‹ Contribution à l'étude du choc traumatiqueChapitre 14 sur 16 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Déductions thérapeutiques.

Le traitement du choc traumatique, en dehors des soins purement symptomatiques dont nous dirons plus loin un mot, s’est inspiré des diverses théories pathogéniques.

La pathogénie nerveuse ne pouvait inspirer que d’une part le repos absolu, d'autre part les toniques nerveux tels que la strychnine ou encore les toni-cardiaques ou les analeptiques cardio-vasculaires. Toutes ces médications gardent d’ailleurs leur droit, même dans ‘les cas où toute pathogénie nerveuse peut être écartée. D'ailleurs tous ces procédés sont également des méthodes de thérapeutique symptomatique : la strychnine combat l’asthénie générale, les tonicardiaques tels que la digitaline ou l’ouabaïne préviennent la défaillance du cœur qui, du fait de la diminution de la masse sanguine va flancher. Enfin, les analeptiques respiratoires, tels que l'huile camphrée, la caféine, etc., exciteront le centre respiratoire.

Ajoutons à cette thérapeutique de base, le réchauffementdes malades, indispensable dans bien des cas etque l’on doit assurer par tous les moyens dont on dispose.

L'hypothèse de la toxémie traumatique a inspiré essentiellement deux principes : celui de l’arrêt circu-

latoire immédiat par un garrot et ensuite celui de

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l'exérèse de la région traumatisée le plus rapidement possible. Cette région peut être considérée comme la source de l’intoxication et tant qu’elle n’est pas extirpée ou tout au moins nettoyée et drainée, la diffusion des substances toxiques peut déterminer le choc.

La constatation d’une réduction de la masse sanguine circulante a inspiré un très grand nombre de procédés actuellement classiques : injection de solutions physiologiques, transfusion sanguine, injection de solutions physiologiques, transfusion sanguine, injection de solutions hypertoniques, devant constituer de véritables « transfusions internes », etc.

En effet, l'injection sous-cutanée ou mieux intraveineuse d’une solution physiologique atteint en principe le but qu’on se propose : augmenter la masse sanguine et la diluer. Malheureusement, ainsi que l’a montré Bayliss, cet effet est passager et le liquide physiologique injecté passe à travers l’endothélium capillaire, ainsi que l’a fait le plasma sanguin.

A la place de la simple solution de chlorure de sodium isotonique on à essayé d'utiliser des liquides plus complexes, comme par exemple, le sérum de Ringer-Locke, ainsi modifié par Hédon :

Bien que cette solution soit supérieure à la simple

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solution chlorurée sodique, il fallait y adjoindre quelque chose qui en empêche la sortie facile. C'est ce que voulait atteindre Bayliss, en y adjoignant une certaine quantité de gomme. Cependant, ce sérum gommé, théoriquement parfait, était relativement peu employé, car il provoquait souvent des accidents.

Les solutions hypertoniques agissent en provoquant un courant de liquide des tissus vers le sang. En effet, en augmentant la tension osmotique du sang, celui-ci devra se diluer par de l’eau venant des espaces intercellulaires.

Il faut dire qu'en pratique tous ces procédés se révèlent un peu comme des vues de l'esprit. Ils ne sont certainement pas complètement inefficaces, mais leur effet est rarement durable.

Quant à la transfusion du sang, elle n’est guère indiquée dans le choc pur, car elle ne peut guère empêcher l’hyperconcentration de sang qu’on y constate.

Il uous semble que l’adjonction d’un agent vasoconstricteur aux solutions physiologiques injectées peut les rendre plus efficaces. En effet, si ces solutions ont un effet passager, c’est parce qu’elles s’extravasent à leur tour, grâce à la perméabilité capillaire accrue. Or, l’adjonction d’adrénaline peut diminuer cette perméabilité et agir de sorte que la masse sanguine reste relativement inchangée. Dans les cas que nous avons observés, nous avons mis un milligramme d’adrénaline dans un litre de sérum physiologique tiède et nos résultats semblent encou—

rageants.

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