D'OU VIENT LA SÉCRÉTION INTERNE PANCRÉATIQUE
Ici encore on est loin d’être arrivé à trouver un terrain d'entente. Les premiers observateurs qui admirent l'hypothèse de la sécrétion interne pancréatique la faisaient provenir des acini. Ceux-ci, pour Lépine (86), présentent deux sécrétions, une qui se fait par le sommet de la cellule vers la lumière acineuse, c’est la sécrétion externe ; l’autre, qui se fait par la base de la cellule vers les vaisseaux sanguins ou lymphatiques, c’est la sécrétion interne.
Pendant longtemps, les îlots de LANGERHANS n'attirèrent pas l’attention, considérés par LANGERHANS (80) comme en relation avec le système nerveux, par KUHNE et LEA, par RENAUT, comme organes lymphatiques. C’est Laauesse (77) qui en 1894 émit le premier l’idée que ces amas cellulaires pouvaient constituer les organes d'élaboration de la sécrétion externe pancréatique. Ces formations glandulaires ont été depuis l’objet de beaucoup d'attention de la part des histologistes et des anatomo-pathologistes.
Perdus au milieu des acini et en général fort petits, il était difficile de songer à aborder directement leur étude physiologique. On ne peut guère signaler que les tentatives de DiAMaRE qui chez certains poissons, Lophius piscatorius, Scorpæna scropha, trouve des lobules glandulaires exclusivement constitués par du tissu insulaire. Il en fait des extraits qu’il trouve dépourvus
d'action glycolytique, dépourvus également d’action
| 75e ire diastasique sur l’amidon ; d’où il conclut que ces cellules
diffèrent complètement des cellules acineuses. Mais c’est
par déduction que beaucoup d’histologistes et de méde-
cins sont arrivés à la conviction que les flots de Lan-
GERHANS sont chargés de l'élaboration de la sécrétion interne. ; | PU l Les. étudiant chez l'embryon, Laquesse voit que les
U lots se développent de très bonne heure, bien avant
les acini. Déjà sur les cordons variqueux primitifs pleins,
il voit se différencier des cellules dont les affinités colo-
rantes et la morphologie sont celles des cellules d’ilots ;
mais bientôt autour des tubes pancréatiques primitifs,
par prolifération, en certains points de leur paroi, vont
apparaître de véritables îlots, les îlots primaires, desti-
nés à s’atrophier et à disparaître ultérieuremént quand
les acini se sont enfin différenciés et donnent à leur
tour par transformation des ilots secondaires.
Les preuves anatomiques de la sécrétion interne des îlots sont pour Lacuesse : la disposition des cellules groupées en cordons épithéliaux pleins, séparés par de longs capillaires d’un type spécial avec lesquels ils sont en contact direct, sans interposition de membrane ; la présence dans ces cellules d’un matériel de sécrétion granuleux, accumulé non au sommet de l’élément comme dans la cellule accessoire, mais réparti dans tout l’élément et même parfois plus serré dans la région basale, au contact du capillaire, avec noyau refoulé loin du vaisseau. .
Les preuves physiologiques de la sécrétion interne des îlots sont, d’une part les résultats des expériences