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le chien diabétique ne possède plus que 18 centimètres cubes de son propre sang. La glycosurie diminua COn- : sidérablement, tombant après sept heures jusqu’au taux infime de 2 grammes par litre, quoique l’hyperglycémie ait subsisté (peut-ê.re à cause de l’hyperglycémie hémorragique du chien transfuseur). Hépon suppose que les reins, en présence d’un sang normal, deviennent temporairement moins perméables au sucre.
3° Dans une troisième expérience, HÉDON anastomose bout à bout par le procédé de Paye les carotides de deux chiens, l’un diabétique, l’autre normal, de telle sorte que le bout central de la carotide du chien sain communique avéc le bout périphérique de la carotide du chien diabétique et vice versa. Il constate que l’hyperglycémie s’abaisse, tout en se maintenant à un degré assez élevé ; que la glycosurie diminue (pouvant même finir par disparaître) ; que l’animal normal ne devient pas glycosurique ; que la glycosurie reparaît très rapidemént chez l’animal diabétique après disjonction.
La disparition de la glycosurie ne peut, dit Hépon, s'expliquer uniquement par l’atténuation de lhyperglycémie. II faut ici encore supposer que le rein devient momentanément imperméable au sucre. |
De Meyer (102) a de mème remarqué, en faisant passer du liquide de, Locke à travers des reins qui viennent d’être enlevés, que l'addition d’extrait de pancréas au liquide de perfusion diminue la perméabilité du rein au sucre.
Les expériences de transfusion de Hépon montrent
en somme que, pour qu'il y ait une atténuation nette
dans la glycosurie, il fant que la quantité du sang étran-
ger transfusé soit très abondante ou mieux encore, qué
son apport soit continu ; mais évidemiment les expérien- ,
ces de transfusions carotidiennes croisées ne peuvent
‘être de longue durée à cause de la nécessité d’immobi liser complètement les animaux.
Parabiose. — Afin d'obtenir entre les deux animaux
: des échanges continuels et durables, ForscasAcx (44)
sn,
s'est efforcé d'utiliser les données de SAUERBRUCK et Heyps. Sauererucx et Heyps avaient montré qu’on pouvait unir deux animaux par la peau, par les muscles et même Per le péritoine. Lorsque ces animaux sont
ainsi unis, on peut prouver l'existence de communica-
de tions entre leurs deux circulations en injectant à l’un d’eux de l’iode, de l’acide salicylique qui apparaissent bientôt dans l'urine de l’autre. SAUERBRUGK et HEeyDE
croyaient nécessaire de n’opérer que sur des animaux très jeunes, de même poids, de même sexe et de même portée. FoRsCHBACH a montré qu'on obtient des résultats identiques avec des animaux de sexe différent, de portées différentes et même avec des animaux adultes,
à la condition qu’ils soient de même taille et de même
poids, sans quoi le plus chétif, même bien nourri, mai-
grit rapidement comme si le plus fort se AVI EÈE à ses dépens.
ForscHBACH, dans plusieurs expériences, anastomose donc deux animaux, en les suturant après laparotomie latérale, péritoine à péritoine, muscles à muscles, peau à peau. Quand le pont d'union est solide, quand une
substance injectée à l’un reparaît chez l’autre, montrant
Jacob. : ‘ 5.
ainsi l'existence de communications entre leurs deux circulations, il enlève à l’un d° eux le pancreae et s ’efforce de recueillir séparément leurs urines.
Dans le premier cas, la mort survint au bout de deux jours ; le chien qui n’avait pas été opéré eut une fois du . sucre ; la chienne qui lui était unie et avait été privée de son pancréas n’en eut pas.
Dans le second cas, les deux animaux laissés à jeun quaranie heures après que l’on a extirpé totalement le pancréas de l’un d’eux, n’éliminent pas de sucre.
Quand on leur donne de la viande, la glycosurie apparait chez les deux, mais très faible, 0,1 à 0,4 De Trois jours après l'opération, l'animal sans pancréas ingère & grammes de glucose dont il n’élimine que 0 gr. 54. En trois jours et demi l'animal sans pancréas élimine 0 gr. 1217 et l'animal avec pancréas 0 gr. 967 de sucre.
