I. Colin, loc. cit
•1. En ce sens. v. la ([«■luisiliou dr ra<liiiiriisli-alriir ili> la cotimume iiiixh' (le Mascara, <|iii déclai'c (|iic riisiii-(\ qui est vkhIiic. «Milreli'imt', cncourai^i'c par les iiidiyrncs, a|>|)arail cunim»' moins dangereuse pour eux que les exécutions des élahlisseiuenls do crédit (^l'ensa, Comple-rendif, joiirmc du :>.G avril i8()?.).
que colles (|iii [xuiveriL i-ôsiillei' de prêts faits ii des taux trop élevés.
Lecolou, il est vrai, supporte eesconditions avec moins de philosophie que l'indigène. Tandis que ce dernier vit en bons termes avec son usurier, le colon lui eu veut. Peut-être le mouveuienl antisémite, (jui s'est produit il y a quelques années, avait-il ses causes lointaines dans cette l'ancune et cette jalousie de l'Européen pour la race travailleuse, sobre, économe, parfois peu scrupuleuse, à laquelle il avait dû recourir souvent.
Le colon serait assez disposé à croire qu'une action bien comprise du gouvernement abaisserait arbitrairement le taux de l'argent dont il a besoin.
Aussi a-t-on essayé, sans succès d'ailleurs, de moyens législatifs. Une première tentative de limitation du taux de l'intérêt, en 1849, dût être abandonnée, et le général d'Hautpoul, ministre de la guerre, déclarait que l'arrêté « avait complètement manqué son but ou plutôt avait été directement contre son but », car tout essai de limitation du taux de l'argent a pour conséquence d'augmenter ce taux par suite de l'accroissement des risques du prêteur, qui ne laisse pas échapper ce prétexte d'augmenter son tarif. Malgré cet essai infructueux, la loi de tinances du 13 avril 1898 a limité l'intérêt conventionnel à 8 0/0 et l'intérêt légal à o 0/0 en matière civile et commerciale; cette disposition est restée sans effet aucun, comme il était facile de le prévoir : <.< Tant qu'il y aura des gens (( imprévoyants et des gens avides, dit Burdeau, et qu'ils « pourront se rencontrer, l'usure saura s'introduire dans (( leurs transactions. »
Le taux élevé de l'intérêt en Algérie, et c'est là la conclusion à laquelle aboutit cet ex posé, n'est pas simplement,
comme on veut le faire croire, la résultante de l'avidité des uns et de la naïveté ou de la détresse des autres, c'est la conséquence forcée de la situation d'un pays qui possède peu d'ai'gent quand tout le monde en a besoin de beaucoup. Car il en faut à l'indigène, pour lui et pour ses khammès, car il en faut au colon, pour toutes les opérations qu'il peut entreprendre.
En face de ces besoins de crédit, quelles sont les institutions destinées à les satisfaire ? C'est ce qui va être examiné maintenant.