les deux verres sont clairs. On refait 5 ces de gonacrine, qu'on reuouvelle le 15, le 17, le 20 et le 22 (en continuant à Mr2500). Dès le 15, on ne trouve plus de gonocoques, nide poly. nucléaires. Le 17, le méat est sec, les urines restent limpides.

Le premier février, après les épreuves du coït, de la bière et du nitrate, la guérison se maintient.

Observation XI. — Malade se présentant le 20 nov. 1925 avec écoulement datant de l'avant-veille (la contamination remontant à 16 jours). À l'E B. nombreux poly-gonocoques intra et extra-cellulaires. Le 1% verre est trouble, le 2° clair. Traitement à M/7500. Le 25, M/5009, le 1 décembre M2509. Mêmes alternatives que dans les deux cas précédents pendant tout le mois de décembre.

Le 13 janvier, devant l'impossibilité d'obtenir une décision, on essaie la wonacrine, 5 ces. Le 10, les deux verres restent troubles. On refait 5 ces le 16, le 18, le 20, le 22. Seul le 2° zerre s'éclaircit, el encore incomplètement. On fait alors, le 25, 10 ces de gonacrine au lieu de 5 ecs. Trois jours après enfin le 1‘ verre se clarifie aussi. On refait 5 ou 10 ces le 28, le 30 et le 1° février. Le 3 février les deux verres sont définitivement clairs, le méat sec. La guérison s'étant montrée ici particulièrement diflicile à obtenir, on prolonge, dans un but de consolidation, les injections de gonacrine (3, 5, 8, 14 février). Le 22 l'épreuve de la bière est faite. Le 24, le méatl reste sec, les urines limpides. La guérison est définitive.

Ges trois observations nous paraissent démonstratives. Dans les deux premières l'effet n’est pas douteux après une seule mJection et cinq suffisent à vaincre la blennorrhée. Dans la troisième, l'infection est plus difficile à déloger puisqu'il faut répéter une dizaine de fois l'injection de gonacrine, mais le résultat n'en est pas moins positif, et apres trois semaines aucune récidive n'est signalée. Nous ajouterons que quelques cas semblables en cours de traitement semblent dès à présent devoir confirmer cette heureuse impression. Nous venons d'autre part d'entreprendre avec notre ami le D' Bouton la cure d’une blennorragie pareillement rebelle chez deux malades consultants

de la clinique du Landy à Saint-Ouën. Les résultats s’annoncent comme devant être favorables, mais ilest trop tot pour que nous puissions les faire entrer en ligne de compte.

Faut-il considérer la chimiothérapie intraveineuse comme appelée à constituer la base d'avenir du traitement de la gonococcie, de toutes les gonococcies, quelles qu’elles soient, comme y incite l’expérience satisfaisante de M. Jausion ? Faut-il la réserver, dans son état actuel, à certaines formes rebelles aux traitements communs, ou à certaines complications bien précisées par M. Tissot ? Une nouvélle expérience scule tranchera le différend. Nous ne nions pas les premiers résultats, et la méthode du Val-de-Gràce a pour elle des avantages certains : elle est plus propre et moins astreignante que celle des lavages chaque jour répétés ; elle ne laisse pas s'installer de complications, et l’on peut, par exemple, entreprendre un massage de la prostate sans avoir à craindre aucune conséquence redoutable de la mobilisation des microbes, puisque cette mobilisation se produit en milieu antiseptique. Enfin elle possède une action réelle sur l’état général.

Si nous formulons une réserve sur ce point — et nous reconnaissons qu'elle est faiblement étayce nous sommes par contre à peu près formel en affirmant que les blennorragies trainantes et récidivantes commandent le traitement acridinique intraveineux (à la moyenne de 5 à 10 ces à 1190) et n’y résistent le plus souvent pas, de même que les cystites, qui, sous son influence, sont vite maitrisées.

I se peut du reste que cette thérapeutique ne soit que le premier pas, une première étape dans la voie d’une chimiothérapie plus active, et la suggestion intéressante sur laquelle M. Jausion termine sa dernière publication, mérite qu’on s’y arrête. Cet auteur, en

