‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 30 sur 117 · I. Rivière et Lecq, 0J9. cit · texte numérisé non relu

I. Rivière et Lecq, 0J9. cit

Elle ne doit porter que siii- des sujets déjà en bon état. Elle demande un approvisionnement assez considérable en fourrages variés. MM. Rivière et Lecq estiment qu'il faut dépenser 70 francs au minimum par animal, non compris l'intérêt du capital employé à l'opération, le loyer du local et les frais de main-d'œuvre. Ce pourcentage plus élevé des dé[)enses fait qu'une semblable entreprise ne peut réussir qu'aux environs d'un centre important, oîi cette viande trouvera sori écoulement pendant l'hiver, entre les mois de décembre et de mars, au moment oîi elle est l'are et chère. Ce mode d'engraissenjent est surtout important aux environs d'Oran.

Telles sont dans leurs grandes lignes les diverses spéculations auxquelles donne lieu l'élevage du bétail bovin. Cet élevage pourrait subir diverses améliorations : la première concerne la nourriture : mais celte question est solidaire de celle de la production foui'ragère dont on a montré plus haut la difticulté, en même temps que l'importance.

Un autre but, qui s'impose à l'attention des éleveurs, est le perfectionnement du type même de la race. 11 semble que le croisement avec les races supérieures puisse être parfois adopté avec avantage. Toutefois, en général, la sélection |)aralt êti'e le proeéilé le plus à recommander. On se trouve, en etrel,(Mi pi'éseiR-e diiin' race acclimatée, répondant aux besoins du |»ays; la sagesse parait com mander il e la conseivci" en l'aiiielioi ani . Les efforts dans ce sens doivent poiler sur trois points :

1'^ Sur la naissance du sujet (|ue l'on devra s'elTorcer d'obtenii' à époipie convenable et de pai'ents soigneusement choisis eux-mêmes ;

2° Sur l'alimentation de l'animal pendant sa jeunesse :

mais c'est la queslioiule la [)i()(liiction fourragère (j ni vient se présenter à nouveau ;

3" Sur le choix du reproducteur.

Les débouchés du bœuf sont donc les suivants :

1° La consommation sur place, dans les centres plus ou moins importants, consommation à laquelle le bœuf de colon paraît devoir donner satisfaction ;

2° La consommation des centr-es urbains, qui sera alimentée au printem[)S par les jeunes bœufs d'hei'be, et l'hiver par les bœufs d'étable;

3° L'exportation, qui, actuellement, porte surtout sur les bœufs d'herbe, dont le marché est Marseille.

Le rôle du bœuf n)arocain. pour être nécessaii'ement moins important que celui du bœuf algérien, n'est pas cependant à négliger. Cette variété rend les plus grands services à la région de l'Oranie.

(( Les bœufs marocains ne ressemblent pas aux bêtes « chétives et de petite taille qu'on rencontre d'ordinaire « en Algérie et en Tunisie : ils rappelleraient parfois, (( d'après certains témoignages, les bestiaux de la Nor- (( mandie ou de la France centrale » (1). Ce sont des animaux rustiques et grands producteurs de viande, aussi les colons ont-ils le plus grand intérêt à les acheter pour s'en servir comme travailleurs, puis les vendre à la boucherie après lesavoii' mis en état. « Le marché le plus impor- « tant est Rabat, sur la côte ouest du Maroc. Il est ali- « mente en avril, mai, juin par les bœufs gras des Zem- « mours et des Zaïrs ; en juillet, août et septembre, les « bœufs de Doukkala et de Chaouia sont envoyés sur les

1 . Augustin Bernard, Les productions, l' ngricullui'e et l'industrie au Maroc, Revue générale des sciences pures et appliquées, igoS, p. 82.

« forts marchés de Mazagi-m et des environs. Les achats « effectués sur ces points prennent deux directions : € Tanger et Marnia » (1). C'est donc le marché de Lella- Marnia qui est le plus grand point d'approvisionnement des colons algériens.

« Sur le chiffre total de 22 millions qu'atteint la

< moyenne des importations du Maroc en France, le « bétail (bœufs, moutons, chèvres, etc.), représente

« 34 0/0 Le bétail, dont l'importation s'effectue par

« la frontière de terre, séjourne sur les parcours d'Algérie

< pour y pacager et y subir une période de repos et d'en- « graissement avant son embarquement à destination de a la métropole. C'est ainsi qu'en 1901, FAIgérie a reçu « du Maroc 42.000 têtes de gros bétail et plus de « 290.000 tôles de mouton. Après un séjour plus ou « moins long en terri toii'e algérien, où ils se cou l'on - « dent avec le bétail indigène, ces aiiiiiiaux sont dirigés « sur les ports métropolitains, oi^i ils sont admis en fran- «f chise des droits sous le bénéfice de l'origine algé- « rienne » (2).

On voit, qu'il s'agisse du bétail algérien ou mai'ocain, que le cycle est toujours le même: l'animal produit par l'indigène est acheté par le colon, puis engraissé et revendu par lui, suivant les divers modes énumérés. Voui (jiie ces opérations soient acconq)Iies dans les ineilicuics conditions [)()ssibles, on est auKuié à coiislalei'. là t'Di'on». la nécessité d'une production fouiragère aboiidatilc. coodition nécessaire, (»n l'a déjà vu, à l'tHpiihbi'c de la ciiltuic des céréales.

I . lîrriiioiul, i)i Riviri-c cl [,t'C(|. C(. Aiigtislin liernard, loc.

2. P. MoiicIkm'ohI. ?s<)s rr/iili())i.< C()iii>iir)riii/r:< atrc II' Mmoc. lUiU. de l'Ofi". des rens. gon. du j^oiiv. i;('ii. del'Alg., i()o3, p. 5(>.

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