‹ Contribution à l'étude du choc obstétrical: Ce qu'il convient d'envisager sous ce termeChapitre 13 sur 25 · ERIC! VS · texte numérisé non relu

ERIC! VS

dure et exercée, traité de la même façon, reste indifférent à ce traitement. Mais il en est de même du lapin domestique, placé dans les mêmes conditions que ci-dessus, si l’on a soin de lui placer une ceinture très serrée autour de l’abdomen. Nous basant sur ces expériences — et nous y reviendrons en parlant du traitement — nous insistons pour qu'une ceinture abdominale serrée soit placée aussitôt que possible après l’accouchement chez les femmes à ventre flasque et à sangle musculaire déficiente.

Sous le second chef, c’est-à-dire parmi les conditions capables d'augmenter le déséquilibre neuro-végétatif, nous faisons une légère place au facteur constitutionnel, sans être en mesure de préciser si c’est la sympathicotonie ou la vagotonie. Malgré les très nombreuses recherches, parmi lesquelles nous citerons les travaux de Leblanc, Schneller, de Lumière et de Couturier, nous ne savons pas grand chose encore sur le système neuro-végétatif ni, à plus forte raison, de son état au cours de la puerpéralité. Des recherches faites jusqu'à présent, découlent des notions assez contradictoires : les tests sur lesquels on essaye d’asseoir une classification du tonus neuro-végétatif sont en constant remaniement. Le même individu n'aurait peut-être même pas son tonus identique à tous les étages de son organisme. Nous sommes convaincu, pour notre part, que, lorsque la lumière aura élé faite complètement sur le système neuro-végétatif, celle-ci éclairera un grand nombre d'états pathologiques de la gestation. Il semble cependant acquis que le territoire vagotonique, constitutionnel ou accidentel, soit favorable au choc. |

Parmi les facteurs nerveux susceptibles de modifier le processus d’autorégulation physiologique, notons l'atteinte préalable plus où moins ancienne de zones réflexogènes. On sait combien les séreuses chargées de la protection intellisente des viscères sous-jacents sont richement dotées de fibres sensitives : le péritoine, la plèvre surtout, sont des zones réflexogènes. Les preuves cliniques et expérimentales

ol —

abondent. On voit parfois des ponctions évacuatrices de pleurésie séro-fibrineuse entraîner la mort du malade de facon brutale par syncope réflexe. On peut penser que l’atteinte d’une zone réflexogène a sensibilisé le système sympathique et joue un rôle d’inhibition dans le processus physiologique d’autorégulation.

N'oublions pas, enfin, le rôle joué par Île psychisme l'anxiété, la peur de la souffrance, Fétat moral, les conditions physiologiques dans lesquelles se trouvent les parturientes à ce moment. Ne peut-on voir dans la primiparité des unes, la multiparité des autres, des facteurs de prédisposition : pour les primipares, longueur et épuisement du travail laborieux, sans oublier l’angoïsse créée par la crainte de l'inconnu; pour les multipares, la diminution du coefficient de résistance, due à la répétition de ces maternités, leur âge, leur manque de repos, dû aux préoccupations auxquelles sont particulièrement exposées les mères d'une nombreuse famille.

Nul état ne se prête mieux au déséquilibre de la circulation de retour. Résumons :- par la gêne apportée par le développement de l'utérus et les compressions en résultant, par l’évacuation rapide de la cavité abdominale et le passage rapide, sans transition, dés vastes réseaux ‘abdominaux de l’état de compression à une distension anormale, par les pertes de sang, même petites, qui vident ces réseaux, sans oublier les influences vaso-motrices, en rapport avec les modifications glandulaires èt humorales, accompagnant la puerpéralité, enfin, l’état psychique de la femmie au moment de l'accouchement.

Bref, séries de raisons qui doivent atteindre en son point vital la circulation de retour, d’où, soit mécaniquement, par action nerveuse directe ou réflexe, le trouble est jeté dans les réseaux de la cavité abdominale et provoque le déséquilibre de l’automatisme régulateur de la circulation; ou bien, peut-être, doit-on voir dans la combinaison de deux chocs, même légers l’un et l’autre, l’origine du choc véritable.

