‹ Contribution à l'étude du crédit agricole en AlgérieChapitre 82 sur 117 · E^'^siii sur le fellah algérien, p. a^j-agS · texte numérisé non relu

E^'^siii sur le fellah algérien, p. a^j-agS

2" Au point ik vue de la diminution de l'usure. — L'un des effets qu'on avait espéi'é obtenir du fonctionnement des Sociétés de prévoyance est la diminution de l'usure. Encore t'aut-il bien s'entendre, comme le t'ait remarcjner M. de Peyre, sur le but à atteindre « et ne pas s'imaginer, (( comme l'ont fait quelques hommes à illusions, que c( les Sociétés de prévoyance poursuivront l'extinction (( des dettes usuraires déjà existantes : ce serait offrir (.( une prime à la prodigalité des uns et à la rapacité « des autres, par conséciuent méconnaître l'esprit de (( l'institution. »

Le seul résultat qu'on [)uisse espérer atteindre, c'est d'empêcher jusciu'à un certain [)oint les indigènes de s'adresser aux nsurieis. Les rapports annuels constatent les l'ésultals obtenus dans ce sens, qui sont lents. « On « est obligé de constater que les emprunts contractés à « des taux usui'aires sont toujours nombreux. Dans cer- « taines localités, le taux employé atteint même un « chiffre exorbitant. A Oum-el-Bouaghi notamment, « l'on a emprunté à 200 0/0 : à Souk-Ahras à oO et 100 0/0 ))(!). I^e l'apport de l'année suivante, pour le môme départcMuent, dit que l'action îles sociétés, au point de vue de l'usure, est variable, et porte taiil(M sur le noinbre des prêts, lantcM, sur leur taux : car si la société ne peut (MnpècluM' l'indigène do. sadresseï" pailois à l'usuriei", elle a du moins pour effet de lorcer ce derniir à baisserses conditions poui' soutenir la concnrreuce. Le lUipport mr l'exercice IHII(!-I!)0I (DéparlenuMil ibOran) constate une petite diminulion des [)rèts usuraires, mais les indigènes y recourent toujours.

I. H'ipparl sur l'cxcrcici' iS»)--()S, (Icparlciii'iil ili> (loiislaiiliiu'.

Quelle est la cause de la lenteur de cette action ? Pai'ini les l'aisoiis données (i^iii-e la faiblesse de l'actif des sociétés. M. Boui'lier établissait cependant (1) avec chiffres à l'appui (jue les sociétés sont loin d'employer à des opérations de pi'èls tous leurs capitaux disponibles. « Nous constatons cpie dans tous les cas les sommes res- « tées en caisse sans emploi ont été supérieures aux 2/3 « du capital, et qu'en 1890, cette proportion a atteint les « 4/7 de l'actif! ». Il y avait donc de la part des sociétés une certaine timidité qui les empêchait d'accroître suffisamment le notnbre de leurs opérations. Les circonstances semblent s'être modifiées à ce point de vue, car M. van Vollenhoven (2) fait ressortir au contraire leur audace, et montre, en citant des exemples, que leur capital est presque intégralement employé en prêts.

Si leur action n'est pas plus efficace, cela tient donc à leur nombre tro[) restreint d'une part (137 caisses pour 351 communes) à leur actif trop faible, d'autre part. C'est l'opinion de M. de Peyre :« malheureusement l'actif des « associations n'est pas encore assez important pour « permettre de consentir à leurs adhérents tous les prêts « qu'ils sollicitent, et pour le surplus desquels ilss'adres- « sent, comme par le passé, aux prêteurs à gros inté- « rêt » (3). C'est aussi l'avis des commissions de surveillance, (jui à diverses reprises ont indiqué la nécessité d'accroître les ressources des sociétés : mais comment cette mesure peut-elle être réalisée? On a mis en avant le système d'une subvention accordée par l'Etat, qui viendrait augmenter assez l'actif pour permettre la

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