‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 19 sur 117 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Les Besoins de crédit

Le caractère accidentel de la conquête de l'Algérie et ses conséquences

La France avait senti à maintes reprises la nécessité d'assnrer la sécurité de sa flotte en détruisant les corsaires dont Alger était le point de ralliement. Ce fut un coup d'éventail qui décida de l'expédition. Encore la Fiance, avant d'en venir à cette extrémité, essaya-t-elle d'arriver par d'autres moyens au but qu'elle désirait atteindre : des ouvertures furent faites à Mehemet-Ali, pacha d'Egypte, pour (pfil consentît, avec l'appui de la France à prcudi-c possession de l'Ali^érie, à (Iclniirc la [tiralorie et à suppriinei' l'esclavage îles chrcliciis : lOiiptisilioii de la Cour (le Londres eulrava seule ce projet, el la France, pour relever l'atfrout (pTelli' avait subi, dût S(^ resouilii' à agir elle-même. Aussi bien Charles \ voyail-il. il'ailleurs, sans déplaisir, cette tiouNelle croisaile si' préparer. L'opinion publi(iue était moins favorable. Néanmoins, la

flotte française qiiiltaiL Toulon le 25 mai 1830 cl l'année prenait possessioti d'Alger le o jnillet suivant.

Loin qne toutes les difficultés fussent terminées, on peut dire au contraii-e qu'elles commençaient. On sait que l'occupation détinitive ne lui guère terminée (|ue vers 1860. Et pendant les trente années de luttes sans cesse renaissantes qui assurèrent la dominalion française, l'abandon de celle conquête fut plusieurs fois à l'ordre du jour. Ainsi, comme l'a écril M. Paul Leroy-Beaulieu(l), « il n'est peut-être pas léméraire de dire que, si nous (( nous sommes fixés en Afrique, la cause en a été moins « au besoin de nous y établir qu'à la difticulté de nous « en éloigner ».

L'honneur de la France lui défendait, eu effet, d'abandonner une conquête poussée aussi loin, et pour pouvoir conserver ce qu'elle occupait déjà, il fallait qu'elle étendît davantage encore sa domination.

Ainsi donc un premier fait domine l'histoire de cette conquête : son caractère accidentel et presque fortuit. G'estàces circonstances particulières qu'on doit attribuer l'absence de plan préconçu et d'idée arrêtée sur la cour duite à tenir vis-à-vis du peuple conquis et de sou territoire. 11 en résulta dans les premiers actes de l'occupation des fautes dont l'Algérie se ressent encore. La première et la plus grave, qui a été mise en lumière d'une façon évidente par M. Pouyanne (2), c'est la rupture brutale avec les actes du gouvernement précédent. Les Turcs avaient organisé un système de domination qui fonctionnait efficacement. Le bon sens semblait indiquer

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