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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les lésions du craniotabes, comme celles du rachitisme, sont caractérisées, nous dit Marfan, par un processus dystrophique de la substance osseuse, accompagné des modifications irritatives de la moelle.

Au début, il y a prolifération anormale et aberrante des cellules hémo- -lymphatiques et vascularisation exces- - Sive dé la moelle : en même temps il y a arrêt ou ralentissement de la nano d’os.nouveau et le processus de résorption. continuant, la raréfaction osseuse commence. A cette période, les os sont plus faciles à couper ; il V a infiltration ‘rouge sombre ou rouge noir des régions osseuses malades, agrandissement des aréoles du tissu spongieux et parfois dissociation par cette matière rouge, des lames de tissu compact.

A la période d'état, c'est la moelle fibreuse qui prolifère et qui prend la place de la moelle hémo-lymphatique, la résorption de l’os ancien continue, mais il se forme pour le remplacer un tissu nouveau qui ne se calcifie pas, le tissu ostéoïde.

Les os sont alors plus gros, plus mous encore, plus faciles à sectionner ; il y a substitution à la matière rouge épanchée au’ début, c’est-à-dire à la moelle hémo-lymphatique et prolifération du tissu « spongoïde », c'està-dire de ce tissu finement aréolaire, peu ou pas calcilié, rempli de moelle grise ou rose, et qui est formé par des travées de tissu ostéoïde pur, ou de travées osseuses an-

ciennes, recouvertes de tissu ostéoïde. ;

L'’altération osseuse ne saurait être considérée comme le résultat d’un simple arrêt de développement ; elle ne saurait non plus être considérée comme le résultat d'une simple décalcification de l'os; la décalcification n’est

= qu’une des conséquences de l’altération rachitique. La

lésion nous apparaît comme le résultat d’un processus

irritatif spécial. |

Le troisième stade représente la guérison, par reprise de l’ossification normale, qui commence par une nouvelle prolifération des cellules médullaires et se poursuit par la calcification du tissu ostéoïde.

La résorption osseuse de Ja première phase, nous cexplique la malléabilité et la flexibilité de l'os craniomalacique. :

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Cette couche osseuse, de ] plus en plus mince, peut se ré-

sorber entièrement et aboutir à des perforations totales -

de l’os, d’étendue plus ou moins grande. -

Le périoste et la dure mère sont alors accolés l’un à l’autre et donnent au doigt la sensation d’une membrane flexible, à travers laquelle on voit le jour.

Ces perforations, comme nous les montre la radiographie de l'observation I, sont rondes ou ovalaires, elles peuvent être multiples et siègent le plus souvent sur l’occiput, puis sur les pâriétaux, sur l’écaille des temporaux et beaucoup plus rarement sur les os frontaux. ;

Les théories qui expliquent l'apparition du craniotabes sont nombreuses.

Pour Elaesser l'affection débute chez les jeunes enfants par les parties postérieures de la voûte crânienne, parce

qu'elles sont plus exposées aux frottements : de plus les muscles sont incapables de soulever la tête trop lourde ; celle-ci repose donc constamment sur l’oreiller, parfois

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“fui cette action mécanique ne peut se produire que. si une maladie antérieure a préalablement altéré les os

dur. Les mouvements continuels de latéralité et-les pressions incessantes, produiraient ainsi l'usure des os.

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ï ee. . . .

Marfan fait remarquer avec raison que les perforations

frontales sont méconnues, mais fréquentes.

Pour Giraldès, l’amincissement et les perforations sont düs à l'usure des os du crâne, provoquée par l’hypertrophie des circonvolutions cérébrales. S’il en était ainsi, on devrait trouver du craniotabes dans tous les cas d’hy-

drocéphalie. En réalité il n’en est rien. Dans l’hydrocéphalie l'os persiste, il est dur, imprégné de substance

minérale, tandis que dans le cräniotabes l'os disparaît totalement en certains points.

D'ailleurs Broca réagit contre cette opinion et pour

du crâne.

Pour Parrot, les os altérés par la syphilis héréditaire sont usés dans le décubitus par l’action de la pesanteur du cerveau, qui comprime l’occiput et les pariétaux.

, I ajoute que « les parties basses du crâne dans le dé-

cubitus habituel de l'enfant, sont soumises très directement à l'expansion cérébrale, due au sang qui pénètre dans le cerveau à chaque systole, et le crâne est usé par le cerveau, comme toute autre partie du squelette serait usée par une poche anévrismale. È

Marfan montre que l’amincissement, ou même la destruction de l’os dans ce cas, résulte de la compression de dedans en dehors par le cerveau en voie de développement. L'examen du crâne montre que les circonvolutions cérébrales semblent se mouler dans la substance osseuse. Les perforations se produisent aux points les plus

élevés de ces circonvolutions. L'action de la pesanteur

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