IT
28 millimètres de longueur sur 13 millimètres de largeur et 12 millimètres d'épaisseur. a
Le foie pèse 309 grammes ; il est très augmenté de volume, décoloré, jaunâtre, d’aspect graisseux. Les voies biliaires sont perméables, la vésicule biliaire est. d’apparence normale.
Les freins semblent décolorés ; mais ne présentent pas de modifications de volume ni de consistance.
Poumons normaux. |
Le cœur semble atrophié ; très petit, 28 grammes, flasque et décoloré. |
Capsules surrénales, — Normales. :
\ Corps thyroïde. — De dimensions et d'apparence normales.
Hypophyse. — De dimensions absolument normales
EXAMEN HisTOLOGIQUE. — Le pancréas est d'apparence normale. Il ne présente pas de sclérose. Les canaux sont normaux; évidemment le suc pancréatique s'écoulait bien vers l'intestin.
Les acini présentent leur aspect normal ; pourtant cômme chez les autres animaux, nous sommes frappés, à la périphérie des lobules et surtout à la périphérie du nodule pancréatique lui-même, par la présence d’acini petits, formés de quatre ou cinq petites cellules presque réduites à leur zone ergatoplasmique très basophile, dépourvues de zone apicale granuleuse. Peut-être est-ce l’ébauche d’un processus de régénération.
Par différentes méthodes,surtouthématoxyline au fer, éosine orange, nous découvrons non sans quelque peine des îlots de Langerhans, de structure à peu près normale,pourtant en général tassés, formés de cellules serrées les unes contre les autres, à séparations indistinctes (aspect syncytial). Nous avons pu
trouver sur une coupe un flot d'assez grandes dimensions
(83 4 de plus are diamètre, mesuré à la chambre claire).
Cet îlot se continue d’ ailleurs en un point, sans démarcation
avec le parenchyme insulaire et présente même deux cellules d'apparence acineuse avec zone basale encore très basophile et noyau pourvu d’un seul gros nucléole, comme s’il était en voie d'augmentation. # Malgré tout, il est impossible 4 n'être pas frappé de l’extrême rareté des flots dans ce pancréas. Une numération faite en comptant les îlots sur une surface connue grâce à un petit ‘diaphragme d'aluminium dont on recouvre lacoupe (Laguesse) nous montre, dans une région qui nous semblait assez riche
“en îlots, cinq lots sur un champ de 16 mmgq. de surface,
même en tenant compte des formes douteuses; or sur ces
cinq flots il est une formation qui n’est certainement pas un îlot typique; c’est au milieu d’une travée conjonctive, une sorte d’acinus géant, bourré à son intérieur de nombreuses centro-acineusés (peut-être forme de transition insulo-acineusè de Laguesse).
ral nous paraît donc certain que ce fragment pancréatique est remarquablement pauvre en îlots, surtout si nous le comparons à d’autres fragments pancréatiques d’animaux opérés
dans les mêmes conditions, mais qui ont résisté au diabète.
Foie. — Il n’y a pas trace de glycogène (recherché par la :
gomme iodée sur des piècés fixées par l’alcool absolu). Ce foie présente une dégénérescence graisseuse énorme sur-
tout dans la région péri-sus-hépatique du lobule. Sur pièces
fixées par l'alcool, la coupe présente des îlots absolument
clairs, centrés par les veines sus-hépatiques, les cellules ayant même perdu pour la plupart leurs noyaux. Ces îlots sont
séparés par des bandes de tissu encore colorable, avec cellu-
les simplement vacuolaires, mais possédänt un noyau bien
colorable, C'est au centre de ces bandes de tissu relativement
Sain que s'observent les espaces portes. .
. Sur pièces fixées par l’acide osmique, un autre fait est mis en évidence, c’est la présence de graisse libre dans les veines sus-hépatiques et dans les veines portes, surtout dans ces dernières. La graisse se présente soit sous forme de gouttelettes
de dimensions variables, mélées aux globules rouges, soit
sous forme de blocs moulant parfois la veine au point de don-
ner l’apparence de pièces dans lesquelles on aurait poussé une
injection colorée.
