‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 22 sur 117 · Leroy-Beaulieu, o;). c«ï · texte numérisé non relu

Leroy-Beaulieu, o;). c«ï

Il fallait bien cependant aux nouveaux colons des tertains pour tenter la fortune qu'ils étaient venus chercher de ce côté de la Méditerranée. Et deux éléments se trouvaient en présence : le vaincu, propriétaire du sol, et le colon venu pour s'enrichir. C'est la conciliation entre ces deux éléments qui fut le grand problème que les gouvernements se posèrent et résolurent successivement suivant les tendances du moment (1).

M. Pouyannea caractérisé dans son ouvrage les diverses phases par lesquelles passa le régirne foncier et il est intéressant de rappeler l'historique qu'il en fait. La première période qui va de 1830 à 1844 est une période de tâtonnements et d'hésitations. On ne sait même pas encore si l'occupation ne sera que temporaire ou demeurera définitive. Il en résulte que la question de la distribution de terres préoccupe peu les pouvoirs publics. Les colons sont vus par l'administration d'un assez mauvais a:'il : leur audace à s'avancer dans des territoires encore mal soumis n'apparaît que comme susceptible de créer des diflicultés. M. Rouire (2) s'est fait l'historien de cette pénible période de début. Il ne s'est pas montré indulgent pour l'administration. Mais des critiques aussi dures n'eussent-elles pas été formulées en sens inverse si l'évacuation s'était produite? Qu()i(|u"il en soit, tlans de (elles conditions d'incerlilnrle et de désarroi, les Iransiiclions laissées à l'initiative des individus, devaient forcément se ressentir de l'état général.

1. ^^ I.croy-nciiiiIiiMi. l'.l/7<'V/<' (7 la 7'm«»s(>, cli. 1\' ; Poiiyanuo, op. cit. ; Laynaud, Notice sur la projn-ii'tc foucicrc en Alurrie, A1>;im*, Giralt, i()()(> ; Labiche, Rapport sur la coUmisatiim cl Frank-Cliaiivcaii, Rapport sur la proprii'tr foucinr [EiKjuètr sénatoriale de 1S9'J).

2. lloiiirc, Les coliins de i Ahjirie, llov. dos Doux-Muudcs, if) septembre lyoï.

En C'fl'el, « ces spéculateurs arrives après l'armée a d'occupation profitèrent aussitôt du désordre et de « l'anarchie qui régnaient pour se livrer à un agiotage « effréné sur les terres... H en résulta, dans la région « d'Alger, un bouleversement complet de la piopriété et « une violente crise immobilière qui menaçait de deve- « nir fort dangereuse. Le domaine du Beyiik, comme « les autres, l'ut accaparé, mis à sac par la spécula- (( tion » (1).

Si les spéculateurs qui avaient suivi le corps d'occupation se montraient peu scrupuleux, les indigènes auxquels ils s'adressaient ne faisaient pas mon tre d'une bonne foi plus grande et ne se faisaient pas faute de vendre à l'occasion ce qui ne leur appartenait pas. On se rend compte facilement du désordre qui résultait deces transactions irrégulières, conséquence de cette absence de plan qui apparaît dès le début de la conquête et lui donne son caractère spécial.

La seconde période est celle où les pouvoirs publics, se rendant compte des inconvénients de cette situation, cherchent à y remédier. Le maintien de la conquête étant décidé, (( on veut régulariser toutes ces acquisitions hâti- « ves ou frauduleuses, remettre un peu d'ordre dans le « régime de la pro|)riété et vérifier les titres » (2). Le but poursuivi est double: régulariser d'une part les situations acquises, et procurer d'autre part à l'Etat le maximum de terres [)Our la colonisation, de façon à pouvoir amener en Algérie un noyau d'émigrants. Deux ordonnances de 1844 et 1846 marquent cette période.

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