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Les trnvaiix de moisson et de battage exécutés par la main d'œuvre indigène représentent d'après M. Varlet nn salaire moyen de 14 millions, et le transit des céréales entre l'Algérie et la France donne lieu à un fret représentant par an 10 à l'2 millions de francs.
Sur les 239.000.000 de Irancs produits annuellement par l'Algérie, on a vu plus liant que Texportation- ne représentait qu'une valeur de 41 millions : la consommation annuelle des céréales en Algérie porte donc sur une valeur qui s'élève en chititres ronds à 200.000.000 de francs.
Quelles sont les causes qui ont donné à la production des céréales cette importance prépondérante ? On a parlé souvent de la [uerveilleuse fertilité de l'Algérie, le « grenier de Kome », fertilité qui, si elle existait, expliquerait cette production énorme de blé par l'abondance avec laquelle le sol rend ce qu'on lui confie. Mais tous les Algériens s'élèvent au contraire avec vétiémence contre cette opinion si répandue.
Dans leur Manuel pratique de V agriculteur algérien, MM. Rivière et Lecq reviennent à plusieurs rei)rises sur cette « légende » de la fertilité de l'Afrique du Nord et insistent au contraire beaucoup sur les difficultés énormes que rencontre le colon pour triompher des étés brûlants
et arriver à maintenir dans le sol une humidité suffisante pour permettre la maturation de la semence. i\I. Varlet également, commence son étude suv Les céréales d'Algérie par une réfutation de l'opinion généralement admise sur le sol algérien. En admettant, dit-il, que le sol ait donné à l'époque de la domination romaine d'abondantes récoltes, il en lésultait nécessairement pour ce sol un a|)pauvrissement qui devait aller en augmentant, et ce d'autant plus que les populations qui le cultivaient successivement, vivant dans un état d'inquiétude journalière, ne songeaient et ne pouvaient songer qu'à tirer de leur culture le maximum d'effet immédiat, sans souci du lendemain.
L'épuisement du sol, et partant, la difficulté des récoltes, devait aller croissant. Ce n'est donc pas dans l'obtention aisée de récoltes abondantes (ju'il faut chercher la cause de la préférence marquée des Arabes pour cette culture Mais d'autres l'aisoiis suffisent à l'expliquer :
1° C'est tout d'abord la culture qui nécessite le moins d'avances à la terre et le moins de frais d'exploitation, entendue surtout comme l'entendait l'indigène. Au moyen d'une chairue grossière taillée dans un tronc d'arbre, il écorchait superficiellement le sol, y jetai! la semence et s'en remettait pour le reste au bon vouloir de la Providence (l). La récolte faite, le chaume (Mail iiicinéi-é et le terrain ainsi fumé servait Tanuc'e suivante de pâturage aux bestiaux. [*uis, ayant de la sorte [wr du sol
1 . Pour st! rendre compte do ro ([ii'tUail la riillurc iiuligôno avant l'occiipalion iVançaise, voir \c lablcaii (juc l'ail M. iicrnaiii de la culture marocaine : Les productions, l'<t;irin/llH)r ri l' iuiluslnr nu Miiroc, Reo. gén. des .se. kjoô, p. 8o et suiv.
ce qu'il pouvait donner, l'indigène s'en allait plus loin recommencer la môme cultui'e sur une terre non encore épuisée. Si, par conséquent l'opération devait se solder par une perte, éventualité i-endue fréquente par les allernatives excessives du climat, cette perte devait du moins demeurer aussi faible que possible.
2° En second lieu celte culture était celle qui convenait le mieux à une population nomade. Quelciues mois permettaient en effet d'en parcourir le cycle et den recueillir les résultais. Une fois la récolle terminée et le sol épuisé, on pouvait s'en aller plus loin sans riei] abandonner de son capital : on n'eût pu agir de la sorte avec des cultures arbustives.
3° En troisième lieu, indépendamment de ces circonstances économiques, 1 utilité de ces céréales, entrant pour une part considérable dans l'alimentation des familles indigènes, en faisait pour elles une denrée de première importance.
¥ Enfin, en admettant que le produit de la récolte ne fût pas entièrement consommé par le producteur, les céréales étant un objet de nécessité générale, l'écoulement en était facile et faisait de cette marchandise un puissant élément d'échange.