eflet, dans le but de réduire la durée des cures, après qu'il eut constaté l’'inefficacité habituelle de l’association à sa méthode ‘de divers procédés bacteriothérapiques (filtrat-vaccimation locale, bactériothérapie non spécifique, anatoxi-vaccination) eut l’idée d'appliquer àla gonacrine, substance colorante, les notions élémentaires de teinture, celles du mordancçage. Il eut recours d'abord au tanin, mordant classique en teimture biologique et mdustrielle qu'il employa localement, en solution aqueuse à 11100, où en bougies urethrales, ou qu'il mjecta dans la veine en même temps que la gonacrine (5 ces ajoutés à la seringue). Dans les quatre cas ainsi traités, l’assèchement fut plus rapide, commençant dès le début de la deuxième semaine, mais des douleurs à la miction survinrent ainsi qu'un empâtement douloureux au point d'injection. Le bichromate de potasse est toxique. M. Jausion dit avoir obtenu du mordançage par l’alun de chrome (1120 d’alun e‘ de gona mélangés), le déclanchement en deux ou trois injections, de seize gucrisons qui tardaient à se dessiner. L'alun de chrome n’est pas toxique (1) mais constipant, ce qui interdit de l’employer plus de huit jours. M. Jausion impressionné par ces résultats, espère que l'extension de cette application du mordançage à la thérapeutique pourra constituer bientôt une ressource nouvelle. Nous lui objecterons cependant que le jaune d’acridine teignant directement, sans aucun mordançage, les tissus d'origine animale, le cuir particulièrement, l’adjonction d’un mordant ne semble pas devoir en augmenter l'action. En chimie mdustrielle le mordançage du jaune d'acridinme par le tanim ne se fait que pour le coton et l'association acridine-tanim est rigoureusement Imsoluble.

(1) Alors que le bichromale de potasse lue la souris blanche à la dose de 2 milligr., celle-ci supporte bien 9 milligr, d'alun de chrome,

D’autre part, les recherches ultérieures pourraient peut-être bénéficier dans une plus large mesure de l’'appoint que constitue l’action favorisante de l'alcaliunité du milieu prouvée « in vitro » par les expérienczs de Davis et Harrel. De fait, une décision plus rapide parait suivre l'injection intraveineuse de 5cc de sérum physiologique bicarbonaté à 301100, combinée au traitement acridinique, et les douleurs de prostatite s’atténueraient plus vite ? L’inconvénient réside dans limpossibilté de mélanger les deux substances, la gonacrine précipitant immédiatement.

Il va sans dire que de semblables tentatives ont été faites dans la gonococcie féminine.

Daniel Longpré a publié (Union Médicale du Canada) l'observation d’une femme de 25 ans, guérie d'une métrite chronique rebelle à tous traitements par deux injections intra-utérines de 500 ces. d'une solution à 1110.000.

On a conseillé outre les injections vaginales le bain vaginal de cinq minutes avec une solution de gonaerme à 111000, la bougie trypaflavmée à 2 Oo, le tampon imbibé d’une poudre trypaflavmée à 9 010. Des résultats positifs ont été obtenus.

Enfin, avant de quitter ce chapitre, signalons son application à la conjonctivite blennorragique, en instillations à 114000, précédées de lavages à loxycyanure de Hg. à 116000 ; les mêmes effets ont été obtenus qu'avec les préparations d'argent, sans Inconvénient pour la cornée. Le D' Sohn (de Francfort-sur- Mein) conseille chez les nouveaux-nés, au début, trois fois par jour, une instillation d’une solution à { 0[0, et plus tard des lavages au moyen d’une solution à 0,25 ou 0,50 On. Lemierre signale aussi le cas d’un rhumatisme blennorragique tenace avec kerato-conjonctivite, soigné par des injections de 20 cc. de trypañlavine à 11100 répétées tous les deux jours, dans lequel

la kerato-conjonctivite disparut après la première injection, bien que le traitement local n'ait été que banal (1).

> le chlorhydrate de d. m. acridinium

dans les infections graves

C'est le mémoire du Professeur Bohland, résumant ses expériences sur la trvpaflavine injectable dans les maladies infectieuses, qui a été le point de départ des nombreuses applications de cette méthode de thérapeutique interne. La littérature médicale allemande est riche, trop riche même en observations de cette pature ; un grand nombre d’entre elles ne sont pas très convaincantes, tant leurs résultats sont isolés et précaires ; mais ilest d'autre part un faisceau de faits précis qui méritent de retenir l'attention et dont nous donnerons un aperçu général.

Bohland, dans sa publication imitiale, rapporte les résultats favorables obtenus par lui dans la grippe et la pneumonie grippale, dans d’autres pneumonies, dans le rhumatisme articulare aigu, la pyelonéphrite et la cvstite. I emploie une solution à 11200 dont il injecte 10 à 40 ces ; aucun effet facheux ne s’en suit, l'injection est indolore, et la substance parfaitement éliminée. Dans un second article, peu après, 11 cite trois cas de septicemie puerpérale, un de pyelite, un

(1) Une thèse de Paris, actuellement en préparation, traitera très prochainement dela trypaflavine en ophtalmologie.

nouveau cas (le pneumonie, tous gucris par la seule trypaflavine.

