OBSERVATION XII
Rétrécissement aortique et insuffisance mitrale. — Hystérie (Armaingaud),
Homme, âgé de 45 ans, tempérament lymphatico-nerveux. Passage brusque d’une vie très active à une vie
SET re sédentaire, par abandon de sa fonction de capitaine de navire. Alors surviennent des modifications dans le caractère.
En 1872, premier rhumatisme, sans lésions cardiaques persistantes. En 1875, deuxième attaque de rhumatisme, d’une durée de cinq semaines, ayant provoqué une endocardite qui a laissé des lésions organiques du cœur.
Cœur : Double bruit de souffle à la base, au foyer aortique, le premier rude et rapeux, le second plus doux et moins intense, se propageant de hauten bas, le long du sternum, indiquant l’existence d’un rétrécissement aortique avec insuffisance. Pas traces d’atherome sur les artères explorables. Peu à peu s’est développée une hypertrophie considérable du cœur.
Cet homme est d’une impressionnabilité exagérée, la moindre émotion le désoriente complètement. Son caractère est non seulement très irritable, mais variable, capricieux, fantasque comme celui d’une femme hystérique, d’une heure à l’autre, il passe, sans motif, de la joie à la tristesse, et de la vivacité la plus ardente à lP’apathie la plus complète. Il y a fréquemment de la céphalalgie.
En janvier 1875, première attaque d’hystérie à la suite d’une conversation portant sur un sujet triste : douleur constrictive à l’épigastre avec sensation de boule ascendante suivie d’une constriction encore plus violente à la gorge. Puis, sans perdre connaissance, une sorte de défaillance loblige à s’étendre ; les quatre membres sont alors pris de mouvements convulsifs d’une durée de quelques minutes, bientôt suivis de pleurs abondants et de l’émission d’une certaine quantité d'urine très claire. Il n’y a eu, à la suite de la crise, ni stupeur, ni hébétude, ni perte de la mémoire.
De nouvelles crises se produisent, il yen a sept à huit par semaine. Elles ne surviennent jamais pendant la
en Hi nuit, ne s’accompagnent ni d’écume à la bouche, ni de perte absolue de connaissance.
Ce qui est à noter : les accès ne le prennent jamais qu’à la suite d’une station verticale prolongée; il éprouve alors de légers vertiges, bientôt suivis de la sensation de boule ascendante et de tous les autres symptômes de l’attaque hystérique. De même, illui est presque impossible de se livrer à un travail intellectuel dans la station verticale, sans éprouver un léger vertige et surtout un affaiblissement de la mémoire. Dès qu’il s’étend sur un canapé ou sur un lit, alors le travail intellectuel et la lecture lui deviennent relativement faciles.
L’irritabilité de son humeur et sa tendance à tout envisager sous le plus mauvais jour, survenaient surtout lorsqu’ilétaitresté plus longtemps debout que d'habitude.
: Le3 juin, rupture de la compensation. Le pouls jusquelà normal, devient faible, irrégulier, intermittent. Un peu d’œdème malléolaire. La digitale fit cesser cette attaque d’asystolie, et de plus, sous son influence,aucune attaque convulsive ne se montra pendant cinq semaines. La digitale étant supprimée, deux accès convulsifs se montrent à la suite d’une ascension trop rapide d’escaliers. Reprise de la digitale et le même exercice ne provoque plus d’accès. La digitale a probablement agi en tonifiant le cœur et en augmentant la pression sanguine dans le système circulatoire cérébral (1).
.(4) Relations pathogéniques entre les maladies du cœur et l’hystérie chez l'homme (Mémoire de la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, 1878). Deux observations, l’une guérie par la digitale, l’autre, par le traitement opiacé.
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