‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 52 sur 117 · BarJjedelie, La vérité sur la Banque de l'Algérie · texte numérisé non relu

BarJjedelie, La vérité sur la Banque de l'Algérie

inait le 6 mars 1891 une commission d'enquête de dixhuit membres chargée d'étudier la situation de l'Algérie et les tuesures à prendre, et cette commission parcourait l'Algérie du 19 avril au 4 juin 1892.

Sur l'intensité de la crise, aucun doute, tout le monde était d'acconl. « La diminution de la valeur des propi'ié- « tés est telledepuis une dizaine d'années qu'à Misseghin, « à 15 kilomètri's d'Oran, une propriété de 60 hectares, « dont 30 en vigne, a été vendue, en y comprenant les « caves et le matériel, o'2.000 francs. Elle avait été mise « en valeur avec une dé[)euse de plus de 150.000 francs « (journée du 26 avril 1891) »

Tous étaient unanimes à attribuer cette crise au brus- ([ue lesserremeiit du crédit, arrêté quand il aurait fallu au contraire tempoi'iser, et accorder aux colons de longs délais pour se libérer. La cause de cette crise avait été un ai'i'êt dans les opérations de crédit. M** Geccaldi, notaire à Gonstanline, déclarait tpi'on ne voyait plus venir ni capitalistes ni capitaux, tandis qu'autrefois, c'était le contraire. M. Bequet, conseiller d'Etat, déclarait (|ue si la Ban()ue avait été imprudente, elle était tout à coup devenue trop timide. Quant au Giédit Foncier, on l'accusait de pratiquer des taux Irop élevés. C'est à cette époque que M. Garrot publiait son livre et le dédiait à la coujuiission d'en(juête. En soiume, tout en (b'clarant cjue le crédit trop lai'ge était la causi; de cette ci'ise, on dt'clarail cpie ce (pii mauipiait, c'était l'argent; uKiis tout le monde était d'accord pour se plaintli'e île la lUuupic. les uns parc(> (pTcile avait ti'op prêh'. les aiihcs par^-e ipi elle ne pi'êlait plus. Aussi, devant celle coiilradu'lion apparente, M. le sénateur Labiche pouvait il dire avec (juelque raison : « On se plaint souvent (pi il n'y a pas assez

« (le crédit en Algéri(>, el, il sonible résulter des témoigna- « ges (|ue nous venons (rcntciidrc, (ju'il y en anrail Irop». A Lravei's l'ensemble un peu contradietoice des ténioif,mages, on voit ce[)endant assez bi(Mi la situation de la colonie, l)onl(!vei'sée par des expropriations (pii avaient transformé la valeur de la propriété, si bien que les capitaux effrayés se cachaient, en attendant (pie (juelques années de calme eussent permis à la valeur du sol de reprendre quelque stabilité.

D'autre [)artjes viticulteurs, (jui avaient eu une récolte trop abondante, ne pouvaient parvenir à l'écouler et essayaient en vain de constituer un syndicat de vente.

Si on ajoute à tous ces faits la baisse continue des actions de la Banque, qui, après avoir atteint le cours de 2.000 francs entre 1880 el 1885, oscillaient à cette époque entre 1.000 el 1.100 francs, on s'étonne que la question n'ait pas été portée plus tôt à la tribune. Elle le fut le 14 juin 1892 par M. Goirand, dans une interpellation sur « les bilans de la Banque de l'Algérie ».

M. Goirand refit devant la Chambre Thistorique de la Banque et des deux péi'iodes, dont la seconde commençait en 1881 par un doublement de capital « qui devait « faire ressortir au profil des actionnaires et du Conseil « d'administration un bénéfice net énorme de plus de « 25 millions ». Aussitôt la loi votée, l'augmentation avait été effectuée el la Banque avait essayé de fonder le crédit mutuel : « Ceux qui avaient besoin de crédit mutuel, « disait l'inlerpellaleur, étaient en généralceux(iuiavaient « peu de crédit personnel ». Il faisait ensuite le procès des 24 Comptoirs qui fonctionnaient de[)uis 1880. Ils avaient escompté 90 à 95 millions par an, soit pour onze ans 1 milliard environ. Il exposait les conséquences de ce

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