Seignobos, Histoire politique de l'Europe contemporaine
sédentaires, dit M. Gauwès, l'agriculture est la première à naître et la dernière à se transformer en industrie savante et perfectionnée; c'est en effet celle qui exig-e, pour arrivera son plein développement, les plus vastes connaissances de la nature et les appropriations les plus ingénieuses des moyens de production'. »
La première raison qui explique, en efTet, celte inconstance est le g-rand nombre des sciences sur lesquelles s'appuie l'agriculture.
Une seconde considération dont l'importance est également très grande, c'est que l'agriculture dépend directement de phénomènes climaiériques ou météorologiques qui ne peuvent actuellement être ni prévus, ni réglés, si ce n'est clans des cas assez rares, et dans une faible mesure.
On doit également remarquer, et c'est un fait qui a été souvent repris par les économistes, que l'agriculture est moins apte que toute autre industrie à se prêter aux règles de la division du travail.
Alors que partout ailleurs, la ilivision du travail est poussée jusqu'à son extrême limite et donne les plus grands bénéfices, elle est inapplicable et souvent désavantageuse dans rexploitation agricole.
Ces trois groupes de faits tiennent à la nature même des choses; leur importance peut évidemment diminuer avec le temps, mais leur principe n'en reste pas moins absolu. 11 y a une autre cause d'infériorité de l'agriculture qui a été souvent discutée et qui a soulevé de très nombreuses questions : c'est celle qui provient de la difficulté qu'éprouve l'agriculteur à se procurer du crédit. Toutes les fois que, dans des moments de crise, on a voulu aider les populations rurales, des propositions ont été émises, tendant à créer ou à améliorer des institutions de crédit rural. El cependant, malgré cette unanimité, bien des discussions ont été soulevées sur le point de savoir si ce mode spécial de crédit était réellement nécessaire ou utile.
Le crédit cependant est considéré comme la base nécessaire à toute opération commerciale. Le commerce ne peut vivre sans crédit. Cette vérité est tellement évidente, et les usages du commerce à ce point de vue sont tellement spéciaux, (jue partout les commerçants et les actes de commerce sont régis par un droit