On conçoit donc que la production des céréales se soit imposée à l'indigène et qu'elle soit devenue le pivot de sa vie économique. Mais cultivant sans fumier dans un sol insuffisamment préparé, épuisé par ce mode de culture, l'indigène se trouvait placé sous la dépendance absolue des phénomènes atmosphériques : si la pluie manquait, pas de récolte, et comme conséquence, la disette, entraînant non seulement la famine, mais l'impossibilité d'ensemencer Tannée suivante. Les effets de
cette situation ont été tempérés par l'institution des sociétés de prévoyance et de mutualité, modification habile d'anciennes inslilulions existantes, dont Tétude sera faite plus loin.
Quels sont maintenant les motifs qui ont poussé les Européens à suivre la même voie que les indigènes, et à accorder aux céréales une aussi large place dans leurs cultures '? 11 semble cependant que leur situation pi'cuniaii-e, généralement supérieui-e à celle de l'indigène, eût dû les inciter à entreprendre des cultures plus largement rémunératrices. Il convient évidemment de mettre à part certaines régions, comme celle de Sétif, que leur altitude et leur climat spécialisent forcément dans cette culture, qui y donne des résultats supérieurs à toute autre.
Mais les cérales sont souvent semées aussi dans des terrains où la vigne, l'olivier, pourraient prospérer, où la production fourragère pouirait permettre l'élevage tlu bétail. D'où vient cette préférence pour le blé ? C'est que, cotnme le fait remarquer M. Varlel, quand les nouveaux colons, recrutés par l'administration, ne sont pas extrêmement riches, ils comiruMicent par semer des céréales. Et ce n'est qu'un peu |)lus tard, (juand le colon aura fait quelques économies pour assurer le défoncement préparatoire, que la vigm» remplacera le blé. C'est donc pour l'indigène comme [)oni" le colon TabsiMicc d'un capital important qui milite en favcni- di- la culture céréalifère. De sorte que les premières cultures df blé faites par les nouveaux colons se rappi-ocbent ilc celles des Arabes par rimpei'fection des labours et la simplieilé des assollemenls.
Tandis que les indigènes accordent la [>rélérence au\
orges et aux bics durs, plus rustiques et d'une conservation facile, les Européens cultivent à peu près également l'orge, le blé dur et le blé tendre.
Mais le trait véi'itablement diftei'entiel des deux cultures, c'est que la production européenne est plus régulière .- les superficies ensemencées chaque année demeurent semblables ; les emblavures des indigènes présentent au contraire des variations considérables : c'est la conséquence de leur état précaire (|ui rend chaque récolte tributaire de la précédente et diminue la quantité disponible pour la semence quand l'année a été mauvaise.
Le mode de culture varie nécessairement suivant la race considérée : le Kabyle est peu producteur de céréales ; l'Arabe au contraire, cultive beaucoup le blé dur, approprié au climat et au sol : c'est la saison des pluies qui donne le signal du commencement des labours. Quant aux Européens, la superficie des céréales cultivées par eux atteint 31,48 0/0 de la surface cultivée contre 28,36 0/0 en France. La culture du blé varie suivant les régions: la Mitidja, région des plaines à climat marin et à culture intensive ; le Chélif, région de plaines très exposée à la sécheresse et où la culture prend la forme extensive ; la région de Sétif, présentant déjà le caractère des Hauts Plateaux, à climat plus rigoureux; enfin la région de Sidi-bel-Abbès, remarquable par une culture plus soignée, un assollement rationnel, et des préparations culturales bien comprises.
Il convient d'ailleurs de remarquer que les blés algériens, tendres ou durs, sont tous des blés d'automne. Le blé dur trouve surtout son utilisation dans la nourriture de l'indigène et dans la fabrication des pâtes et des
semoules; quant au blé touJi'»;, il est utilisé en oiinoterie et très recherché sur le marché de Marseille.
Les grains nne fois récoltés, sont emmagasinés pour altendre la vente. Les indigènes les conservent, vendant seulement ce qui dépasse la quantité nécessaire pour leur consommation et l'ensemencement de leurs terres, ils n'envoient donc généralement leur grain sur le marché que [)eu à peu, au fur et à mesure de leurs besoins, sans tenir conipte des cours. Los colons apportent au contraire un peu plus de calcul dans le choix de leur moment de vente, et ce d'autant plus que leur pi'oduction [l'est pas, comme celle des indigènes, presque entièrement consommée par eux-mêmes. La vente des céréales donne même lieu, daris le dé()artement d'Oran notamment, à de grosses spéculations.