Au bout de quatre jours, les animaux sont séparés. Le chien normal subit bien l’opération. La chienne sans pancréas fait une péritonite qui l'emporte malgré sa . péritonite, elle élimine dans les vingt-deux heures qui suivent la sépération des animaux 0 gr. 287, c’est-à-dire ledouble de ce qu’elle avait éliminé en trois jours et demi. A l’autopsie on ne trouve aucun reste de pancréas.
Dans un troisième cas, l’animal privé de pancréas
n’élimine grâce à sa parabiose avec un chien sain que 0,038 en trente-six heures.
ForscHBAcx fait une expérience de contrôle pour montrer que l’ablation du pancréas a le même effet sur
un très jeune animal, comme ceux sur lesquels il opère,
es QT: = que sur un animal adulte. Un chien de 820 grammes élimine, deux heures après l’extirpation du pancréas, 5 gr. à */. de sucre dans l'urine.
Il croit donc pouvoir conclure que le diabète pan-
créatique d’un chien peut être empêché pourun certain temps par la parabiose avec un autre.
ForscHBACH a essayé de faire vivre en parabiose des animaux adultes, plus résistants par conséquent et plus
faciles à étudier. Il anastomose un chien et une chienne
de race différente ; douze jours après, ii enlève le pancréas de la chienne. Au début forte glycosurie : 4 gr.8 °/.. Dans les jours qui suivent, la glycosurie baisse et même
quelques mictions donnent une urine sans glucose.
‘ Mais la mort survient accidentellement au bout de six
jours par éventration et péritonite. L’autopsie montre l’absence complète de pancréas.
L'animal qui avait subi l’ablation totale du-pancréas s’est comporté, dit ForscHBACH, comme s’il n’avait subi qu’une ablation partielle. La parabiose atténue la glycosurie, empêche la cachexie.
ForscaBAcx ajoute que cette atténuation de la glycosurie n’est pas due à ce que l’animal pancréatectomisé passe son excédent de sucre à l’animal sain qui le
consomme, mais ne peut relever que d’une sécrétion
interne.
En effet en injectant de la lactose, sucre qui, injecté
‘sous la peau, réapparaît presque complètement dans
l'urine, il voit que, chez l’adulte tout au moins, presque tout est éliminé par l’animal qui a reçu l'injection et une
très petite partie seulement par l’autre.
EUGR Le seul passage d'une partie du sucre de l'animal diabétique à l'animal sain ne peut suffire à expliquer l’atténuation du diabète ; tout au plus ce passage pourrait-
il expliquer dans quelques cas ce fait curieux, mais inconstant, la légère glycosurie de l'animal non pancréatectomisé,.
Les expériences de ForscaBACH sont donc assez en faveur d’une sécrétion interne paneréatique ; mais il faut avouer qu’elles seraient plus démonstratives si les animaux avaient pu être conservés el observés plus longtemps réunis, puis séparés.
Notons encore l’expérience de Brenc pour qui la ligature ou une fistule du canal thoracique serait suivie de glycosurie chez le chien, tendant à prouver qu’une partie au moins du produit de sécrétion interne pancréatique arriverait au torrent circulatoire en empruntant les voies lymphatiques. Lépine, SCHLESINGER, répétant la même opération ont eu de l’hyperglycémie et un défaut
d’assimilation du sucre, mais sans glycosurie.
Arguments histologiques en faveur de la sécrétion interne
Parmi les arguments qui militent en faveur de la sécrétion interne pancreatique, on pourrait encore invoquer lesarguments histologiques de Laauesse (77) qui retrouve dans l’ilot de LANGERHANS tous les caractères généraux
des glandes à sécrétion interne : cordons épithéliaux
pleins, système vasculaire spécial avec vaisseaux dila-
tés, immédiatement appliqué contre les cellules, matériel de sécrétion surtout accumulé dans la région basale au contact du capillaire.