G. Solwen publie sept cas d’affections septiques guéris par des injections intraveineuses de 20 ces. d'une solution à 0,501100 (1). Cette dose fut dépassée par le professeur Spiess, qui guérit une méningite consécutive à l'opération par voie endonasale d’une tumeur hypophysaire, au moyen d’injections de 30 ces de la même solution, qu’il répéta même deux fois par jour, et de tamponnages trypaflavinés de la plaie opératoire. D’autres guérisons de méningite furent signalées par Fleischmann à Francfort et par Adler.

Le Professeur Munk, de Berlin écrit que dans les formes récentes de l’arthrite infectieuse, la médication acridinique, est, de toute évidence, supérieure à toutes les autres. Mais il convient de préciser que la substance utilisée ici, est, non pas la trypaflavine elle-même, mais l’argoflavine, une combinaison arsentique. Le professeur Munk conseille ce produit dans les rhumatismes aigüs et chroniques, ainsi que dans l’arthrite gonorrheique. La solution est encore à 0,50r100 et la dose de 10 à 20 ces. Un peu plus tard, le docteur Meyer souscrit à ces conclusions ; pour lui, toutes les formes de l’arthrite sont justiciables de l'argoflavine ou de la trypaflavine, suivant la même posologie.

Un autre cas tout différent mais intéressant, est sionalé par Urbantschitsch : c’est celui d’une lhrombose septique du smus compliquée d’abcès du poumon. La trypaflavine poussée dans la veine fit rapidement rétrocéder les symptômes alarmants.

ENCÉPHALITE LÉTHARGIQUE. — En 1923, le docteur Büss, médecin de Saint-Joseph à Brême publie un

(1) Nous n'avons pu trouver le texte de cet article et ne pouvons préciser de quelles affections septiques il s’agit.

long mémoire sur le traitement de l’encéphalite léthargique par la trypaflavine intraveineuse. Sa statistique porte sur douze malades. La premiére, une jeune fille, présente un tableau évident d'encéphalite léthargique : maux de tète très violents, raideur de la nuque, troubles des muscles oculaires, somnolence. On commence le deuxième jour, une série d'injections de » ces à 0,501100, qu'on prolonge pendant dix jours consécutifs. Dès le eptième jour, la malade reprend connaissance, et conscience de sa personnalité et du lieu où elle se trouve ; ses maux de tête s’améliorent déjà, tous les signes s’amendent. Elle quitte l'hôpital complétement guérie au bout de sept semaines.

Dix autres cas, pareillement traités, furent pareillement guéris, avec une moyenne de traitement de huit à dix jours. Quelques doses furent portées à 10 ces. L'évolution dans fous ces cas, se faisait progressivement vers la guérison, avec une grande régularité : les maux de tête, les premiers, diminuaient dintensité, déjà après la troisième injection ; puis l'amélioration portait sur la raideur de la nuque, et la Somnolence ; les signes oculaires se maintenaient plus longtemps. Un effet semble constant, et nous le retrouverons bientôt ailleurs, c’est la chute inmédiate et brutale de la température. Chez ceux de ces malades qui étaient febricitants, la courbe qui atteignait 389 à 395, tombait aussitôt après la piqure à 37%, 36. Elle remontait, il est vrai, assez rapidement, inais la fréquence quotidienne des mjections ne Jui laissait pas le temps de reprendre son palier précédent. Le douzième malade mourut, mais le diagnostic d’encéphalite léthargique n'était pas très ferme.

L'auteur insiste sur la gravité, la très grande gravité de Finfection dans toutes les observations quil relate, et sur l'absence de toute réaction, même bénigene. I ne peut voir dans ces cures l'effet du hasard, puisque toutes les encéphalites légitimes traitées par

lui ont guéri, sans laisser de sequelles. De plus, il rapporte l’opmion du D'Peltzer qui « l’autorise à déclarer en son nom qu’il considère personnellement la trypaflavine comme la plus efficace des médications à employer dans l’encéphalite léthargique ».

Le D'Büss ne prétend pas guérir ainsi le parkinsonnisme post encephalitique, mais il applique cetraitement aux poussées aigues, fébriles ou apyretiques, des encephalites récidivantes, et même « aux cas légers de convulsions myocloniques et d’hyperesthésie Es le domaine des nerfs cutanés, surtout des jam=

es »,

Peu après, le D'Lent rapportait un cas d'encephalhte guéri par la même méthode. I s'agissait d'une malade chez qui le diagnostic ne fut porté qu’aprèsquinze jours d'observation par plusieurs médecins réunis qui furent unanimes à considérer la situation comme « désespérée ». Une première mjection mtravemeuse de 15 ecs dune solution à 0,50 1100 fut pratiquée. Dés le lendemain matin, l'amélioration était sensible : la fièvre qui évoluait entre 40° 1 et 40° 5, tomba à 39° ; l’entendement redevint plus libre. Le soir, nouvelle mjection répétée une troisième fois le lendemain. Deux jours après la dernière piqûre, la fiévre avait usparu, ainsi que la plupart des autres signes : seule, persistait une légère agitation. La malade fut renvoyée convalescente. Plus tard il se fit une desquamation de la peau, suivie de la chute des cheveux. Mais pas de parkinson immédiat, ni d’autres séquelles.

