‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 62 sur 117 · C. — Mauvaise administration · texte numérisé non relu

C. — Mauvaise administration

Ce grief se rattache au précédent. S'il y avait des cas où les administrateui's d'un Conq^toir tendaient à favoriser un parti plutôt qu'un autre, il airivait parfois aussi que ce fût leur propre intérêt auquel ils voulaient avant tout donner satisfaction. C'est ce que constate M. Ponchet dans la hrochui'c citée plus haut. « Sans coiili'edii'e (.( Ibniielieiiieiit à leurs slatiils. ililil, ([uel(|iies Coniptoii's « s'étaient insensiblement transfoi-més pai- le l'étrécisse- « meut du crédit, en Ban(|ii(>s (piasi-pai'lieiilières au pro- « tilde (pic iipics admihisii'ateui's ou gi'os aelioiniaires..., « (pii payant de mine el d'aploiul). au vu el an su d'un (( directeui- trop eouliant, piiisaieni en dehors de loiile (( prudenciî dans la caisse des Coiiq)luirs pour se main- « tenir el sauver leur situation personnelle. » Les faits

de cette nature furent en effet assez fréquents et c'est à raison que M. Poucliet déplore le sort des petits actionnaires, conviés à réparer « la ()rèche faite an capital (( social par notre personnage important, gros proprié- « taire obéré, grand viticulteur emballé ou négociant « aventureux, n'ayant recueilli (jue perles et déboires « de ses entreprises témérairement engagées. »

Donc, fiches trop grosses imprudemment ouvertes, soit à (les administrateurs, soit à de gros clients obérés, tel est le troisième grief que l'on reproche aux Comptoirs.

D. — Elévation trop considérable des frais généraux

On reproche également l'élévation trop considérable des frais généraux. Il est certain que dans quelques cas la proportion est incontestablement élevée.

Voici, pour quelques Comptoirs, les résultats empruntés à ï Exposé de la situation générale de l'Algérie:

Comptoirs

Bel-Abbès .

Mascara .

Relizane .

Exercice 1886

Chiffres d'agios

Frais généraux

Exercice 1887

Arba 22.641,30

Coléa 16.686,39

Exercice 1888 Bouïra 21.788

Ces quelques exemples suffisent à indiquer la proportion très forte des frais généraux comparativement aux bénéfices.

E. — Distribution de dividendes trop élevés

La distribution de dividendes trop élevés n'a pu se maintenir pendant longtemps, en raison de la situation par trop pi'écaire des Comptoirs d'escompte ; mais c'est une de leurs fautes initiales d'avoir, paraît-il, distribué pendant les premiers exercices des dividendes de 10 et [^2 0/0, au lieu d'employer les bénéfices à augmenter les l'éserves.

En l'éalité, si on considère la dernière stalisticjue publiée, celle de l'exercice 1898, on constate que la majorité est formée par ceux des Comptoirs qui ne distribuent plus de dividence. Cependant par contre, le Comptoir de Manugo, qui fait 46.698 francs d'agios avec un capital de 125.000 francs versé, distribue 25 0/0 de dividende. Celui de Coléa distribue 10 0/0 (32.119 francs d'agios avec 50.000 francs de capital versé.)

Tels sont, sommairement résumés, les reproches qu'on adresse aux Comptoirs ; on voit qu'ils sont très graves, et en général assez fondés.

§4 liapports des Comptoirs avec la lianquc (V Algérie

Les Comptoirs avflieni participé au mouvemout d'atVaires (|ui se produisit entre 1<S(SI et LSSd; ils soullVirent comme la Bancjut^ île la crise iinmol)ilièri' cjui atteignit son maximuiu en 1892, et procédèrent, comme elle, à de

nombreuses exécutions. La Banque leur dictaitd'ailleurs à peu près la contluile à suivre, à tel point que le Comptoir d'escompte de Guelma, dans le Mémoire qui a été cité plus htuil, a cherché à établir qu'il avait agi comme u[i véi-itable associé de la Banque. La Banque lui aurait adressé en 1887 la défeuse d'entretenir des relations avec un autre établissement financier. Un peu plus tard, en 1891, un inspecteur de la Bancpie vient examiner le Comploii-; il assiste à une séance du Conseil d'administration et expose quelles sont, à son avis, les l'éformes à apporter dans la comptabilité, dans le choix des opérations à faire, ou dans la répartition des bénéfices. « En « terminant, dit le procès-verbal de cette séance, M. Tlns- « pecteur donne l'assurance que le coucou l's bienveillant « de la Banque, qui ne lui a jamais fait défaut jusqu'à ce «jour, sera continué au Comptoir. »

Un peu plus tard, toujours en 1891, la Banque écrit au Comptoir en lui demandant un certain nombre de documents d'un ordre absolument particulier, comme, par exemple, la liste de ses actionnaires, et lui indiquant la manière dont la comptabilité du domaine devra être désormais organisée par année.

Toutefois, à cette époque encore, les relations entre la Banque et les Comptoirs sont bonnes. La Banque continuait à surveiller elle-même la li(iuidalion des affaires cou tentieuses engagées.

Le changement d'orientation ne se produit qu'en 1897. On sait (jue cette date correspond à un changement de Directeur, et en même temps à la première prorogation du privilège jus(ju'en 1899 H était nécessaire, pour obtenir à cette date le renouvellement définitif, d'avoir tout régularisé. La Banque, rappelée à l'ordre, s'empi'essait de

transmettre à son tour aux établissements en relations avec elle les observations qu'elle recevait. On reti-ouvela trace de ces injonctions dans les procès-verbaux des séances du Conseil d'administration du Comptoir d'Escompte de Guelma :« Lorsqu'on nous dit aujouid'liui de i( ne plus accepter que du papier commercial dans un a pays où il n'y a pas de commerce, ne sommes-nous pas « fondés à répondre qu'on veut nous faire soitir à notre « tour de l'esprit de nos statuts ? »

Les protestations du Comptoir de Guelma n'étaient pas les seules ; tous les Comploii-s, mis en demeure par la Banque de restreindre leurs opérations, refusaient aux colons les crédits sollicités et provoquaient ainsi de leur part un mécontentement qui se manifesta dans la session des Délégations financières.

Une nouvelle campagne se produisait contre la Banque, qui « étranglait » les Comptoirs. Mais pendant ce temps, son pi'ivilège avait été renouvelé. La Direction crut d'ailleurs devoir se justifier, dans le Compte Rendu présenté à l'Assemblée générale du 28 novembre 1901.

« Le montant des engagements des Comptoirs d'Esa conq)te,qui,au moisde novembre 1897, lorsde Texpira- (( tion du privilège concédé en 1881, était de 1 5.200.000 IV., « s'élève à l'Iunire actuelle à 15.450.000 fr.

(( L'impoi'tance desci'éditscousenlis depuis lois à l'agi'i- (( culture, loin de diminuer, a an contraire augmenté.

« Si l'on compare d'ailleurs les cliilfres alU-inlspar l(\s « opérations de ces établissements avec la Baïuinean mois (( dejanvier de chaque année, époque à hupielle les l'uga- (( gemenl.s sont dans leur' position iH)rniale, on constate c( qu'alors qu'ils étaient de :

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