Ces constatations sont à rapprocher de celles de Sandmeyer
sur les vaisseaux du rein chez un chien diabétique et chez un malade diabétique mort dans le coma. Elles permettent de
supposer que la graisse, arrivée par le torrent circulatoire,
est fixée par Le foie surtout, mais aussi par d’autres cellules
de l’organisme, reins, muscles (Sandmeyer). Il y aurait d’abord
surcharge, la dégénérescence n’étant que secondaire.
Rate, d'apparence normale ; quelques fines goutteleites
graisseuses.
Reins. — Dégénérescence granuleuse des tubes contournés. Cellules indistinctes avec noyaux mal colorables. Lumières remplies d’une substance granuleuse, quelques cylindres. Quelques amas leucocytaires sous la capsule. Les tubes droits contiennent de la graisse, non seulement dans leurs cellules, mais aussi dans leur lumière.
Surrénales. — M. le D' Mulon qui a bien voulu nous donner son avis sur quelques-unes de nos coupes nous signale ici la disparition partielle de la graisse dans la substance réticu-
lée. I1 pense que cette légère modification pourrait reconnaître
pour cause les intoxications auxquelles a étésoumis l’animal. Corps thyroïde. — Epithélium des vésicules, aplati comme dans les observations précédentes. Vésicules d’assez grandes dimensions, jusqu’à 245 v. Elles ne semblent pas cependant dépasser notablement les dimensions normales. Réactions
. colorantes normales.
Nous avons exposé les expériences où à la suite d’une ablation partielle du pancréas s’est installé d'emblée ou après quelques jours un diabète durable, ou tout au moins un trouble permanent dans le métabolisme des hydrates de carbone. Nous croyons pouvoir ranger en effet dans cette mème catégorie notre observation IT, quoique la glycosurie n’y ait pas été permanente ; en * effet la glycosurie, constatée pour la première fois le troisième jour après l'opération et alteignant 8 grammes °/, n’élait pas un accident passager puisque, trois semaines après, un léger repas de sucre et de lait faisait reparaître la glycosurie. Si la glycosurie ne se montrait pas (peut-être était-elle empèchée par l’évolution d’une suppuration péritonéale), il n’en existaitpas moins un diabète latent, facile à mettre en évidence.
Cas où l'extirpation partielle du pancréas, pratiquée de la même façon et dans les mêmes conditions que précédemment, ne fut pas suivie de glycosurie durable, le diabète ne s'installant qu'après une seconde opération. - Ë
Cas où cette extirpation fut suivie seulement d’un trouble permanent dans le métabolisme des hydrates de carbone, mais d’un trouble ne pouvant être
mis en évidence que par une observation métho-
dique et prolongée.
Chien VII. — Opéré deux fois. Glycosurie seulement transitoire après la seconde opération.
Opéré le 25 janvier 1910.
Poids de l’animal : 9 kilog. 500.
Poids du pancréas enlevé : 25 grammes.
Pas de glycosurie. |
Le 8 février. — Très bon état général; pas de glycosuri.
Le 14 février. — Pas de glycosurie.
Le 12 février. — Poids: 11 kilogrammes.
L'animal a donc augmenté de plus de 1 kilogramme.
Le 28 février. — L'animal est réopéré. Le noyau pancréatique restant est fortement adhérent au bord inférieur du foie. Il est isolé et une petite portion, 4 grammes environ, est enlevée entre deux ligatures.Il reste un noyau à peine gros comme
une noisette attenant au Wirsung.
La première urine émise après l’opération contient du sucre.
Le lendemain la glycosurie a disparu et né reparaît pas les
jours suivants.
Le 15 mars. — L'animal a perdu sa gaieté, vomit, maigrit. Les jours suivants, état général mauvais; langue sèche, diarrhée à toute tentative d'alimentation. K Les 25 et 26 mars. — Traces de sucre dans l’urine. Le 27 mars. — Mort.
AurTopsie. — Enorme abcès aréolaire de tout le lobe de Spiegel, transformé en une éponge de pus.
Chien VII. — Opéré deux fois; pas de glycosurie, même transitoire, après la première opération ; glycosurie intense el durable après la seconde, dès le lendemain, malgré la persistance d'un nodule pancréatique non sclérosé.
Poids: 6 kilogrammes.