Nousn'avons pas trouvé dans la littérature médicale française, de semblables essais.

ENDocARDITES. — Mark et Obesker ont publié un travail recueilli à Vienne, traitant de l'efficacité de la trypaflavine à fortes doses dans les endocardites. La dose qu'ils jugent la plus efficace est de 1 centigram-

me par kilog dissous dans 20 cc d'eau distillée, c’està-dire de 0 gr. 60 à 0 gr. 80 pour un adulte. Ces fortes doses sont très bien: tolérées, etles auteurs rapportent qu'un de leurs malades reçut par erreur, au lieu de 0 gr. 20 de trypaflavine, « la même quantité dix fois » sans autre mcident qu’une faiblesse passagère et l’apparition d'un pseudo-ictère acridmique généralisé. Nous ne rapporterons que la conclusion de ces trois observations ainsi conçue : « La trypaflavine peut être employée à plus fortes doses que celles auxquelles elle l’a étéjusqu’ici, sans mconvénient, et les résultats sont probants ». Nous n'avons pas lu dans cet article que l’hémoculture ait été pratiquée, ou se soit montrée positive.

La question a été reprise et discutée à la Société médicale des hôpitaux (27 mars 1925) par M. le docteur Laubrv et dans un récent article de M. le docteur Lemierre. Ges auteurs se servaient d'une solution de trypaflavine à 11100, dont ils imjectaient suivant les cas de 20 à 50 ces, tous les deux ou trois jours.

Dans eimq cas d’endocardite maligne à évolution lente, confirmés par plusieurs hémocultures positives au streptocoque, malgré les injections de 25 à 90 ce, obstinément répétées, aucun résultat ne fut atteint : les cinq malades moururent.

Dans un cas semblable de Laubry (même tableau clinique, hémoculture positive au streptocoque) aucun effet.

Par contre, M. Laubrvy à vu laguérisonsurvenir àla suite de 2 injections de trypaflavine, chez une femme qui, au cours d’une septicémie puerpérale, avait été considérée comme atteinte d’une endocardite. Le souffle systolique sur lequel on s'était basé pour établir ce diagnostic, était à la vérité incertain. Il n’en reste pas moins que la fièvre puerpérale guérit, qu'il y ait eu, où non, complication du côté de l'endocarde.

Deux autres cas, observés respectivement avec MM. Routier et Abrahmi, se rapprochent du précédent. Il s'agissait de fièvre prolongée survenue chez des cardiaques valvulaires, avec état général inquiétant. Quelques injections de 20 à 40 ces de trypaflavine firent tomber la fièvre. Maisles hémocultures étaient négatives.

D’autres malades semblables, mais à hémoculture positive, n'ont pas été influencés par des traitements intenses et prolongés.

Un malade, dont l’histoire est rapportée par M. Brühl, présentait une streptococcémie d’origine génitale, compliquée d'une arthrite séropurulente du genou droit, avec hemoculture positive. Un mois et demi après le début de l'infection, devant l’inefficacité des traitements entrepris, on pratique à trois jours d'intervalle cinq mjections de 50 ces de trypaflavine à 11100. Après chacune d’elles, la température tombe, mais aueun résultat probant n’est obtenu. On imcise ensuite l’arthritedu genou, et la guérison s’en suit. Un léger souffle systolique de la région tricuspidienne avait fait penser à la possibilité d'une endocardite, mais après la guérison, rien ne persiste ; la réalité de l’endocardite semble done bien douteuse. La trypañflavine a-t-elle eu, ici, quelque action heureuse? N'est-ce pas plutôt l’incision qui à déclanché le processus de guérison ?

Dans deux autres cas de streptococcémies, ne s’accompagnant pas d'endocardite, mais à hémoculture positive, la trypaflavine n’empêcha pas l'issue fatale, que rien n'aurait pu retarder. Mais chez l’une de ces patientes, une troisième hémoculture pratiquée après une injection, fut négative, les deux premières et la quatrième ayant au contraire décelé la présence du microbe.

ni

STAPHYLOCOCCÉMIES. — Voici maintenant deux observations d'infection à staphylocoques. La première est celle d'un jeune homme de 22 ans qui fit, à la suite dune petite poussée de furonculose, une septicemie au cours de laquelle plusieurs hémocultures furent positives, avec subictère, splenomégalie,etassez rapidement une localisation au fémur gauche. Malgré l'ouverture de ce foyer, la septicémie persista et des manifestations pulmonaires graves survinrent. Alors fut institué un traitement à la trypaflavine ; mais 9 injections intraveineuses n'ayant provoqué aucune amélioration apparente, il ne fut pas poussé plus avant. La guérison survint un peu plus tard, et la trypaflavine nesembleréellement y avoirétépour rien.

