‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 56 sur 117 · OUO · texte numérisé non relu

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Le rôle de la Banque de VA Igérie au point de vue du crédit

agricole.

On voit qiiulk's ont été les alternatives traversées par la Banque de l'Algérie. PciitiMnl la |)r(^inière partie de son existence, c'est-à-dire jusqu'en 1881, elle fonctionne comme un établissement d'émission et d'escompte : elle ne contribue que faiblement au développement de la colonie.

A partir de 1881, au contraire, et sur l'invitation qu'elle en a reçu, elle ouvre largement ses caisses aux agiiculteurs, elle devient réellement une banque coloniale de crédit. Ce changement d'orientation la conduit à des déboires considérables et elle ne parvient que lentement à se tlégager des immobilisations qu'ont entrainées ses opérations. 11 convient d'ajouter que les circonstances économiques, et peut-être aussi les influences politiques, n'ont pas été sans effet sur le résultat définitif de ces opérations.

Néanmoins, l'expérience ayant démontré que le crédit agricole ne saurait cadrer avec les statuts d'une banque d'émission, la Banque est invitée à reprendre son rôle de Banque d'émission, et se voit imposer l'obligation d'une redevance devant servir à établir ce crédit agricole qu'on la prie de ne plus pratiquer elle-même.

On peut donc considérer la Banque de l'Algérie comme le premier établissement de crédit agricole en raison de trois groupes d'opérations :

1° les crédits consentis par elle aux agriculteurs ;

2" l'aide qu'elle a prêtée aux Comptoirs d'Escompte ;

3" les prêts de semence qu'elle a consentis dans différentes circonstances aux indigènes, exemple suivi d'ailleurs par les divers établissements de crédit dAlgérie.

Un fail domine l'histoire de la Banque de l'Algérie : le désir des pouvoirs publics métropolilains de la voir remplacée [)ar la Banque de France. L'idée de l'établissement de cette dernièi'e en Algérie, au début de la conquête, était, ou Ta vu, inadmissible, en raison de l'état économique du pays. Plus lai'd, en 1881, (piand on ne renouvelait le privilège de la BaïKjue qu'à condition qu'elle favorisât l'agriculture et le petit commerce, l'iutei'vention de la Banque de France n'était pas plus indiquée. ElU; devient moins impossible mainlenani que la Ban(|ue de l'Algérie s'est vu liaccr une ligne de conduite nouvelle, et que de nombreux établissements de crédit se sont créés à côté d'elle. Mais cette solution est peu désirée par les Algériens en général. On examinei-a plus loin, en étudiant le t'onctionnement du crédit, (juel doit être le rôle de la Banque d'émission algérienne et si la Banque de France peut remplir ce rôle

Quoi qu'il en soit, on peut dès maintenant constatei' que si la Banque de l'Algérie s'est écartée de sou but primitit", ellea puissamment coutribu('' à l'essor éconoini(pie d(^ la colonie, et elle a été la pi-emière à piaticpier ce crédit agricole (pii en est le pi'cmii'r besoin.

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