et au-dessus
Totaux . .
On voit que les prêts de 5.000 et au-dessous sont les plus nombreux,que ceux de 5.000 à 10.000 et de 10.000
à 50.000 sont en nombre à [)cu près égal, et que ce sont les prêts infëi'ieiirs à 50.000 francs, (pii, comme nombre, forment la grosse majorité.
Malheureusement, ces chiffres globaux comprenant à la fois les prêts urbains et les prêts ruraux, on ne peut pas se rendie un com[)te très exact de l'importance du rôle joué au point de vue purement agricole par l'établissement du Crédit Fonciei' algérien.
Toutefois, rimpi'ession (|ui se dégage de l'ensemble de ce document, c'est une progression très rapide, parallèle au dévelo(>pement agricole, jusqu'à 1887, époque à partir de laquelle le chiffre se maintient statit)nnaire jusqu'à 1892, pour diminuer ensuite insensiblement.
B. — Affaires de banque
Les affaires de banque ont suivi une progression continue, attestée par le solde ci'oissarit du portefeuille (pii, de 5 tnillions et demi en 1882 (voir tableau p. 173) passe à 20 et 22 millions en 1880 et 1887 : après un léger arrêt, l'accroissement reprend à partii- de 1893 [)our continuer sans intei'ru|)tion jusqu'en 1902, D'autre part, la société se voyait atneiiée, pai" le développement de ses affaires, à accroître le nombre de ses sièges. Dès 1881, elle en avait à Paris, Alger, Constantine et Oran ; peu après, elle s'installait ;i Dune; elle ouvrait en 1891 une agence à IMiilippeville; elle eréait en 1898, à Marseille, une succnrsaU' destinée à sei'vir de trait d'union entre ses sièges africains et celui de Piiris; enlin dans \c courant des années 1899 et 1900, elle ouvi-ait successivement des agences à Dalna. Doiigit', Djidjelli. Set if, dans le déparl(Mnent de Gonstantine, Boufarik et Orléansville dans le départe-
ment d'Alger, Aïn-TcniouclieuL dans le départennenl d'Oran. Les premiers mois de l'année 1903 ont vn s'onvrir les agences d'Affreville et de Cherchell dans le département d'Alger, de Tiaret dans le déparlement d'Oian ; elle avait fondé en 1893 nne snccursale à Tnnis;en 1900, deux agences à Bizerte et à Sousse. Une augmentation constante des dépôts accompagne ce dévelo[)pement.
Il y a donc évidemment un accroissement des affaires d'escompte et de banque propretnent diles, contrastant avec le mouvement de diminution constaté dans les affaires foncières.
Quelle est la nature de ces opérations de banque? Il est incontestable que l'escompte du papier commercial en forme une très forte part. Mais la matière escomptable de cette nature est peu abondante en Algérie. La concurrence de la Bancpie de l'Algérie, du Crédit Foncier et de la Compagnie Algérienne a forcément pour effet d'amener les établissements à se partager le papier commercial, qui serait insuffisant à alimenter leui's trois portefeuilles. On a vu l'importance que la Banque de l'Algérie avait accordée aux crédits de campagne : sans aller tout à fait aussi loin dans cette voie, le Ciédit Foncier d'Algéi'ie a dû la suivre également, avec beaucoup plus de raison d'ailleurs, puisque tel était le but même de l'institution. Son portefeuille, dont on a suivi le développement, contient donc, dans une proportion certainement importante, des effets renouvelables souscrits par des agriculteurs, en représentation de crédits ouverts pour les besoins de leurs exploitations, suivant le niécanisme qui a été indiqué. Ce qui le prouve, d'ailleurs, c'est la marche suivie par la création des sièges. Au début, les opérations se bornent aux grandes villes, dont le com-
Crédit Tonciei* et a^çricole d'AI'jérîc.
Opérations linancièi'cs.
l'ORTEFEUILLE
Entrée
Sortie
Solde
31 décembre
31 décembre
.372 33 942 73 .665 75 .162 86 .076 15 .001 63 .291 03 .371 95 ,219 61 ,731 74 003 69 lo2 03 933 78 040 45 913 14 879 40 499 40 483 55 398 74 431 76 795 37 203 88
merce esl déjà développé; la clientèle agricole qui avoisine ces villes, celle «de l'intérieur », suivant l'expression algérienne, prend également l'habitude de venir fra[)per aux caisses ouvertes dans les poris du lilloral; puis, peu à peu, à mesure que rélablissemeut de crédit se développe, il sent que c'est plus avant dans les tei'i'es qu'il [)Ourra liouvei' des opérations et des clients nouveaux, avec des taux plus rémunérateurs; et c'est de cette idée cjue découle la création des agences installées (hms des régions [tresque exclusivemetit agricoles, comme Batna, Sétit', Boufarik, Oi'léansville, Aïn-Temouchent. On verra, d'ailleurs, la Compagnie Algérienne suivi'O la même évolution.
Dans (|uelles proportions le papier agricole entre-t-il dans le portefeuille du Crédit Foncier d'Algérie? Aucun document ne permet de l'évaluer, môme d'une façon approximative; la proportion varie d'ailleurs suivant les années et le résultat de leurs récoltes. Mais ce qu'on peut dégager des chiffres et des faits qui viennent d'être exposés, c'est que la pratique des crédits agricoles a fourni au Crédit Foncier et Agricole d'Algérie un fructueux accroissement de l'importance de ses opérations.
Examen des critiques émises contre le Crédit Foncier et Agricole d'Algérie
A. — Au point de vue des opérations hypothécaires
Prêts exagérés. — Le premier, par ordre chronologique, des reproches que l'on ait faits au Crédit Foncier d'Al-
gérie, c'est d'avoir été iinpiudent dans ses prêts. Cette opinion a été émise en effet très souvent au cours de l'enquête sénatoriale de 1891. H est vrai que tandis que certains déposants lormulaient cette critique, d'autres se plaignaient au contraire de ce que les pi'êts fussent insuftisants (1). Mais la majorité des déposants étaient d'accord pour accuseï' l'imprudence du Ci'édit Foncier; c'était notamment l'avis de M. Léon Béquet (!i) conseiller d'Étal, qui dénonçait en même temps « la rigueur excessive » du Crédit Foncier; c'était aussi celui de M. Desplaces, propriétaire en Algérie (3), et M. Pauliat résumait l'impression générale en disant: « Le Crédit Foncier et la rt Société Algérienne sont coupables d avoir tiop favorisé « le crédit. Que de ruines ont suivi ! (4j » M. Lcroy-Beaulieu, {p) tout en détendant le Crédit Foncier, le taxait cependant dun peu d'im[)rudence, à l'époque de l'engoueuient qui avait existé en Algérie pour les vignes.
Si cependant on considère que la nouvelle société a commencé en 1881, l'année même oii s'élevait cette lièvre de plantation qui devait durer jusqu'en 1887 ; si on considère que cette société était constituée spécialement pour prêter au sol ; si enlin on veut bien se souvenir que de 1881 à 1891, elle avait réalisé, tant eu [)artici[)alion avec leCredit Foncier de France qu'avec ses propres tonds, plus de 58 millions de prêts, et (|ue cependant, à cette époque, au plus tort de la crise, son domaiuo ne re[)resen-
1. \. notaiiiiuent l'ensa, L' Algérie, jouviiéc du i>6 avril i8tji (^Mascara).
2. Commission Wéludedes questions ah/erietvies ; dépositions du r'f mai au 20 juillet 1891, (Doc. pai'lt'iiiculairt.'sj, p. 35 el suiv.