Par contre, la deuxième observation est mmpressionnante. Il s’agit d’une femme de 51 ans qui, en 1923, traine tout au long de l'été une furonculose rebelle étendue. En octobre. s'installe un état fébrile qu persiste et S'accentue à l'apparition de chaquenouveau furoncle : 38° d’abord, puis 38°5 à 39° le soir. avec rémission habituelle à 37°5 le matin, frissons. sueurs, La malade maigrit, son teint devient terreux. Fin octobre, un foyer sous-cutané se constitue sur le dos du pied et l’auscultation révèle à la base du cœur un léger souffle systolique. Au début de novembre apparaît une congestion pulmonaire double, avec forte dyspnée qui dure dix jours. L’amaigrissement s’ac centue et l’état général devient inquiétant. Les deux hémocultures pratiquées sont toutes deux négatives, mais 1} semble difficile de ne pas devoir mermminer ici le Staphylocoque. On compte en même temps 28,000 globules blanes et 3.000.000 globules rouges. Un traitement par les vaccins échoue ; les métaux colloïdaux sont aussi sans effet. Au bout d’un mois on a recours à Ja trypaflavine : on imjecte, le 11 décembre, 0,50 de substance active dans la veine, et le surlendemain la température descend le soir à 38°, ce qui ne s'était pas

Es 45 à

vu depuis plus de trois mois. Le 14, nouvelle injection de 0,50 : le lendemain la courbe passe de 38 à 37°4 ou 6 le soir, pour ne pas dépasser 37° le matin et se maintient telle les jours suivants. Le 17, troisième injection de trypaflavine (25 ces seulement). L'état général s’améliorant, on suspend le traitement intra-veineux, qu'on reprend le 25 décembre devant une légère poussée thermique, laquelle ne dure pas. La convalescence fut rapide, aucun signe cardiaque ne persista, et la suérison fut complète. Le médicament fut admirablement toléré, sous réscrve de quelques nausées, incommodant la malade dans les deux heures qui suivaient l'injection.

On sait que les septicemies à staphylocoques sont toujours graves, évoluant par poussées successives, et nous persistons à étiqueter ces cas septicemie staphylococcique, malgré la réponse négative de la culture du sang. Or il n'est pas douteux que la transformation rapide enregis{rée, à suivi rigoureusement la marche du traitement acridinique, et il semble difficile de ne pas Ja lui attribuer.

TYPHOÏDE ET PÉRITONITE. — Nous retrouverons dans les observations suivantes, à côté d'échecs certains quelques faits trop nets pour n'être pas troublants. Nous avons, à propos de l'élimination du jaune d'acridine, fait allusion à une malade chez qui c'était précisément cette élimination défectueuse qui avait fait porter un diagnostic d'azotémie latente. Cette azotémie compliquait, chez elle, une fièvre typhoïde à forme ataxo-adynamique, très grave. La malade guérit, mais M. Lemierre n'ayant pratiqué que deux ImjJections de 50 ce, n'ose leur attribuer le mérite de cette cure.

Appelé au chevet d'un jeune homme, atteint de fièvre typhoïde, extrêmement grave, lors de son troisième septenaire, M. Lemierre le trouva si bas qu’il n’osa faire de thérapeutique trop active, de peur de précipiter l'issue fatale. I mjecta 25 ces de trypaflavine

sachant qu'elle ne produit ni choc ni réaction vive. Dès le lendemain, le malade était considérablement amélioré, la température tombait brusquement, une crise de diurèse se déclanchait, et l'intelligence revenait peu à peu. On refit 25 ces et trois jours après la convalescence était amorcée, elle se poursuivit sans incident ni rechute.

Pareillement, il signale une guérison mespérée chez une jeune fille de 16 ans, terrassée par une perforation appendiculaire. L'opération pratiquée seulement le sixième jour, avait montré une cavité péritoneale remplie de pus fétide et pendant quatre jours encore lPétat s'était ageravé ; stupeur, délire, langue sèche, vomissements, température à 38° 5 avec pouls dépassant 120, inconscience absolue, tout interdisait le moindre espoir de survie. Devant les instances des parents, une injection de 50 ces de trypaflavine fut pratiquée, et voici qu’en quelques heures s’opéra une véritable résurrection ; la conscience reparut, les vomissements cessérent, la température tomba au-dessous de 38°, L'injection fut répétée deux jours plus tard, mais la partie était gagnée. La malade guérit.