Opéré le 8 mars 1910. Ablation des portions descendante et splénique; la plus grande partie de la portion gastro-duodénale est laissée, mais ” divisée par une section transversale en deux noyaux indépendants dont un reste attenant au canal de Wirsung. Poids du pancréas enlevé : 19 grammes.
Suites opératoires parfaites.
Le lendemain pas de glycosurie, non plus que les jours suivants.
Le 2 avril. —Poids : 6 kgr. 200, supérieur”’au poids initial. Nouvelle laparotomie. On enlève avec la plus grande facilité, en rasant l’intestin, celui des deux nodules pancréatiques laissés en place qui n’est pas en rapport avec le canal de Wirsung ; l’autre nodule attenant au canal de Wirsung est respecté.
Le soir de l’opéralion, pas de glycosurie.
Le 3 avril. —L'animalest en parfait étatet mange de grand!
appétit. Traces de sucre dans l’urine.
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ce 139 —
Le 4 avril et jours suivants. — Réduction très forte par l'urine de la liqueur de Fehling quoique, depuis le jour de l'opération, l'animal soit nourri exclusivement de viande, Le 9 avril. — Urines: urée,3 gr. 25 °/ : glucose, 8 gr. 35 4.
Après un repas contenant, outre la viande, 40 grammes de graisse, les matières fécales, examinées au microscope mon- : trent d’abondantes gouttelettes graisseuses, des fibres musculaires en grand nombre, ayant conservé leur striation.
Le 10 avril. — Poids : 5 kgr. 100.
Urines : 5 gr. 75 de glucose °/,. ,
Le 11 avril à 9 heures. — Mort subite tout à fait inattendue.
Autopsie. — Le lobe postérieur du foie adhérent au moignon pancréatiqué est rouge, congestionné, friable. En séparant le lobe hépatique du moignon pancréatique, on tombe sur une gouttelette de pus. Les autres lobes du foie sont rouges par place, gris jaunâtre ailleurs. Le foie présente à l’examen histologique de graves lésions d’hépatite aiguë; dans les zones les moins malades, on trouve de la congestion, la multiplication des cellules de Kupfer, la dégénérescence
graisseuse des cellules des travées dont les noyaux sont
. encore colorables, mais qui sont bourrées de vacuoles.
Certaines zones sont beaucoup plus altérées encore ; les
cellules, sans contours apparents, sans noyau colorable, y
‘forment de vastes zones de nécrose.
Le noyau pancréatique, fortement adhérent de tous côtés ‘est de la grosseur d’une noisette, d'apparence et de consis-
tance à peu près normales.
Chienne IX. — Opérée deux fois ; après la première opéra-
tion, glycosurie transitoire ; après la seconde, glycosurie per-
manènte, apparue seulement quatre jours après l'opération. Diabète de soixante-quatre jours.
Poids : 8 kgr. 500.
Opérée le 28 avril 1910.
Ablation du pancréas selon notre procédé ordinaire. [lreste autour du Wirsung un petit nodule de 3 centimètres environ de diamètre.
Suites opératoires très bonnes.
Le 29 avril. — Pas de glycosurie.
Le 30 avril. — Traces de sucre dans l’urine.
Le 1° mai, — Urines de vingt-quatre heures :
… Volume : 450 centimètres cubes.
Réaction : acide.
Densité : 1040.
Glucose : 2 grammes °/., soit 9 grammes pour vingt-quatre
heures. | Le 6 mai. — Urines de vingt-quatre heures : 300 centimètres cubes. |
Glucose: 0 gr.240/,, soit pour vingt-quatre heures, 0 gr. 72.
Urée : 13 gr. 62 par litre, soit pour vingt-quatre heures, 4 gr. 08.
Le 8 mai. — Poids de l’animal : 7 kgr. 800.
Le 9 mai. — Alimentation: viande et 20 grammes de sucre.
Le 10 mai. — Régime riche en substances hydro-carbonées : lait 1 litre, sucre 50 grammes, pain 100 grammes.
On recueille des urines de vingt-quatre heures, du 9 au 10, qui réduisent faiblement la liqueur de Fehling.
Les urines du /0 au 11, malgré l’ingestion de lait, de pain et de sucre, ne contiennent de sucre qu’en très petite quantité.
Volume : 810 centimètres cubes: