Les populations rurales d'Allemagne, p
224 Edmond PH1L1PP4R
revendent aux paysans moyennant des annuités qui éteignent progressivement la dclle.
Les caisses RaifTcisen interviennent aussi fort efficacement dans les ventes d'immeubles. Les ventes ne se font en effet que par paiements échelonnés, et il n'y a qu'une fraction du prix versée comptant. Contre cette somme, l'acheteur reçoit un acte appelé protocole, qui lui transfère la propriété. Cet usage a donné lieu à un trafic de protocoles [Prolokolhandcl) dans lequel l'usure intervient pour réaliser des bénéfices considérables. Les caisses Raiffeisen cherchent à empêcher ce trafic en achetant les protocoles, puis en accordant au vendeur sa libération par paiements échelonnés.
On voit quel est le rôle multiple de ces banques et combien elles justifient ce mot d'un prêtre allemand, cité par M. Blondel : « Les caisses Raiffeisen font plus que mes sermons pour la moralisatioQ de ma paroisse. »
Associations Schultze-Belitzsch ou Vorc/iussvereine *. Au moment où se créaient les premières caisses Raiffeisen, les populations ouvrières des villes cherchaient, elles aussi, à organiser le crédit populaire à bon marché, et plusieurs tentatives pour constituer des associations de celte nature avaient échoué. Hermann Schultze, député de Delitzsch à la Chambre prussienne, voulut essayer de venir en aide aux ouvriers. Il fonda en 1849 à Delitzsch une association de cordonniers pour l'achat des matières premières, et, en 1850, fut créé le premier Vorchussverein. La force de la coopération est la base de ces associations, fondées uniquement d'après Schultze-Delitzsch ^ sur le principe du Selbsthilfe, ou aide par soi-même.
Le premier trait qui distingue nettement les Voi'schussvereine est l'esprit qui a présidé à leur fondation. Les caisses Raiffeisen ont pour but une œuvre philanthropique et morale basée sur la charité chrétienne. Les caisses Schultze-Delitzsch sont simplement des organismes financiers d'une nature spéciale, au fonctionnement desquels toute considération morale est étrangère.
Les deux points de vue ont leur valeur; on ne saurait reprocher à Sfifaultze-Delitz8«h l'étroitesse du sien, car c'est incontesta-