Nous sommes done en présence, d’une part, d'imsuecès complets, d'autre part de cures quasi miraculeuses. Pouvons-nous concilier ces contraires et baser sur ces éléments divergents, une opinion dès aujourd’hui solide ? Ce serait peut être prématuré. L'impression qui s'en dégage est qu'il v a peu de chose à attendre de la trypaflavine dans les endocardites malignes à évolution rapide ou lente d'origine streptococcique, dont le pronostic reste fatal, — presque toujours. Les cas de septicemies à streptocoques qui ont réagi favorablement au traitement avaient tous leurs hémocultures négatives. Les résultats opposés, dans les deux cas de septicémies staphylococciques, n’autorisent aucune déduction. Quant aux deux cures merveilleuses que nous avons citées,

M. Lemierre n'ose en tirer une directive trop ferme, parce qu’il existe des cas de guérison spontanée,

survenant tout d'un coup, apres qu'on a jugé la situation comme désespérée, aussi bien dans les fièvres typhoïdes très graves que dans certaines péritonites, d'origine appendiculaire. Nous estimons le premier.

que l'élémentaire sagesse clinique doitsavoir refrener

parfois les enthousiasmes { trop faciles. Nous ne pouvons cependant ne pas nous laisser aller à voir, dans ces transformations véritablement étonnantes, autre chose qu'une coïncidence heureuse. Quoiqu'il en soit, Si la trypaflavime n'a pas contribué à la guérison de de ces malades, du moins n'a-t-elle pas empêché le mieux soi-disant spontané de se produire. Et puisque d'une part elle prouve là encore son innocuité totale, et que d'autre part, nous n'avons (ans ces cas si sombres, aucune médication plus active à laquelle recourir, nous conseillerons vivement sonutilisationet d’en multiplier même les mdications.

SEPTICÉMIES PUERPÉRALES, — C’est volontairenent, pour les grouper (et un peu arbitrairement sans doute) que nous avons laissé de côté jusqu'ici tous les cas de septicémie puerpérale ainsi traités et portés à nctre connaissance, Nous avons déjà sigalé cependant uae observation de M. Laubry, où deux injections de tr rpaflavine guérirent une endocardite douteuse et ur 2 septicémie d’origine gémtale qui, elle, était certaine et les cas de Bohland. Le Dr Willisch, de Bonn, rapporte une série dune vingtaine de cas d'infection puerpérale qu'il a traités avec succès. Cinq d'entre elles, qui avaient éclaté après un avortement criminel, furent très graves, mais cédèrent néanmoins à 40 ces en moyenne d'une solution à 0,50f100. Crohn n'emploie, dans une infection postabortive similaire, que 20 ces de la même solution.

Cramer, de Bonn, fournit les résultats suivants :

TS ‘me

sur onze femmes auxquelles il appliqua la trypatlavine Pune mourut. Les dix autres se tirèrent d’une situation menaçante, en particulier l'une d'elles qui présenta une infection très redoutable, imputable à un avortement spontané, mais très prolongé. L'auteur se servait de la même solution à 0,501100 dont il injectait 80, 120 et jusque 160 ces., soit une quantité de substance active de 0,40 à 0.80.

Mèêmes conclusions de Mahlo qui signale que devant le succès de la méthode, il procède systématiquement à l'injection de trypatlavine dans tous les cas d’avortement où l'odeur est suspecte, dès après l'expulsion, et qu'il n’a plus eu depuis l'adoption de ce principe de complications septiques.

Mêmes conclusions encore de Schneider ; de Gerwin qui ajoute aux injections Intraveineuses, des irrigations de la matrice avec une solution de 171000. Neuschëfer mentionne un cas guéri par une semblable irrigation, à l’exelusion de toute injection par voie sanguine.

Chez presque toutes ces femmes, l'amélioration débutait aussi par une chute brusque de la température, et une diminution des frissons.

Enfin, presque tous ces auteurs ont constaté, Willisch surtout, la réelle valeur prophylactique denotre antiseptique.

Dans ce domaine encore, la trypailavine n’a pas pénétré dans notre arsenal thérapeutique. Nous ne l'avons retrouvée que dans le «service obstétrical de l'hopital Beaujon, où elle fait l'objet de recherches assez suivies, actuellement en cours. Nous ne pouvons malheureusement pas publier à cette place, la série d'observations déjà recueillies, qui doivent faire partie d'un travail ultérieur. Nousle regrettons, parce qu’elles nous auraient permis d'étayer fermement l'espoir réel qu'on est en droit de fonder sur cette méthode

thérapeutique. Nous avons été autorisé à faire menion de quelques guérisons complètes de septicemie puerpérale streptococcique avec hemoculture positive, toutes si graves qu'aucun autre agent thérapeutique n'aurait probablement agi. Les doses employées étaient habituellement de 40 ces d'une solution à 11100. (Aucune réaction).