Le blé destiné à l'exportation passe presque entièrement par Marseille ; il en résulte que le cours du blé algérien est réglé par celui du marché de cette place; mais il est extrêmement sensible et ses fluctuations sont plus fréquenles et plus accentuées que celles du marché de Marseille.
L'avenir paraît favorable aux céréales algériennes : leur qualité leur permet de lutter avec cidles des pays qui importent en France, d'une part; et d'autre part, l'accroissement continu de la [)()pulalion. de reltMuent musulman surtout, permet de pi-évoir un accroissement de la consoiniiiatioii intérieure de lAlgt'rie.
Dès avant la contjuète IVan(;aise, la culture importante de l'Algérie était donc celle des céréales, praticpiee suivant le système qui a été exposé plus haut. Mais nue terre ne donne pas iudétinimenl des récolles de ceiéales ; la nécessité d'un assollement s'impose. On a vu ijue
Philippar 3
c(3lui qu'avaient ado|)té les Arabes était très simple : c'était rassollenu'ul l)i(Minal, jaclière-l}lé, s'a(la[>tant d'ailleurs merveilleusement à leurs besoins et à leurs mœui-s. C'est ce système (jue les colons français trouvèrent en vigueur à leur arrivée en Algérie; c'est ce système qu'ils devaient bientôt adopter également, faisant suivre la jachère morte d'une céréale, et parfois de deux, quand les terres avaient pu recevoir une fumure. Cet assollement assure, dans une certaine mesure, la restitution de l'azote du sol, mais il n'apporte ni potasse ni acide phosphorique. Aussi at-il pour résultat un appauvrissement lent, mais incontestable du sol. C'est pour atténuer cet appauvrissement que diverses régions de l'Algérie, et particulièrement celle de Sidi-bel-AbbèsetdeSétif ont adopté \a jachère travaillée : la terre i-eçoit dans le courant de l'année de repos, et spécialement au printemps, plusieurs labours, qui, outre l'avantage de nettoyer le terrain, présentent surtout celui de rompre la capillarité et d'empêcher l'évaporation d'une portion de Teau conte nue dans le sol.
Mais ce procédé n'est évi(1emment qu'une amélioration assez faible d'un mode de culture encore primitif. M. Bourde, dans un opuscule paru en 1894 (1), faisait la criticjue de ce système de culture qu'il traitait d' « agricultui-e barbare ». Et exandnant quelles modifications il convenait d'apporter au régime agricole qui avait été jusque-là celui de la colonie, il dénonçait l'appauvrissement continu du sol, rappelant que l'assollement biennal est le plus ancien et le plus rudimentaire de tous, celui que pratiquaient au xviii** siècle les provinces de France, à
1 . Le mal de l'Algérie, six lettres adressées au journal « Le Temps » par un vieil algérien. Paris, Pariset, 1894.
l'époque où les parcourait AiLhur Young. M. Bourde exposait (jne la resliliilion au sol dos éléments disparus ne pouvait être réalisée que pai- l'abondance de la fumure. Cette fumure ne saurait être obtenue que par la présence dans l'exploitation d'une quantité suffisante de bétail. Ce bétail lui-même ne pourrait être entretenu que si on avait pour le nourrir une production fourragère suffisante. Le mode tie cultuic rationnel ap[)araît donc comme devant substituer à la jachère les cultures fourragères ; c'est la marche qu'a suivie en France le progrès agricole. De soi-te que, passant en revue les div<'rs programmes proposés pour la solution de la question algérienne, régime de l'aulonomie ou régime des rattachements, M. Bourde concluait : « Ce dont TAIgérie a le plus besoin, c'est d'avoir une plante fourragère à faire entrer dans ses assollements ». il n'exposait d'ailleurs les données du [X'oblôme que pour indicpier la solution (jui lui semblait délinitive : c'était la culture du Sulla (Hedysarum coi'onai'ium) et du Cactus sans épines i^Opunla ficus indica). La culture du sulla lui pai'aissait surtout devoir prendre dans les assollements algériens une place prépondérante.
