‹ Contribution à l'étude du choc obstétrical: Ce qu'il convient d'envisager sous ce termeChapitre 8 sur 25 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DEFINITION ET SYMPTOMATOLOGIE

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La définition proposée par le Professeur agrégé Marc Rivière nous explique clairement ce que nous devons entendre par cette dénomination de «choc obstétrical » et nous ne saurions mieux faire que de la citer textuellement.

« C’est un syndrome essentiellement lié à l'évacuation de l’utérus, indépendant de tout traumatisme, et caractérisé cliniquement par l'accélération et la petitesse du pouls, la pâleur de la face, S’accompagnant de tendances syncopales, de refroidissement périphérique, évoluant habituellement par « ondulations » vers la guérison spontanée ».

Dans la grande majorité des cas, il s’agit de femmes bien constituées. Après la délivrance, heureuses d’en avoir terminé, elles bavardent souvent avec leur entourage, s’intéressant à la première toilette de leur petit. Un quart d'heure, une demi-heure se passent ainsi, puis, tout à coup, cette femme, si insouciante et si heureuse quelques instants auparavant, s’écrie : « Je ne vais pas très bien, je m'en vais ! » De fait, une angoisse l’étreint, une sensation d’étouffement, une soif d'air intense, et elle demeure inerte.

L’entourage, très surpris par la soudaineté de cette attaque, voit la malade pâlir rapidement, les extrémités se refroidissent et le pouls diminue d'intensité, en même temps qu'il s'accélère, atteignant et dépassant 100, 120 et même 450 pulsations à la minute. Non seulement accéléré, mais bientôt misérable comme intensité.

Ce tableau frappe. Tout s’était passé normalement, l’ac-

couchement s'était heureusement terminé, il n'y avait eu aucune hémorragie. Rarement la tension artérielle est prise à ce moment. Comme nous le disons par ailleurs, les phénomènes éclatent de façon si imprévue et prennent une allure si dramatique qu'ils ne se prêtent aucunement à une étude méthodique. Les quelques rares mesures de la tension artérielle qui ont été prises au moment de la crise montrent un effondrement de la tension artérielle.

Devant un tel tableau, le médecin pense à une hémorrarie interne. Il fait un rapide examen complémentaire, et ne trouve rien d’anormal : l'utérus, dur, est bien rétracté, et aucun filet de sang à la vulve ne vient signer une hémorragie. | Le visage de la malade se couvre de sueur, elle perd connaissance.

On essaie de la réchauffer, et, le plus souvent, on fait appel à tous les tonicardiaques : caféine, éther, spartéine, huile camphrée, on y joint l’ergotine. Ils ne paraissent pas agir. |

Puis, au bout de quelques minutes parfois, d’un quart d'heure ou d’une demi-heure d’autres fois, la malade revient peu à peu à elle, renaît à la vie, tandis que son visage reprend ses couleurs normales et que son pouls, s'il ne diminue peut-être pas beaucoup comme rapidité, regagne en force et en intensité.

Bientôt elle est tout à fait remise, l'entourage et elle se félicitent de cette heureuse et rapide terminaison. On la qualifie de « faiblesse » occasionnée par les fatigues du travail et de l'expulsion.

Malheureusement ce n’est pas terminé. En effet, au bout d’une demi-heure ou d’une heure, quelquefois moins, nouvelle alerte. Les symptômes réapparaissent dans le même ordre : vertiges, étouffements, soif d'air; accélération et petitesse du pouls, pâleur du visage, refroidissement, avec perte plus où moins complète de connaissance.

Comme la première fois, après une période plus ou moins

longue, de nouveau, la malade reprend conscience, le pouls s'améliore et elle se retrouve tout à fait bien.

Il est rare que l’évolution s'arrête là de sitôt. Le plus souvent, pour ne pas dire presque toujours, cet état avec alternatives de guérison apparente, puis de reprise des phénomènes graves, dure plusieurs heures. Il se produit trois, quatre, cinq, parfois six et même plus, nouvelles alertes. Toutelois, les crises durent de moins en moins longtemps et les symptômes perdent, en général, d'intensité à chaque crise.

Puis, comme nous l’avons dit plus haut, après un temps qui varie de deux à cinq heures, tout est terminé, la malade se trouve en parfaite condition et les suites de couches sont normales.

Ce qui caractérise le choc, c’est la « marche ondulante » alternative de guérison apparente et de reprise des phénomènes graves, mais évoluant vers la guérison.

DiEULEVEULT, . 2

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