II. — Observation de M. le D: Ravina
Etrangère ne parlant pas un mot de français, on a cependant la notion d’une chute dans l’escalier, le jour même la femme arrive dans le service à l'hôpital Tenon, le 4 octobre 1929. À l'examen on trouve un utérus tendu de façon permanente et très dur. H. U. de 36 cm. Le palper ne donne aucun renseignement.
- Au toucher on trouve lé segment inférieur dur et
distendu, le col est perméable au doigt, les mem-
AIG NAS
branes sont intactes. On note une petite hémorragie de sang assez foncé par la vulve. L’auscultation des bruits du cœur fœtal est négative. L'état général de la femme est excellent, légère sensibilité de l’utérus. Urines normales, pas la moindre trace d’albumine, pas d’œdème T. A. un peu basse 11 1/27.
Le tableau est celui d’une hémorragie rétro-placentaire, L'absence de tout signe d'intoxication, l'absence d’albumine, la notion de chute font porter le diagnostic d'hémorragie rétro-placentaire traumatique.
On pratique la rupture artificielle des membranes. Les contractions apparaissent, régulières.La femme expulse en 5 heures un enfant mort-né, non macéré, en état de rigidité. Immédiatement après la sortie de l'enfant, expulsion du placenta et d’une grande quantité de caillots et de sang 110 gr. Le placenta paraît normal, pas d’infarctus, pas de dépression en cupule. Il paraît avoir été décollé en entier et d’un seul coup par le traumatisme
Les suites de couches ont été normales (D' Ravina),
Dans cette observation, on ne peut pas nier le rôle du traumatisme dans la production de l'hémorragie, le fait à noter, c’est la conservation de l’état général malgré l'abondance de l’hémorragie, ceci s'explique par ce fait que dans les hémorragies rétroplacentaires traumatiques le facteur intoxication fait entièrement défaut. Le placenta parait normal, pas de dépression en cupule.… « parce qu'il a été décollé
ME pes
en entier et d’un seul coup par le traumatisme... ». Mais aussi peut-être parce que entre l'accident et
l'expulsion du placenta il ne s’est pas écoulé un temps très long.