MM. Rivière et Lecq dans leur manuel publié bien après le travail de M. Bourde cité ici, déiioucent avec une certaine amertume la déception des (vspérauces fondées sur le Sulla. Ils ne méconnaissciil pas i'ap|)auvi'issement continu du sol, résultant de l'assoliemeul liieniial ; ils reconnaissent volontiers tju'il y ani-ail lieu de niodilicr ce mode de ciillure, mais ils exauiiiienl avec scepticisme les divei's moyens pi'oposés : la proiluclion fourragèrt^ suffisante leur semble difficile à obtcnii- à i-aison des sécheresses annuelles.
La question du climal e.L de la sécheresse domine donc tout : l'Arabe ne veut faire (pie l'efforL stiiclement nécessaire, esliniant que si la pluie ne vient pas l'aider, Ions ses efforts seront vains. Le colon à son tour vient dire : (( Je ne |)uis avoir de fumier sans bétail, de bétail sans fourrage et de fourrage sans pluie. Si j'engage pour l'achat de mon bétail un certain capital, ce capital sera perdu si la pluie ne vient pas ». Aussi c'est avec la plus grande incrédulité que MM. Rivière et Lecq parlent « de la même idée chimérique caressée par des agriculteurs de nos jours : trouver des plantes fourragères susce[)libles des'accommoder aux vicissitudes de noti-e climat ».
On a réussi cependant à déterminer certains types d'assollement qui ont donné de bons résultats. Tel celui que M. Arlès-Dufour pratiquait dans la Mitidja. Sur une forte fumure de 80.000 kilogrammes de fumier de ferme à l'hectare, les cultures se succédaient de la façon suivante :
1" année : Fourrages, fèves, ou vesces suivies d'un maïs fourrager ;
2e — gié Jur ;
3» __ Fourrage (jachère pâturée et fauchée) ;
4e — Blé tendre ou lin ;
5e — Opge ou avoine.
Mais les céréales furent sujettes à la verse et le système fut abandonné pour l'assollement triennal dans lequel la troisième année était occupée par une culture de maïs. C'est ce dernier type, modifié suivant les circonstances,qui est resté le plus usité dans la Mitidja. Mais cet assollement, exigeant une forte fumure, et par conséquent des capitaux importants, constitue l'exception : l'assollement
biennal demeure au contraire la règle, amélioré clans certains cas par la perfection des façons culturales et transformé parfois par le système de la jachère cultivée.
Dans l'ensemble, les systèmes étudiés n'ont donc que médiocrement réussi et l'on n'a pas pu, en somme, adopter une formule générale pei'mettant d'assurer, par une rotation raisonnée des cultures, la restitution normale des éléments enlevés au sol par les céréales. Ce résultat ne saurait être en effet obtenu, comme on l'a vu, que par l'introduction de deux éléments :
1° Les cultures fourragères ;
2" Un cheptel vivant plus important.
La première condition est entravée par la (piestion de la sécheresse, qui ne pourr-ait évidemment recevoir de solution que par l'amélioration du régime hydraulique de l'Algérie, question de [)remière importance sur laquelle on reviendra [)lus loiii.
Quant à la seconde question, elle est subordonnée tout d'abord à la réalisation de la première, ensuite à l'abondance des capitaux et du crédit. C'est, en effet, fré- (luemmcnt le man({ne de capitaux (jui force le nouveau colon à adopter un mode (\c cultui-e voisin de celui de l'indigène. A l'élevage du bétail par \o colon, on a tait une autre objection : l'indigène élevant et engraissant à meilleur marché cpie le colon, ce dcruiei' n'a pas intérêt à entreprendre une opéralion ayant pour seul avanlage la production du l'iiniicM' : mais nous veri'ons (pi'en gênerai l'indigène fait surtout l'élevage pendant (pie le colon l'ait l'engraissement ; les deux spiuMilations senihlent donc pouvoir s'accorder et permettre la coopei-alion de l'indigène et de l'européen.
Si l'on cherche maintenant à résumer d'un mot la situation, résultant de hi prépondérance de la culture des céréales, ou constate qu'elle détermine un appauvrissement du sol autjuel, seule, une abondante application de fumier pourrait remédier, et pour cotte production de fumier, deux éléments sont nécessaires : l'eau et les capitaux.