Nous estimons que la trypaflavine peut améliorer ce pronostic toujours si redoutable. L'avenir seul précisera le taux du pourcentage. :

3°.- Le Chlorhydrate de d. m. acridinium

dans la Colite ulcéreuse

La question du traitement des recto-colites ulcéreuses à fait l'objet, en 1923, en Amérique et en Angleterre, de diseussions intéressantes, mais une seule déduction pratique a pu en être tirée : elle concerne justement l'emploi de lacriflavine dans ces affections rebelles, préconisé par Crohn et Rosemberg. Nombreux pourtant sont les domaines de la thérapeutique médicale où chirurgicale, qui ont été explorés dans ce sens. La vaccinothérapie à base de microbes isolés dans les sécrétions, a montré une efficacité certaine, mais mconstante et passagére. Hurst a préparé un sérum antidysentérique polyvalent qui a donné des succès nombreux, même dans des cas où rien n’autorisait à incriminer le rôle des bacilles dysentériques; de même, l’'émetine a pu réussir chez des malades indemnes de toute amibiase,

Mais les améliorations obtenues ainsi, sont rares et éphémères. Les récidives sont la régle; les ulcérations ne sont pas influencées, si les symptômes fonctionnels rétrocédent. Les médications par voie buccale, elles aussi, ont échoué.

Crobhn et Rosemberg ne furent pas les seuls à com prendre que « ce qui domine la thérapeutique de la colite uleéreuse, c'est 16 traitement local ». Malheureusement on se heurte 1ei à une difficulté, mhérente au problème de lantisepsie intestinale. Dés qu'un agent antiseptique est employé en solutions assez concentrées pour être suffisamment bactéricide, il détermine une réaction lccale d'autant plus vive que la muqueuse est déjà allérce par le microbe ; de deux choses lune, on bien la solution est faible et alors inutile, où bien elle possède des propriétés désinfectantes réelles et irrite la muqueuse intestinale.

Crohn et Rosembere ont essayé, pour sortir de ce dlcmne, de très nombreuses substances médicamenteuses et de très nombreux colorants comme agents de désinfection on de cicatrisation, À incorporer aux liquides de lavage du 2%0x intestin. Cest l'acriflavine qu'ils ont retenue, après l'avoir emnlovée avee suecés dans des rectites blennorragiques, parce qu'elle ajoute à une efficacité plus erande, l'avantage de n'être ni toxique ni irritante. (Ne sont rangées dans le groupe des recto-coltes ulcéreuses chroniques, que les recto-colites graves, à agents non spécifiques et dont la nature ulecreuse à 6t6 vérifiée par Fendoscopie recto-siomoïdienne).

La technique adoptée par les auteurs américains est la suivante : Au début de l'affection, ou lors d'un paroxyshie au cours de son évolution chronique,c'esta-dire à toutes Jes périodes atenës, on utilise une solution de gonacrime à 114090 ; on donne deux fois par jour un lavement de 750 ces de cette solution que le malade garde de 10, 15 à 20 minutes. Quand la diar-

rhée et le tenesme s’atténuent, c'est-à-dire en moyenne apres & 8 à 12 jours — 15 au plus — on ne prescrit plus qu un seul lavement par jour, mais avec une solution à 115900 ou 113000. Quand les selles sont redevenues demi-solides, on remplace un lavage sur deux par un lavage au bicarbonate de soude à © 90100, utilisant Ati action adjuvante de l’alcalinité du milie u. Quarul la diarrhée a cessé, il faut faire un contrôle endoscopique, et si la muqueuse n’est pas encore redevenue saine, ou s’il reste quelque ulcération, il est indispensable de persévérer jusqu'à disparition du dernier symptôme objectif. Ce n’est qu'à ce prix qu’on peut parachever et consolider la guérison. Il faut compter trois ou quatre semaines pour y parvenir.

En 1921 et 1922, Crohn et Rosemberg ont, avec différents traitements non acridiniques, amélioré les deux tiers de leurs malades, mais n’en ont guéri aueun. En FREE avec la gonacrine seule, ils ont obtenu sur 14 cas, » amé liorations, 6 gucrisons qu'ils 0pposent à l en e de toute guérison par les autres méthodes appliquées en même {emps à d'autres cas sem blables et n’ont essuyé que trois échees. Leur movenne tient donc en ces deux chiffres : guérisons 42 010. améliorations 36 0[0, dans des formes qui toutes étaient particulérement graves, avec fièvre, diarrhée profuse, atteinte de l’état général, et dont certaines évoluaient depuis plusieurs années. Les ouérisons furent durables, aucune récidive n'avant marqué le cours d’une surveillance médicale prolongée. Chez tous ces malades l'effet le plus précoce de la gonacrine fut la chute rapide du nombre des selles, qui redevimrent vite plus compactes.

