‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 26 sur 117 · Lecq et Rivière, op. Cit · texte numérisé non relu

Lecq et Rivière, op. Cit

environ, qui doit être ajoutée à l'acliftle la production indigène.

Mais ils ne se contentent pas d'être des agriculteurs. Ils se font en même temps commerçants habiles, allant d'un bout à l'autre de l'Algérie porter les fruits de leuitravail, et ouvriers actifs, allant [UMidant la moisson louer leurs bras là où la main-d'œuvre fait défaut.

Ce sont, en général, de bons ouvriers, durs à la fatigue. MM. Lecq et Rivière estiment à 25 ou 30 millions la valeur d(i la main d'œuvre indigène employée annuellement par la colonie.

On voit maintenant (juelles sont les diverses catégories d'individus qui vont se trouver en présence pour l'exploitation du sol algérien. En pi'emier lieu, le colon européen; en second lieu, l'indigène, (pii se scinde lui-niême en deux types distiticts : d'une part, le Kabyle, descendant de la population berbère autochtone, laborieux et économe, sur lequel on a foiidé de grandes espérances, et qui, suivant une expression tort en faveur, « n'a peutêtre pas dit son dernier mot dans l'histoire »; etd'auti'e part, l'Arabe, tjui semble au premier abord, par son peu d'aptitude à l'effort, se présenter comme une exception à la règle posée à la base de l'Ecole classiipie, (jne l'homme agit toujours en vue d'acci'ollre ses l'ichesses. Les chiffres cités plus haut démontrent cependant (|ue l'Arabe est un facteur écoiKtmicpie dont il lanl tenir compte.

Quels sont maintenant les liens qui s'établissent enti'e les l'epi'éseutants de ces civilisations dilIVM'tMiles? Kutr(> les trois éléments, l'Arabe, le Kabyle, le colon, diverses combinaisons sont possibles et on trouve simultanémeul. suivant les [)oints, la culture exclusiveniiMit euri)péenne, la

culture exclusivement indigène, et enfin les combinaisons entre indigènes et européens.

On retrouve tout d'abord les divers modes d'exploitation usités en France, et en premier lieu le faire-valoir direct, qui est exigé pour les concessions gratuites. Il n'existe guère que pour la moyenne et la petite propriété; le faire-valoir par régisseur est celui qui est le plus fréquent pour les grandes propriétés.

En ce qui concerne les modes d'amodiation employés par les Européens, on trouve ensuite le fermage, très fréquent bien entendu, et aussi le métayage, très usité et aboutissant généralement au partage par moitié du rendement et du croît, après prélèvement des avances du propriétaire. En ce qui concerne la vigne, les frais de défoncement sont supportés par moitié par le propriétaire et le métayer, qui a entièrement à sa charge les frais de plantation, de culture et de main-d'œuvre (i).

L'emphythéose et le colonat partiaire sont également employés.

La culture purement indigène est pratiquée par les Kabyles, dont on connaît l'organisation particulière. Elle est également représentée pai' les Arabes, soit sédentaires, soit nomades, tantôt sur des terrains leur appartenant en propre, tantôt sur des terrains dont la propriété collective est laissée à la tribu. Ils sont surtout occupés par la transhumance des troupeaux entre les Hauts- Plateaux et le littoral.

Les colons, enfin, collaborent parfois avec l'indigène.

On a vu plus haut le rôle que joue celui-ci au point de vue de la main-d'œuvre agricole. C'est la forme la plus

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