En somme la sécrétion interne pancréatique n’a contre elle aucun argument sérieux ; par contre aucune expérience ne l'a encore prouvée d’une façon absolument péremptoire. Si aucun fait pris isolément ne peut en fournir une preuve certaine, il faut reconnaître pourtant que l’ensemble des faits est en sa faveur.
Il doit bien en être ainsi puisque les plus ardents adversaires de cette sécrétion interne ont fini par s’y rallier plus ou moins ouvertement. :
PrLUGER lui-même n’avait-il pas, dans ses dernières années, accepté timidement l’hypothèse de la sécrétion pancréatique interne, mais en admettant que cette sécrétion d’une substance anti-diabétique, si elle existe, doit être sous la dépendance d’une sorte de centre nerveux ganglionnaire, situé dans la paroi duodénale entre le duodénum et le pancréas. |
Le rôle de ces cellules sympathiques serait prouvé par l’existence d’un diabète duodénal dont nous avons déjà parlé, consécutif à l’ablation du duodénum avec
intégrité du pancréas, chez la grenouille.
HerLirzKkA, nous l’avons vu, chez la grenouille essaye de paralyser par la nicotine les cellules ganglionnaires de la paroi intestinale ; il trouve dans tous les cas une glycosurie souvent de longue durée. Il est vrai que les faits discordants d'ExrMAnN(62 bis), de LAUWENS qui à la suite d’ablation du duodénum chez le chien, n’obser-
vèrent que des glycosuries inconstantes, que surtout
Li pre l’expériences de Minrowski que nous avons déjà citée, permettent de douter beaucoup de l'existence de ce centre nerveux duodénal.
Mais ce n’est là qu’un point de détail et il n’est pas
IMAC sans intérêt de voir PrLuGER accepter, celte restriction
mise à part, l'hypothèse de la sécrétion par le pancréas ,
d’une substance antidiabétique. !
COMMENT ON PEUT ENTENDRE LE ROLE DE LA SECRÉTION INTERNE DU PANCRÉAS : .
D’après CHAUVEAU et KAUFFMANN (25 bis) le pancréas
exerce une action frénatrice sur le foie. Au début ils
pensaient que, cette action modératrice, le pancréas l’exerçait par l'intermédiaire du système nerveux; plus tard ils acquirent la certitude de l'existence d’une sécrétion interne pancréatique ; mais le mécanisme par lequel ils’ expliquent le diabète pancréatique n’a pas changé. Quand on enlève le pancréas, le diabète survient parce que le foie cesse d’être modéré dans son action et iravaille en excès. Il n’y a aucun trouble dans la consommation du sucre ; il y a simplement production exagérée de glucose. Ils s’appuient sur les résultats d'expériences qui leur ont montré que la différence qui existe entre le sang de l’artère et le sang de la veine fémorale est la même chez l’animal normal et chez l'animal diabétique.