Un autre médecin Américain, Bassler, assure que la colite ulcéreuse chronique est due à lassociation au colibacille d'un anaérobie à Gram positif et que contre ce dernier, le violet de gentiane est plus actif que l’acriflavine. Il propose de combiner les deux subs-

tances, el reprenant la technique que nous venons d'exposer, de la compléter par l’adjonction de lavages au violet de gentiane à 114000 d’abord, puis sitôt l’amélioration déclanchée, aprés la premiére semaine, à 113000.

M. le D' Durand, dés qu'il eut connaissance de ces travaux. résolut de faire sienne la méthode de Crobn et de Rosembere. I publiait, il y a un peu plus d'un an, les premiers résultats de ses recherches, et ceux-ci furent assez décevants. Des quatre malades traités par lui à Pacriflavine le premier présentaitune rectocolite grave avec hémorragies, suppuration et diarrhée : les lavements à 114090 ne l'améliorérent pas le moins du monde et durent être abandonnés en raison de Ia persistance des hémorragies (1). Or, dansle même temps, un autre malade à peu près semblable au précédent, à été ouéri, et le demeurait quatre mois plus tard, par des lavements au nitrate d'argent à 0,2011000 et des pansements recto-coliques au mueilage et à l’arsenobenzol.

Les trois autres malades, qui, au lieu de diarrhée, présentsient une constipation opiniätre, étaient moins sérieux ? apréstrois semaines de traitement à la gonaerine à 1f4000 à raison d’un lavement par Jour la première semaine, un tous les deux jours les deux semaines suivantes, les hémorragies disparurent, ainsi que les exuléérations, mais la suppuration ne fut guère diminuée et la muqueuse resta congestionnée. Un semblable résultat fut obtenu dans les deux dernières observations de cette statistique, par des lavements antiseptiques suivis de pansements, sans qu'on eut recours à la vonacrine : les ulcérations et les pertes

(1) Ce malade vuérit, sous réserve de la persistance des ulaires, avec le lrailement suivant : belladone contre la doulenr, sälicaire contre la diarrhée, lavements à la ferripyrine à 811000, puis pansements aux poudres astringantes incorporées à un mucilage.

H (JT

de sang disparurent et la suppuration persista pareillement.

Le même jour. M. le D'Savignac rendait compte de ses propres recherches, que le hasard n'avait fait porter que sur des rectites essentiellement chroniques. Ses six malades ont tous témoigné d’une amélioration très nette des signes subjectifs beaucoup plusnetteque celle obtenue avec les autres traitements : diminution progressive des glaires, des hémorragies et du tenesme ; le rectoscope montrait Cgalement un progrès. considérable parfois, parfois minime (sauf en un cas). Dans une dernière observation l'effet fut si favorable qu'en trois mois, les troubles rectaux cessèrent, les secrétions tarirent, et la muqueuse recouvra un aspect normal, sauf dans la Zone sus-anale où persistait une légère ulcération. Il est vrai que M. Savi-gnac atteignait à desconcentrations supérieures : jusqu’à 112000, sans incident du reste.

Ces deux communications Jumelles tempéraientsingulérement l'enthousiasme des À méricaims. Néanmoins aucune d'elles n’était assise sur un nombre suffisant de cas cliniques pour constituer une conelusion qui ne füt pas provisoire. M. Savignac même écrivait que « l’acriflavine était encore le médicament qui donne les meilleurs résultats ».

Nous avons cru intéressant, au moment de rédiger ces lignes, d'aller demander aux deux auteurs fran- «ais, ce qu'une nouvelle année d’expérimentation leur avait réservé et s'ils avaient reformé, et dans quel sens, leur point de vue initial. Tous deux sont, à peu près demeurés sur leurs positions. M. Durand estime que Pacriflavine en lavements n'est qu'une médication de plus, capable de modifier puissamment la muqueuse, et commode parce qu’elle remplace avantageusement des pansements plus délicats à manier, mais qu elle est loin de constituer le remède héroïque annoncé par les Américains. Il a même vu récemment

une muqueuse dont l'irritation tardive semblait due à l'abus de l’acriflavine.

M. Savignac a essuyé, depuis un an, quelques échecs, mais il a observé d'autre part, quelques guérisons complètes et durables, et son impression est que ces cures n'auraient pas été obtenues sans la vonacrine, En conséquence, il continue à lutiiser dans les cas nouveaux (ils sont assez rares), jugeant, selon sa propre et récente expression que « «est encore ce que nous avons (le mieux ».

La question reste entière. Mais nous pensons, à travers ces opinions qui, en réalité, ne sont pas tellement éloignées l'une de l'autre, que la thérapeutique par les lavements à l’acriflavine, si elle n'est pas spécifique de la colite ulcéreuse, peut rendre, dans certaines de ces affections si rebelles et si décourageantes, les plus grands services,

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