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légèrement saillante : elle atteint Son maximum en LS heures et décroit ensuite. Elle indique, d’après V. Pirquet, « que l'organisme se {trouve en état d’allergie, c'est-à-dire qu'il a subi, du fait d'une première imprégnalion, des modifications biologiques telles qu'à une seconde inoculation du même virus il réagit tout autrement, la réaction étant d'habitude plus précoce, plus courte, mais aussi plus intense ».
Dans les cas où la culi-réaction est négative, les scarifications se cicatrisent rapidement par formation de petites croûles sèches, sans apparition de la moindre rougeur du tissu environnant.
Suivant l’âge et la quantité de virus qui a pénétré dans l'organisme, elle apparaît avec une fréquence et une rapidité variables.
Relativement rare pendant les premiers mois, elle atteint le taux de 12% vers le sixième, époque à laquelle, nous l'avons vu, les chances de contamination augmentent ; elle double ce chiffre à la fin de la première année et s'accroît continuellement au cours de l'enfance jusqu'à atteindre 79 % des sujets dans leur quinzième année.
Ces chiffres, relevés à l'hôpital, portent sur des enfants de ville, fils d'ouvriers pour la plupart, ayant vécu dans un milieu où la promiscuité et l'absence des règles fondamentales de l'hygiène augmentent encore les chances de contamination.
Dans le milieu rural en est-il ainsi ?
M. Burnet, dans une étude récente, nous montre que là le danger est beaucoup moindre : sur 76 enfants habi-
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tant une contrée agricole, dépourvue de toute industrie, située à 30 kilomètres de la mer, durant les 30 mois d'observations, huit enfants seulement présentèrent une culi-réaction posilive, ils étaient âgés de 3 à 6 ans. Chez les enfants plus jeunes, la cuti-réaction fut toujours négalive.
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Il peut arriver qu'en pratiquant des cuti-réactions en série, chaque semaine par exemple, on s'aperçoive qu'un nourrisson soumis à cette épreuve. à la tuberculine, après avoir donné une série de réactions négatives, donne un jour une réaction positive. Cependant, ses conditions de vie sont les’mêmes et rien ne peut faire supposer qu'au moment de l'apparition d'une cuti-réaction positive il vient d'être infecté récemment par le bacille de Koch.
Il est intéressant de savoir si, dans un cas de ce genre, l'infection bacillaire existait antérieurement à la présence Ge la cuti-réaction positive et s'il a fallu un certain temps pour que l'organisme présente l'état d'allergie. 2
Cette étude est difficile à réaliser chez l'homme, aussi a-t-on essayé de résoudre la question pär l'expérimen: tation chez les animaux de laboratoire.
L'animal de choix pour ces recherches est le cobaye, chez qui l'épreuve à la tuberculine donne des résultats réguliers, qu'il s'agisse de l'intera-dermo-réaction ou de la cuti-réaction.
Schurmann, de Berne, Nobécourt et Mantoux, Hamburger et Kleinschmidt, d’autres expérimentateurs
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encore, s'étant attachés à résoudre le problème, onf déterminé que les réactions à la tubereuline devenaient positives dans un délai moyen de 6 jours à 3 mois après l'inoculation à l'animal de bacilles tuberculeux.
Mais la critique de ces expériences nous montre que pour l'apparition d'état d'allergie un facteur important réside dans la quantité de virus infectant et en l’oceurrence la quantité injectée au cobaye est considérable, | nullement en rapport avec ce qu'est l'infection tuberculeuse de l'homme. Elle nous montre également que, suivant l’âge, des différences sensibles peuvent se manifester et qu'en particulier l’état d'allergie se manifeste beaucoup plus tardivement dans l'organisme du nouveau-né.
L'observation chez l’homme peut-elle nous permettre d'arriver à des conclusions semblables à l’expérimentation sur l'animal ?
On se heurte iei à de grandes difficultés d'observation. Nous n'avons pas de données précises concernant la date d'apport du virus infectant et il est très difficile de savoir à quel moment exact le sujet a été contaminé ; c’est du moins le cas très général. Cependant, dans cer- {aines circonstances, il est possible de préciser à quel ‘moment un nourrisson à pu être contaminé par le bacille de Koch, et hous avons été à même d'observer avec M. le Professeur agrégé R. Debré trois cas de ce genre à la crèche de l'Hôpital Laënnec, dans le service de M. le Professeur Léon Bernard.
