‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 27 sur 117 · I . Lecq et Rivière, op. cit · texte numérisé non relu

I . Lecq et Rivière, op. cit

simple de celte collaboration. Mais les Européens s'unissent parfois à TArabc, soit par le contrat de fermage et de métayage, soit plutôt par celui du coloriât partiaire, soit, par celui de Khamès qui est le plus fréquent.

Ces contrats entre colons et iiidigèiies sont extrêmement t'récjuoMts et extrêmement variés. La pi'oporlion dans laquelle les fruits sont partagés est même souvent modifiée en cours d'exercice, ou l'exécution reportée à l'année suivante, avec modifications des conditions primitives. Ces contrats sont souvent accompagnés d'avances faites par l'Européen à son associé indigène. Toutefois, quand un terrain loué à un Arabe contient des vignes, il est généralement stipulé que la taille sera faite par un Européen et parfois sous la surveillance du bailleur.

Quelles sont les diverses régions ou s'exerce l'agriculture et quelle est l'importance de ses prodîictions

La partie colonisable de l'Algérie forme une bande comprise entre la Méditerranée au Nord et le Sahara au Sud. Cette partie comprend elle-même trois régions distinctes :

Tout d'abord la partie littorale ou Tell, région plane, fertile, propice à presque toutes b's culliii-es.

Ensuite, une région inteiinédiaii'e. montagneuse, (jui s'élève graduellement pour arrivei' enfin à foi-mer une troisième région, d'altitude plus élevée, relaliveuicnt plane, la région des Hauls-Phileaur, constituée par ib's terrains presque excltisivemeiiL propi'es à l'élevage du mouton, tandis (pie les coiitretorts intei'mediaires entre

celle région ai le Tell conviennent encore aux ciillures plus rémunéi'atrices.

Enfin, an sud des Hauts-Plateaux, le Sahara, parsemé d'oasis qu'a t'ait naître la pi'ésence des soui'ces.

i\l. Lecq (1) divise, au point de vue agricole, l'Algérie en quatre zones cultivables :

1° La zone marine, située au niveau de la mer, ou à une faible altitude et à petite distance du rivage. Elle est relalivemeni chaude et humide. Elle esl caractérisée par la présence de l'oranger. Les pluies y sont abondantes. C'est la région oii les terres ont le plus de valeur, en raison de la présence des lignes de chemins de fer, des ports et des villes les plus importantes. Elle possède une horticulture perfectionnée et une agriculture intensive qui produit une quantité importante de céréales. C'est la région des vignobles à grand rendement et des orangeries. C'est d'ailleurs celle où l'hydraulique agricole a atteint son plus haut degré de perfectionnemeni ;

2° La zone montagneuse, intermédiaii*e entre le Tell et les Hauts-Plateaux, tempérée dans les parties voisines de la mer ou lui faisant face, mais plus froide à mesure que l'altitude et la distance du rivage augmentent. Cette zone est caractérisée par la présence de l'olivier; elle comprend toute la Kabylie. Le climat y est déjà plus excessif que dans la précédente. Le sirocco s'y fait sentir; la gelée et la neige n'y sont pas rares. iMais l'humidité y est moindre. Cette région est par excellence celle des cultures arbuslives : orangei'S, oliviers, foi'êts de chênes, de conifères et de cai'oubiers. Toutefois, son relief accidenté

1. h' A fp'iculture algérienne, par H. Lecq, en collaboration avec MM. Baslide, I\yf et Bauguil. Alger, Giralt, iqoo.

en fait une région diversifiée et dont les productions varient suivant les conditions spéciales aux points considérés. Quand l'humidité y est suffisante, l'élevage y réussit bien, celui du bœuf en particulier. Le sol y est fréquemment riche et convient particulièrement à la culture de l'orge et du blé dur.

3" La zone des Hants-Plaleaux apparaît avec un caractère tout particulier. Elle est caractérisée par des températures extrêmes très marquées, pays de neiges et de froids considérables, de longs hivers et aussi pays de chaleur intense et de sécheresse. Cette région consiste en une série de plaines, d'une altitude moyenne (.le 800 mètres, exposées a tous les vents, d'une sécheresse prescjue continuelle et présentant des variations considérables de température, allant de — 14" en hiver a +48° en été. La végétation y est rare et i;rossière, aussi la [)rincipale utilisation de ces teiMains cunsiste-t-elle dans le parcours des troupeaux. Les [xiiuls d'eau épars çà et là sur ces vastes surfaces marquent les étapes des troupeaux de chèvres et de moutons (jui les parcourent et les parcouraient surtout autrefois, peudanl la saison d'hiver, l'emontanl vers le Tell eu été, (|nand la sécheresse brûlante les chassait. A mesure (pic la propriété individuelle s'est (lévelo|)[)é(' .hms le Tell, il est devenu plus difficile aux Arabes de faii-e hivcrnt'i- leurs troupeaux.

Mais les Hauts-Plateaux jouent encore un rôle considérable dans l'élevage algéiicn. lis sont dailleui'S soumis, sui' (pielcpies points, à une culluri' plus perfectionnée, et notatnment celle des céréales, nc'i'essairement inégale en raison des circonstances climal» ritpics.

L'Ailminislration a fait îles elïorls pour fournir aux

indigènes des semences plus particulièrement appiopriées au terrain et elle a aussi préconisé la plantation de l'olivier, susceptible par ses longues racines d'aller chercher l'eau dans le sous-sol {\).

4° La zone désertique ou saharienne, où la |)luie est 1res rare, où l'air est sec, souvent brûlant, et où les terres, d'une constitution particulière, ne sont cultivables que là où les eaux souterraines suppléent à l'insuffisance des chutes pluviales.

Connaissant les agents de production et le sol sur lequel ils s'exercent, il est intéressant de constater quel est le résultat auquel ils sont arrivés et quelles sont les branches les plus importantes de leur production.

L'examen comparatif des exportations de l'Algérie en 1850 et en 1900 (2) permettra de constater, en même temps que révolution accomplie, les tendances qu'elle dénote :

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