‹ Contribution à l'étude du choc traumatiqueChapitre 13 sur 16 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Observations personnelles.

Mme R... J.., âgée de 32 ans, est amenée à l'Hôpital du Mans à la suite d’un accident sur la voie publique. Vue une demi-heure après le traumatisme, son état général semble satisfaisant.

La blessée présente de multiples fractures : à droite : fractures des os de la jambe à la partie moyenne et fracture haute de la diaphyse humérale ; à gauche fracture de la clavicule. Pas de plaie cutanée importante.

Deux heures après le traumatisme environ, le choc commence et devient rapidement intense. Faciès choqué, päleur terreuse, refroidissement, pouls impalpable, tension artérielle à 9-5, vomissements. En même temps que de la morphine, de l’huile camphrée et de l’adrénaline, on fait une numération globulaire qui donne 6.200.000 globules rouges.

Le soir même, réduction non sanglante des fractures de l’humérus et de la clavicule. Quant à la fracture de la jambe, l'énorme gonflement et la complexité du trait de fracture (constatée à la radio) interdisent toute manœuvre externe.

Le lendemain matin, le choc est encore important,

He mais la malade a uriné et sa tension est à 10-5 1/2. Une numération globulaire à ce moment-là donne 5.800.000 globules rouges. On pratique une intervention sous légère anesthésie à l’éther et l’on réduit la fracture de jambe. Ostéo-synthèse.

Le soir même légère aggravation, montée thermique à 3807, mais les phénomènes de choc semblent s'amender.

Le lendemain matin, tension à 11-6, numération globulaire à 5.200.000. Désormais, le choc a disparu, mais l’état local reste sérieux.

Le malade n’a quitté l'hôpital qu'au bout de plus de deux mois et par la suite, sa jambe n’a jamais récupéré sa

valeur fonctionnelle.

M. G. B..., âgé de 47 ans, employé de chemins de fer, a été écrasé entre deux wagons.

Vu trois heures après l'accident, il est en plein choc. Tension artérielle : 8-5, pouls à 140, température 35°6. L'examen clinique et la radio montrent une fracture du bassin. Pas de complications urinaires. On constate également une contusion importante des muscles fessiers et des masses musculaires de la cuisse, avec gonflement. Numération globulaire à ce moment-là : 6.000.000 de globules rouges.

Six heures après, le choc s'aggrave : T. A. 6 1/2-4 1/2 ; numération globulaire : 6.600.000. Huile camphrée, sérum adrénaliné intraveineux.

Vingt-quatre heures après, amélioration sensible du

Niger choc: T.A., 71/2-5. Numération globulaire : 6.200.000.

A partir de ce moment-là, l'état général s'améliore et quatre jours après l’accident, la tension est à 11-7 1/2. L'état local a nécessité encore un long séjour à l'hôpital,

mais tout danger de choc a définitivement disparu.

Au cours d’un accident ferroviaire, M. J. L..., âgé de 29 ans, est écrasé sous un wagon. Multiples fractures de côtés, fracture des os propres du nez, fracture des deux os de l’avant-bras. Léger hémothorax à droite. Pas de plaies superficielles importantes.

Etat de choc sérieux avec un peu d’agitation. Tension artérielle 7-4 : globules rouges : 5.000.000. Sérum salé physiologique 1 litre. Au bout d’une heure, T. A. 8-5 1/2 et globules rouges : 5.400.000. Dès le lendemain, le choc est en amélioration et trois jours après, T. A. 10 1/2-6 1/2. Numération globulaire : 4.900.000.

M. J. P..., âgé de 36 ans, présente de multiples blessures, après chute d’une hauteur de deux étages. Fracture du calcanéum, du poignet, contusions multiples, mais peu de phénomènes hémorragiques.

Quatre heures après le traumatisme, phénomènes de choc grave. T. A. 8-5. Numération globulaire : 6.200.000. Injection d’un litre de sérum adrénaliné. La tension monte à 10-6 1/2, mais deux heures après retombe à 8 1/2-5. Numération globulaire : 6.000.000.

dire

Le lendemain, deuxième injection de sérum adrénaliné. Cette fois-ci amélioration persistante : T. A. 9-6, globules rouges : 5.600.000.

Quatre jours après l’accident, le choc a disparu, T. A. 11-8 ; globules rouges : 5.200.000

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