‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 51 sur 117 · Garrot, op. cit · texte numérisé non relu

Garrot, op. cit

On a beaucoup reproché à la Banque ces opérations, qu'on qualifiait de prêts hypothécaires : l'exposé qui a été fait du mécanisme des crédits de campagne permet de se rendre com[)te de l'engrenage qui a entraîné la Banque : les crédits d'abord consentis pour une saison ont été renouvelés pendant deux ans, trois ans ; le revenu du vignoble a été trop tardif ou trop faible pour permettre le i-emboui'seinent. t^a Banque voyant s'accumuler les renouvellements impayés, a senti qu'il falhiit enrayer, (jn'il lui était impossible de soutenir de son crédit la masse énorme de ses débiteurs, licaucoup de crédits, suivant l'usage exposé, étaient garantis par des insci'iptions hypothécaires, consenties, soit au moment du [)rèt, soit postérieurement. La Banque était acculée à l'expi-oprialion. Mais le prix (h^s terres avait baissé, d'oià nécessité pour elle de l'epi-endre un certain nombre de domaines dont le prix de vente eût été par li'()|) désastreux.

La Ban(jue d'Algérie avait ouvert trop largement des caisses : peut-être les ret"erma-t-elle trop l)rus(jU('ment. L(ïs mouvements d'uiu; association impersonnelle sont moins pondérés que ceux d'un individu, et les rouages d'une administration fonctionnerit l'arement sans heurts. Le Directeui' nouveau, nommé avec des instructions déterminées, devait nécessairement s'y confoiuier avec rigueur, et appelé à licpiidei' des opérations qu il n avait pas lui-même engagées, (ju'il connaissait donc imparlaitemenl, il n'avait sans doute pas une conscience assez nette des situations poni' oser ;dlei' dans certains cas, juscpTà la limite des concessions [)ossil)les. H i'anl ajoiileià ces divei's l'aclenrs l'horreur du bi'uit, la crainte ^\[\ député, la terreur de rinlerpellalion (pii plaiu> sur tonte administration relevantdelElat.et ciniilevaientavoir pour

effet d'inspirer à la B.uKjue le désir* le plus vif de liquider à la hâte K; passé, d'effacer la Irace des erreurs et de rendre bien vite à ses écritures un scndilaiil de ré^iilarilé, avant (jue la clauicur puMicpie n'eût provoijuc'; des enquêtes retentissantes v,[ [)ai"tanl désasti-euses. Si tel était l'état d'esprit de la Direction, on comprend facilement quel pouvait ètrt; celui du ()ersunnel, désireux de se sii^naler par son zèle, et d'autant plus disposé à appliquer rigoureusement les insti'uctions (ju'il avait reçues, qu'elles lui étaient données [)ar un chef nouveau et (jue tous sentaient venir l'orage. « Il est vrai, ditGai'rot, que « le Directeur est admirablement secondé pai- son person- « nel ; quand il dit tue, les autres assomment. » El à ti-avers l'exagération el le parti-pris, on sent qu'il doit y avoir là un reflet de la vérité.

Entin, les questions politiijues étaient venues envenimer encore les questions d'intérêt.

De tout temps, on avait prétendu que certains crédits étaient ouverts grâce à des influences politiques; bien entendu ces mêmes influences furent considérées comme s'employant efficacement pour déterminer ou em[)ôcher les rigueurs delà Banque. « Les périodes électorales four- « nissaieutune excellente occasion de reviser les fiches. « Ce n'était pas la solvabilité financière du débiteur (ju'on ({ examinait, mais bien ses sentiments politiques, etc.» (1).

La crise immobilière et V interpellation Goirand (1892)

Cependant la crise qui sévissait en Algérie occupait de plus en plus l'attention de la métropole; le Sénat nom-

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