LC) po

Expérimentalement, Qunz et Govers ont montré qu’une saiænée enlevant de 15 à 20 p. 100 de la masse sanguine es! très bien supportée; que, d’autre part, un traumatisme pratiqué en un point sensible, et en dehors de toute hémorragie, peut n'être suivi d'aucun effet, mais que la combinaison de ces deux actions entraîne des accidents graves, même mortels : « Ainsi, dans la grossesse, disent-ils, où rien ne manque pour paralyser les réseaux veineux et les transformer en lacs stagnants : hémorragies même minimes, traumatismes, suppression de la compression abdominale. »

Au moment de l'évacuation rapide de la cavité abdominale, il se produit une décompression brusque, et il se passe un processus analogue à celui des accidents survenant à la suite de l'évacuation trop rapide ou trop complète de la vessie distendue, dans une rétention d'urine ou à la suite de la ponction d’une ascite considérable : les organes abdominaux se dilatent, un brusque appel de sang se produit dans la cavité abdominale, entraînant une ischémie des centres nerveux. Normalement le tonus neuro-végétatif doit être suffisant pour faire face à cette décompression brutale. Mettant en jeu les vaso-constricteurs, les parois veineuses vont se contracter et la circulation de retour, sans soubresauts, va se continuer. Mais, de même qu'il existe pour le cœur central, des insuffisances non compensées, il va se produire, dans le cas des femmes menacées de choc, une carence du Système nerveux sympathique, une insuffisance brutale du cœur périphérique. Le processus d’autodéfense, d’autorégulation, demande un certain tonus : s’il est insuffisant, au bout d'un temps plus ou moins long (une demiheure environ) survient la. vaso-dilatation paralytique, le syndrome de choc obstétrical apparaît. Cette phase de repos permet au tonus nerveux de se reconstituer, la vaso-constriction reparaît, les capillaires et les veines se vident, le cœur périphérique renaît à la vie. En même temps disparaissent les symptômes de choc. Ainsi s'expliquent les alternatives presque toujours observées, chaque phase de

dépression correspondant à la défaillance des vaso-moteurs. On comprend pourquoi tous les tonicardiaques généralement employés, huile camphrée, spartéine ou autres, font peu d'effet, mais, qu'au contraire une injection d'adrénaline ou d'éphédrine, agissant vite sur le système vaso-constricteur, amène presque immédiatement la cessation des phénomènes; les couleurs réapparaissent, le pouls devient mieux frappé, la sensation d'angoisse disparaît. En agissant sur les parois veineuses dilatées au maximum, l’adrénaline agit sur les « lacs stagnants » de la cavité abdominale et la circulation de retour, reprend son cours interrompu. Nous verrons, plus loin, en parlant du traitement, que, pour être parfaite dans son action, l’adrénaline doit être injectée lentement et de facon continue.

En résumé : En face du cœur central existe un véritable cœur périphérique, dont le siège réside dans les lacs de la circulation veineuse. Le système nerveux vaso-constricteur maintient l’équilibre circulatoire, car la capacité du réseau veineux est plus grande que Ja masse sanguine à contenir. Une limite appelée « marge de sécurité » ne peut être franchie sans qu'il se produise des accidents. Il y à inhibition des nerfs vaso-moteurs, déterminant l'accroissement du contenant, l'évacuation rapide de la cavité abdominale, fai- Sant passer sans transition, c'est-à-dire sans vaso-constriction parallèle, les vastes réseaux veineux de l’état de compression à la distension. !

Le choc obstétrical nous apparaît donc fonction du système nerveux végétatif, variant lui-même suivant le terrain, le psychisme ou l’état humoral. Le choc obstétrical, conséquence du déséquilibre de la circulation de retour.

Le syndrome circulatoire apparaît identique dans une série d'états paraissant éloignés, comme l'expression d’une brusque stagnation du sang dans les vastes réservoirs abdomiNnaUux.

Le mécanisme est plus évident encore dans les collapsus imprévus, consécutifs à la brusque augmentation des espaces de réserve, à la faveur de l'évacuation utérine, Re

Page 1