Une autre expérience de KaurrmMann, de Kauscx,
montre qu'après suppression du foie, le sucre disparaît
d'age
Fa % / RE
à peu près dans le même temps du sang de l'animal < sain et de l'animal diabétique. | ;
Mais beaucoup d'’ auteurs se son! aa admettre que le foie soit capable dans des conditions de combustion normale de faire passer dans le sang d’aussi énormes quantités de sucre. nues :
Le professeur Boucæarn (15), en 1898, alors qu'il
n ’était pas encore partisan du diabète pancréatique, mais à
défendait seulement le diabète par ralentissement de Ja nutrition contre ceux qui le considéraient comme dû à l’hyperproduction de sucre, s'efforce de prouver par une argumentation très serrée, que, si l’on tient compte du.sucre normalement consommé par l'organisme, du sucre que l’organisme peut fixer en plus des quantités : babituelles, sans en éliminer (« l’avidité des tissus pour le sucre »), du sucre que les diabétiques éliminent quotidiennement, — et certains ont pu éliminer jusqu’à 4,500 grammes en vingt-quatre heures — on se trouve obligé d'admettre, si l’on veut considérer la combustion des diabétiques comme normale, une hyperproduction telle qu’elle ne pourrait s’expliquer que par une polypha: gie ou une autophagie inadmissibles.Un diabétique nourri de viande et éliminant malgré le régime carné 100grammes de sucre par jour doit, si ses tissus ont conservé leur avidité normale pour le sucre, c’est-à-dire sont capables de fixer 500 grammes de sucre sans qu'aucune élimination ne se produise, ingérer ou emprunter à ses tissus comme équivalents des 500 grammes de sucre fixés et des 100 grammes éliminés, 6 kilogrammes ‘de
graisse par jour ou 4.075 grammes d’albumine qui ne
pourraient. provenir que de plus de 5 kilogrammes d. viande i ingérés et dev raient livrer aux urines 160 grammes ae d’azote, chiffre que l’on n'a jamais trouvé. | +
Aussi beaucoup d'auteurs s ’efforcèrent de concilier avec l’ancienne théorie du ralentissement de la nutrition les données nouvelles de la physiologie. À
Lépine dans. de nombreuses expériences démontre que chez le diabétique (homme ou animal), la glycolyse diminue dans le sang. Il admet que le ferment glycolytique. est produit par les éléments figurés, en partieulier par les leucocytes, puisque le sérum est dépourvu de pouvoir glycolytique.
La glycolyse subit dé nombreuses influences ; elle est diminuée par toutes sortes de causes susceptibles de produire des glycosuries : asphyxie, commotion cérébrale ; mais la glycolyse est influencée surtout par la sécrétion interne pancréatique. La faradisation des nerfs pancréatiques augmente le pouvoir glycolytique du sang. Certains traumatismes pancréatiques, excitant les nerfs deF organe, agiraient de même (chauffage, massage, certaines extirpations partielles même).
La ligature du éanal de Wirsung produit toujours le endemain et les jours suivants une augmentation con-
sidérable du pouvoir glycolytique du sang (parce que, suppose Lépine, l'excès de pression dans les canaux excréteurs favorise la sécrétion interne). Le pouvoir que possède le pancréas de favoriser la glycolyse pourrait être mis en évidence in vifro avec des extraits de cet organe ; la substance active ne serait pas détruite par
l’ébullition ni même par le chauffage à 115”. Lépine
ajoute d’ailleurs pour répondre à un reproche qu’on lui : avait déjà adressé, qu’il n’a jamais supposé que le pou-
voir glycolytique n’appartienne qu’au 8 ; c'est une
- propriété de tous les tissus, mais on peut apprécier l’état
de la glycolyse générale par la mesure oe la glycolyse sanguine. as
ARTHUS à reproché à à Lépine d' étudier un phénomène cadavérique analogue à la coagulation ; ; la glycolyse ne se produirait qu’ in vitro. | |
Conxeim étudie l'effet glycolytique des trail pancréatiques et des extraits musculaires ; ; aucun d’eux ne présente d’action très manifeste : mais leur union est pourvue d’un pouvoir glycolytique très énergique. Pour : lui donc la destruction du sucre se ferait surtout dans les muscles grâce à l'intervention de la sécrétion pan- | créatique interne. Mais on a incriminé des interventions microbiennes possibles. Emspe et KLauss se refusent absolument à accepter les conclusions de CoNxeIm.
Récemment DE Meyer (1908) (102) étudie de nouveau l'influence de la sécrétion pancréatique interne sur la glycolyse. Pour lui la fonction glycolytique appartient aux léucocytes, mais des extraits pancréatiques isotoniques, même portés à 115°, excitent la glycolyse. En immunisant des lapins contre du sang de chien dont le pouvoir glycolytique est artificiellement augmenté par \ Jaddition d’un extrait aqueux de pancréas chauffé à 70°, ‘il communiquerait à leur sérum des propriétés antiglycolytiques telles que l'injection de ce sérum, débarrassé de son hémolysine et de ses agglutinines, pourrait faire apparaître des glycosufies.
ET