‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 61 sur 117 · I . Garrot, op. cit · texte numérisé non relu

I . Garrot, op. cit

(( vées à la période du plein ivndement, j'avais emprunté (( cette somme pour édifier mes caves et pour me procurer « mon matériel utile d'exploitation ; je l'avais em[)i'untée a sui" les sollicitations (l(!s membres dudit Com|)t()ii' (jui « me promettaient de me renouveler mes valeurs jusqu à « ce que le revenu de mes cinquante hectares de vignes me a periiiît de les rembourser ». Les inconvénients que la Banque avait subis devaient se reproduire pour les Comptoirs, d'autant plus rapidement que leurs ressources étaient plus faibles : leur ca[)ital entier devait se trouver rapidement immobilisé, soit quil fut entièretnent représenté par des valeurs de renouvellement, soit qu'il eût même été employé à l'achat d'immeubles.

On peut donc appliquer aux Comptoirs ce qui a été dit du rôle tie la Banque sur son crédit exagéré ; ils [)Oussèrent les colons à des plaiitations excessives, tiont le résultat fut une hausse des terres bientôt suivie d'une crise généiale. Leur situation pût se maintenir tant que la Banque les soutint de son crédit et accepta leurs renouvellements ; le jour où la Banque devait restreindre son aide, les Com|)toirs devaient se trouver acculés à la liquidation difticile et lente de crédits inconsidérés.

B. — Opérations basées sur des considérations politiques

On a vu comment les Comptoirs furent créés, grâce au concours d'un petit gioupe de personnes, guidées par le souci de l'intéièt général, et parfois aussi par celui de leur intérêt particulier. Le Comptoir créé avait nécessailement besoin, pour prospérer, de l'appui de personnages en vue, ayant l'habitude de se mettre en évidence et de parler en public; c'est évidemment dans le monde poli-

tique qu'on devait rencontrer le plus facilement les éléments nécessaires.

En échange des services rendus, ils recommandaient à la bienveillance du Comptoir ceux dont ils voulaient récompenser ou obtenir les services; le Comptoir devenait donc souvent l'instrument d'un parti, et ce, d'autant plus facilement que les luttes politiques prennent en Algérie une violence 1res grande. C'est cette hostilité entre partis qui explique d'ailleurs la création de deux Caisses voisines, comme on a vu le fait se produire pour Guelma et pour Mascara.

On conçoit facilement que des prêts consentis ainsi, uniquement ou principalement en raison des opinions des emprunteurs, devaient nécessairement occasionner de nombreux mécomptes.

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