OBSERVATION ÎI
P.. Kobert, entre à la crèche de l'hôpital Laënnec, fe 13 juillet 1913, à l’Âge de 17 mois. Le père de l’enfant, exerçant la profession de garçon de magasin, a toujours été en excellente santé, n’a jamais toussé ; nous l'avons examiné par la suite ; il ne présentait aucun signe de tuberculose. La mère de l’enfant, âgée de-27 ans, couturière, s'était toujours bien portée jusqu’au début du mois de juin. Depuis six semaines seulement cette jeune femme avait commencé À tousser, à perdre l'appétit, à niaigrir de façon sensible ; elle souffrait de troubles digestifs ‘et de pertes blanches assez abondantes. On l’avait considérée à la consultation de l'hôpital comme étant tuberculeuse, et on l'avait hospitalisée comme telle à la crèche avec son nourrisson. Cette femme, cependant, n'était nullement tuberculeuse. Dans les semaines qui suivirent son entrée, elle reprit de l’embonpoint, guérit de sa bronchite ; la recherche du bacille dans les crachats fut constamment négative, et tous les examens cliniques ainsi que radiologiques permirent d'éliminer complètement le diagnostic de bacillose. La malade cependant, pour des raisons personnelles, demanda et obtint de prolonger assez longtemps
son séjour à la crèche, en compagnie de son nourrisson.
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Celui-ci était un bel enfant de 17 mois, pesant 10 kg 700 au moment de son entrée, et ne présentait aucun stigmate morbide. Sa dentation était normale, on ne trouvait chez lui aucun signe de rachitisme, pas d’adénopathies; ni le foie, ni la rate, n'étaient augmentés de volume. Il avait été élevé au sein jusqu'à l’âge de 8 mois, puis au lait bouilli jusqu'à 1 an, et n’avait présenté aucun trouble digestif. Une radiographie pratiquée le 6 novembre montra que l’image du thorax était parfaitement normale.
Le 6 novembre, l'enfant pesait 11 kg 100, il avait alors 21 mois et donnait l'impression d’être en parfaite santé. Une cutiréaction pratiquée à ce moment fut négative.
Le 6 décembre, nouvelle cutiréaction, toujours négative | L'enfant à 22 mois, et pèse 11 kg 220. |
Troisième cutiréaction, toujours négative, le 8 janvier 1914. Poids de l’enfant à ce moment : 11 kg 380.
Le 12 février 1914, pour la première fois, la cutiréaction est positive, quoique faiblement. Le 27 février, la cutiréaction est nettement positive. À ce moment l’enfant pèse 11 kg 460.
Cet enfant, entré le 13 juillet 1913, à la crèche avec une culi-réaction négative, est resté constamment placé sous la Surveillance du D° R. Debré et la nôtre jusqu'au 12 février 1914, date à laquelle la réaction à la tuberculine commence à devenir positive. C’est à n’en pas douter pendant cette période de 7-mois que l'enfant a été contaminé, Comme nous l'avons montré, ses parents étaient complètement indemnes de tuberculose, et la suspicion de bacillose qui avait pesé un moment sur sa mère fut écartée ultérieurement par des examens approfondis. De plus, au logis familial, l'enfant n'avait subi aucune promiscuité qui put être incriminée.
À la crèche, au contraire, il courait de grands risques. C'est là, en effet, qu'il s'est contaminé, et l’on peut
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faire remonter l'origine de son infection au début de novembre, Elle a été attribué à une mère nourrice, tuberculeuse crachant des bacilles qui, presque chaque jour, prenait cet enfant dans ses bras et jouait avec lui. Cette femme, M L..., entrée au début de novembre, changea de salle vers le 15 novembre. Par la suite, l’enfant P... Robert n’eut de contact avec aucun sujet capable de linfecter (1). Il est donc raisonnable d'admettre que P... Robert a été infecté pendant la première quinzaine de novembre. Ce ne fut que le 12 février, c’est-àdire 3 mois après, que la cuti-réaction commenta à être positive.