I. Dugast. Les vins d'Algérie, Alger, Giralt. iqoo
divise en vins de plaines, vins de coteaux et vins de montngne, variables d'ailleurs suivant leur provenance. C'est le vin rouge (jui domine. La vinification, rendue difficile [)ar la température élevée à laquelle elle est généralement faite, a été le grand écueil de la production algérienne.
De grands efforts ont été tentés .pour y remédier et la réfrigération des moûts, actuellement pratiquée, a donné de bons résultats. Mais la majorité des vins algériens reste de valeur médiocre, et pro|)re surtout au coupage. Il y a bien entendu des exceptions. M. Dugast distingue : i° les vins très délicats d'une qualité réellement supérieure; 2" les vins de consommation courante, et enfin, 3" des vins très alcooliques, forts en couleur, particulièrement propres aux coupages. C'est surtout cette troisième catégorie (|ui est reclierchée en France, d'autant plus que les vins algériens, ariivant de bonne heure sur le marché, sont très demandés pour rajeunir par coupage les vins de l'année précédente. D'ailleurs, les producteurs algériens affirment que le goût du public est insutfisamment fait, et que la différence de prix entre les divers vins n\'st pas pi'opoi'tionnelle à la difterence des (jualilés. Toutefois, il y aurait ()lutùt tendance, dans l'ensemble, à l'amélioration de la (|nalité, [)ar suite de la taille courte praticpiée par les vignerons en raison de la pléthore des dernières années, taille cjui a pour résultat, en diminnaiil la production, d'accroître la rii-hesse ou sucre et partant en alcool (1). De plus, l'abondance de ces dernières années aura pour effet de pousser les viti-
1. Mi'inlz, Coinptc niidii des séances de l".\c.idi'iiiit> des Siienecs. T. CXXXIV. pp. ")()•.. et 5;5. Cf. PP. D.'li.r.iiii. La rrisf riUro/r ,iu J/ù/j, Agricull. JModei'iie, ipoa. p. -l'Ay
culloiH's à rechercher désormais la qualité pluLùt ([ue la quantité.
L'achat des vins est généralement effectué en Algérie par (les courtiers agissant pour le compte de maisons IVançaises. Ces courtiers achètent la récolte tantôt sur pied et d'avance, tantôt après la veiidange Ils règlent le viticulteur, en général, partie comptant et partie à terme. Le gi'os des transactions s'effectue entre se[)tembre et décembre; les opérations se ralentissent alors pour l'inventaire, et le reste de la récolte se vend après janvier.
Depuis quelques années, on fail en Algérie des vins alcoolisés dits Mislelles, obtenus par l'addition dans la vendange d'une assez forte quantité d'alcool (17 litres à 95° pour 200 Ivilogr. de raisin).
D. — Cultures diverses
On a vu les trois grandes sources de richesse de l'Algérie agricole : les céréales, le bétail, la vigne. Ce n"est pas tout. Un certain nombre d'autres cultures sont pratiquées et il importe d'en dire un mot. Mais le mouvement des capitaux qu'elles déplacent est bien moindre et le crédit qu'elles exigent bien moins considérable.
En premier lieu, l'olivier. C'est un des éléments qui ont contribué puissamment à la richesse des provinces du nord de l'Afrique sous l'occupation romaine.
« Quand les Arabes envahirent le pays, ils firent un immense butin; « l'un des chefs de bande, Abdallah ben Saad, ayant demandé d'où venaient tant de richesses, un habitant ramassa une olive : — De là, dit-il » (I).
I. V. Bourde, L'olivier en Tunisie, Annales agronomiques, T. 18, p. 82.
L'olive est encore actuellement l'une des productions importantes de l'Algérie.
(( L'Algérie consomme plus de 28 millions de kilogr. « d'huile par an. Elle produit, à l'exclusion de toutesautres (( huiles comestibles, 25.000.000 kilogr. d'huile d'olive ; « elle en exporte 6 millions et pour combler le déficitqui s( re|)résente un tiers de sa consommation, elle im[)orte « environ 9 millions de kilogr. d'huiles de toutes grai- « nés »(1) La culture de l'olivier a d'ailleurs été l'une des premières entreprises pur les colons. En 1837, 60.000 sujets étaient déjà mis en valeur. Mais cette culture n'a pas été très suivie. Peut-être faut-il alti'ibuer ce fait à quelques échecs subis au début par des oléiculteurs inexpérimentés; peut-être faut-il simplement y voir une conséquence de l'engoûment des capitaux pour la vigne. Etant donné les difficultés bien moindres de la culture de l'olivier, il y a tout lieu d'en souhaiter le tléveloppement, en raison surtout de l'accroissement de la population musulmane, pour qui l'huile d'olive est un aliment de première nécessité. Comme le font remarquer MM. Rivière et Lecq, « cette dernière considération, non sans importance, laisserait entrevoir [)our l'avenir des débouchés assurés dans le sud et à l'extrême limite de nos possessions sahariennes voisines du Soudan central ».
Le gouvernement généi'al de IWlgiM-ie a d'ailleurs pris des mesures poui' faciliter la civ'alion de p(''piiiières destinées à fournir des plants aux colons. Comme la vigne, l'oliviei' exige également une première mise de fonds (pii reste improductive pendant les premières années. M. Mares estime à 1.000 l'ran.-s la dépense à engager
i. Mai-«;s, L'olioicr l'ii Alficyic, |->iill OU", lu'iis. ojcn. dr l'.VIj;. i()'>'.>. Supp. ij..
pour 100 plants, qui reslent environ 3 ans sans rion pi-oduire, pour arriver progressivement à donner an bout d'une dizaine d'années un revenu de 300 francs.
A côté de l'olivier, il faut faire une place aux orangers, citronniers, mandariniers, cédratiers, qui, on l'a vu, s'accommodent à merveille du climat marin. Ces arbres sont réunis en plantations régulières désignées sous le nom d'orangeries. D'après M. Lecq (1), les frais de premier établissement pour 1 hectare s'élèvent à 2.575 francs; le revenu net moyen s'élève progressivement [)our atteindre 600 à 1.000 francs.
11 faut noter également comme intéressante la culture du tabac.
Ce fut en 1844 que l'Etat français commença à faire acheter des tabacs en feuilles en Algérie, pour une vingtaine de mille francs. En 1854, les achats s'élevèrent à plus de 2.500.000 francs et l'Administration achète annuellement pour 3 millions (2). Les quantités achetées en 1901 ont été de 2.600.000 kilogr., et en 1902, 3.200.000 kilogr. On a voulu, en augmentant les achats, atténuer la crise agricole qui [)esait sur l'Algérie (3).
Enfin, depuis quelques années, la production des primeurs, notamment des pommes de terre, artichauts, petits pois, tomates, etc., a pris un développement très important, surtout dans les environs des centres tels qu'Alger et Oran (4).
Il était intéressant de notei' ces trois branches de la production agricole.