VE 4 - DEUXIÈME OBJECTION
Le diabète expérimental n'a que de lointains rapports avec le diabète humain ; il nécessite la totale
ou presque totale disparition du pancréas, ce qui se. trouve bien rarement réalisé en pathologie
humaine ; il évolue avec une rapidité et une gra- \ La » % ; LA < Là « vité qu’on ne rencontre jamais dans le diabète humain. |
: Nous avons vu que M. Rawonn proclame l’impossibilité de reproduire expérimentalement une glycosurie permanente à longue évolution. Dans ses expériences, toutes les fois qu'il est resté un lambeau de pancréas, la glycosurie n’a jamais été durable; il n’y a pas eu diabète : « On ne-s’explique pas encore ces cas de diabète permanent (diabète de SANDMEYER), après ablation partielle de la glande. »
Lesné et Dreyrus (1906) avaient proclamé la nécessité, pour obtenir par ablation pancréatique une glycosurie intense et durable, de pratiquer une extirpation absolument totale. Ils obtiennent des survies de douze à quinze jours, une fois vingt-deux jours.
M. Carnor (« Pancréas », Traité Gilbert et Thoinot, ‘tome XX) s'exprime ainsi : « Le diabète pancréatique expérimental est un diabète très grave, bien que La glrcosurie soit modérée ; on observe des phénomènes de cachexie rapide provoquant la mort en trois semaïnes. Le diabète maigre humain est un diabète avec
énorme glycosurie et les phénomènes généraux, bien
PM re ES
que rapides, n’ont aucun rapport avec les précédents. D'autre part, dans aucun diabète pancréatique humain on ne constate la suppression totale du tissu pancréatique, condition nécessaire pour provoquer le diabète expérimental: » à Ces quelques citations prouvent qu'aujourd'hui encore les faits de MiNKkowski, SANDMEYER, HÉDON, de diabète prolongé par extirpation partielle sont considérés comme des faits tout à fait exceptionnels et inexpliqués. Nous n’insisterons pas sur ce point, le but principal . de notre travail expérimental étant de répondre à cette objection.