‹ Contribution à l'étude du choc traumatiqueChapitre 9 sur 16 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Facteurs humoraux.

Il semble aujourd’hui démontré que tout tissu traumatisé met en liberté des substances toxiques. Les travaux de Quénu, de Delbet, de Cannon et Bayliss et les observations cliniques de Rouhier, de Grégoire, etc. permettent de supposer que le choc peutêtre déterminé par la mise en circulation de ces produits toxiques.

Nous allons examiner tout d'abord les arguments cliniques militant en faveur d’une théorie humorale toxique. Ces arguments sont de deux ordres : la fréquence du choc dans les traumatismes étendus et multiples et en particulier, dans ceux qui s’accompagnent de la contrition de masses musculaires im-— portantes ; et la suppression du choc par l’application d’un agent compresseur ou encore par l’exérèse du territoire traumatisé.

Citons à cet égard une des observations de Roubhier qui sont devenues tout à fait classiques :

« Un blessé arrive avec un broiement du pied au niveau de la jarretière ; au-dessous, le membre est tendu, rempli de sang ; le blessé ne présente aucune apparence de shock : son pouls est fort, son teint

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normal, il est calme et dans l’état Le plus rassurant. M. Rouhier pratique une opération conservatrice avec une courte anesthésie à l’éther, dix heures après la blessure. L'opération consiste dans une large ouverture du foyer, dans l’ablation de tout le calcanéum qui est en bouillie et dans l'enlèvement de multiples esquilles appartenant au tarse antérieur. Le garrot enlevé, on constate que les chairs saignent et que la teinte cyanique du membre disparaît à la fin de l’opération ; le pouls est excellent, le faciès bon.

« À midi, soit trois heures après l’opération, on trouve le blessé dans un état de shock intense : le pouls est presque imperceptible, la respiration est courte et superficielle, l’asthénie intense avec un peu de somnolence ; la plaie n’a pas saigné, rien ne peut expliquer cette aggravation subite de l’état du blessé. Ces symptômes persistent jusqu'à 10 heures du soir et, à ce moment, on considère la situation comme désespéré. Cependant, au cours de la nuit, l'état s'améliore progressivement. Le lendemain matin le pouls est perceptible à 104, la température est à 3609, la somnolence a fait place à un peu d’agitation.

« Depuis son arrivée à l'hôpital, le blessé n'avait pas uriné et il n'avait pas une goutte d’urine dans sa vessie. Le lendemain, se produit une débâcle urinaire qu'avait déjà précédé une amélioration de l’état général. Le mieux s’accentue rapidement. Le r2 juillet, la jambe reste tendue ; le 13, le 14 survient de la fièvre (3806 et 3898). Les jours suivants, le pied devient froid, la jambe présente des taches livides, la

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