B. — Le bétail I. — Race bovine
La population bovine du nord de l'Algérie constitue pour Sanson une variété de la race ibéricjue ; elle présente deux types distincts et intéressants : le bœuf deGuelma et le bœuf marocain.
La variété de Guelma présente l'avantage d'un squelette affiné et de dispositions remarquables à l'engraissement rapide et facile. Son seul défaut est son manque de taille, conséquence probable de la vie assez dure que ce bétail est condamné à mener dans un pays où les alternatives de la température le condamnent à des jeûnes rigoureux entre des périodes tl'abondance.
Le type bovin de l'Algérie est merveilleusement adapté au climat : rustique, vigoureux, agile, il résiste sans effort aux périodes de sécheresse; et (|uand l'abondance revient avec la pluie, il reprend facilement le poids nécessaire pour devenir animal de boucherie.
La production du bétail bovin comprend deux phases bien distinctes : l'élevage et l'engraissement.
L'élevage est pratiqué simultanément [)ar l'indigène et par l'Européen.
II est surtout pratiqué j);!!- l'indigène, ce qui revient à dii'e (juil l'est suivant des méthodes généralement défectueuses. La liberté la plus complète est laissée aux animaux (jui vivent en toute promiscuité; l'accouplement se fait donc sans sélection et sans discipline aucune. Il en résulte une proportion assez importante tie mises-bas hors saison. Les piotloits ainsi obtenus sont rabougris et sans valeur. Les naissances normales ont lieu de décembre à mai's. Les veaux se développent inégalement suivant les circonstances climatériques de Tannée et sont veridus entre 15 et 30 mois à des colons.
Les Européens se livrent peu à rélevage. Us préfèrent acheter aux indigènes de jeunes bètes, et employer ainsi leui-s ressources fourragères à engraisser des animaux en élat den acquéiii" une plus-value rapide.
En dehors des cas assez rares où l'Européen pratique l'élevage du veau de lait ou la production (\u lait |»our la vente en nature, il abandonne presque entièrement aux indigènes la production du jeune bovidé.
C'est un inconvénient, en co sens que les sujets produits présentent des défauts qu'un élevage rationnel permettrait d'éviter : il est certain, notamment, qu'un animal ayant souffert [x-ndant ses [)remièfes années de périodes de disette, atteindra rarement plus lartl la valeur (pi'on eût pu espérerd'un animal ayant reeu dès l'origine et sans discontinniié une alinientalion sullisante. Mais c'est un avantage en ce sens (pie celte division tin travail permet la coopéialion de l'indigène et du colon et eonslilue pour le premier un ('lément de richessi'.
Le jeune animal, produit par l'indigène el acheté par le colon, doit être ensuiteengraisse.il l'est suivant des systèmes différents.
Le plus simple, fréquemment usité, est celui dans lequel le jeune animal est employé aux travaux de labour. Due nourriture assez ordinaire suffit à le maintenir en élat. Puis, quand il a atteint l'âge de o ou 6 ans. qui est celui du développement maximum, il est soumis à une période d'engraissement de (pielques semaines, qui sulfità l'amener à un état suffisant poui- le présenter au marché.
C'est le bœuf dit de colon, généralement vendu pendant l'hiver pour être consommé sur place. Les éléments employés pour la nourriture ne sont généralement pas d'une qualité remarquable; le point important est surtout de conserver des réserves pour les années de sécheresse.
Ce mode d'engraissement rudimentaire n'est pas le seul; on pratique concurremment l'engraissement au pâturage et l'engraissement à l'étable.
L'engraissement au pâlurage s'effectue au printemps; les animaux, lâchés d'abord sur les chaumes, sont introduits dans les pâturages aussitôt que l'herbe commence à pousser, et une période de 3 mois suffit pour les mettre en état. « Achetés pour 50 à 70 francs à rais ui de « 0 fr. 40 ou 0 fr. 50 le kilogr. sur pied, ils font au prince temps (avril, mai, juin) de petits bœufs de 90 à 100 kgr. « et sont vendus à Marseille de 1 fr. 10 à 1 fr.20 le kgr. « net » (1). Ces jeunes bœufs d'herbe, surtout produits dans la province de Constantine sont très recherchés à Marseille où on les désigne sous le nom d'Agemis ou bœufs de Bône.
L'industrie de l'engraissement à l'étable est plus rare.