DIRE
rin pratiqué pour arrêter une très légère perte de sang, il s'agissait très probablement de la forme syncopale de l’avortement décrit par Pinard et Lepage dans la thèse de Séjournet en 1906. Comment expliquer alors qu'une simple déchirure du col par la pince de Museux puisse déterminer une aggravation immédiate des symtômes ? Trois hypothèses se présentent :
Ou la femme, indépendamment de ce traumatisme, a continué son état syncopal antérieur, ou cette lésion a déterminé un réflexe à point de départ siégeant au niveau du col de l’utérus, ou enfin il s’est agi d’une toxhémie ?
ll semble que si dans cette observation plusieurs causes soient intervenues pour déterminer ce syndrome, une influence capitale doit être attribuée à la dernière interprétation. L'évolution clinique de ce choc mortel parait d’ailleurs venir contrôler cette idée,puisqu'on a noté une soudaine accentuation des symptômes lipothymiques après la dilacération du col. N'oublions pas, en effet, ‘que l’utérus de cette femme contenait un fœtus expulsé au moins {2 h. 1/2 après sa mort,M. le Professeur Brindeau en ayant posé le diagnostic le 24 novembre au matin. Nous savons d'autre partavec quelle rapidité s'opère la putréfaction fœtale dans un œufouvert et nous pouvons admettre que la lésion cervicale a été suffisante pour permettre aux produits septiques accumulés dans l'utérus de pénétrer dans la circulation générale.
Non seulement ce traumatisme inopiné a pu engendrer l’aggravation des ces accidents, mais ne doit-on pas aussi attribuer une importance à l'évacuation
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manuelle du placenta du 1#fœtus,du 2° œuf et à l'écou-
villonnage de la cavité utérine. Nous n’ignorons pas qu'après extraction du produit de la conception il existe une vaste plaie capable de laisser pénétrer dans les vaisseaux les poisons toxiques issus du fœtus mort el susceptibles de provoquer une intoxication brutale, rapidement mortelle chez cette parturiente. .
La seconde interprétation d’ailleurs nous parait venir compliquer cette influence. La malade a traduit en effet l’atteinte de son système nerveux par une brusque agitation dès la déchirure du col permettant de supposer ainsi l’action d’un réflexe inhibitoire à point de départ utérin.
Enfin un dernier point intéressant au point de vue clinique reste à mettre en lumière. Au début, le pouls sous l’action des traitements appropriés, non seulement se remonte, mais reprend presque immédiatement son rythme normal. Cette remarque plaiderait en faveur d’un collapsus cardiaque, mais l'absence d’autopsie ne nous a pas permis de justifier cette hypothèse.
Quoiqu'il en soit, en raison de la brusquerie avec laquelle se sont accentués ces phénomènes, nous conclurons à une origine à la fois nerveuse el toxique. |
La seconde observation XIII, très analogue à celle-ci, nous met en présence d’une primipare âgée,de très bonne constitution qui, après un travail laborieux,présente un syndrome mortel de choc toxique comparable à celui de l'observation XI malgré sa plus grande gravité. Il est logique, dans ce cas, d'admettre les conséquences d’une délivrance artificielle pratiquée dans çet utérus infecté
Pa Le
par la putréfaction fœtale en songeant que la plaie largement béante favorise la pénétration des toxines microbiennes dans la circulation sans compter l'influence de la déchirure incomplète du périnée. Cette interprétation d’ailleurs sémble correspondre assez exactement à l’évolution clinique des phénomènes. Si le léger malaise ressenti par la femme avant la délivrance peut, en. effet, être rapporté à la conséquence de l'épuisement nerveux, nous devons reconnaître la nature toxique des symptômes graves et rapidement mortels qui ont suivi l'extraction du placenta. :
Dans ces deux cas, en réalité, nous ne pouvons être très aflirmatif dans nos conclusions, les autopsies de
ces malades et l'examen des viscères n'ayant pas été
pratiqués, nous sommes obligé de rester dans le domaine des hypothèses, puisque nous ne pouvens élimi-.
ner les autres causes de mort rapide