‹ Contribution à l'étude du délire dans les maladies du cœurChapitre 22 sur 34 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Rétrécissement et insuffisance aortiques. — Hystérie. — Succès de la digitale (Armaingaud).

Homme âgé de 34 ans, d’un tempérament lymphaticonerveux, il a toujours été très impressionnable. Deux attaques de rhumatisme antérieures.

Cœur : double bruit de soufïle au premier temps, l’un à la base et dans le foyer des bruits aortiques, très rude, mais un peu voilé, l’autre à la pointe, se prolongeant un peu après le premier temps. Pouls petit, faible, irrégulier. Oppression et palpitations fréquentes. Mais peu de signes d’asystolie, donc rétrécissement aortique et insuffisance mitrale.

S'étant traité et amélioré par une hygiène convenable, cet homme se marie. Il était dans un état assez satisfaisant, lorsque, ayant commis l’imprudence de reprendre la vie de débauche et d’excès qu’il avait menée pendant sa jeunesse, passant en soirées et dans les bals une grande partie de ses nuits, les palpitations et l’oppression le reprennent.

Les symptômes d’anémie cérébrale sont très accusés : vertige et sensation de vide dans la tête; dès qu’il est

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debout pendant plus de dix minutes, impossibilité de se livrer à un travail cérébral, même très léger, sans éprouver des éblouissements; sentiment de bien-être relatif, dès qu’il garde la position horizontale. Affaiblissement très notable de la mémoire, de temps en temps même, un peu d’aphasie très passagère.

Le 7 février, attaque de nerfs, qui dure de un quart d’heure à vingt minutes. X.., qui était impressionnable au plus haut degré, apprend, par une lettre, un revers de fortune ; immédiatement, il se laisse tomber dans un fauteuil, en proie à des convulsions cloniques des quatre membres, mais sans perte de connaissance, sans écume à la bouche, sans cyanose à la face. Des sanglots suivis de larmes abondantes terminent la crise.

Ces accès se renouvellent deux à trois fois par semaine pendant deux mois.

Dans l’intervalle des accès, les symptômes de nervosisme antérieur, l’irritabilité de caractère, la mobilité des déterminations, les changements brusques et non motivés d'humeur, se sont accentués d’avantage.

Sous l’influence d’injections hypodermiques, de morphine, les accès disparurent. La surexcitation disparaît aussi peu à peu, parallèlement avec les symptômes d’anémie cérébrale (ce qui est à noter). Plus de vertiges, plus d’éblouissements, même à la suite d’une station verticale prolongée. Plus grande facilité de travail intellectuel. Retour progressif de la mémoire un peu affaiblie.

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