‹ Contribution À L'Étude du Diabète PancréatiqueChapitre 32 sur 42 · MODE · texte numérisé non relu

MODE

doser les graisses sur l’ensemble des matières fécales émises

pendant ces trois jours. Mais les matières fécales n’ont pu être recueillies que pendant deux jours ; le troisième jour le chien a eu de la diarrhée ; les matières ne conteraient que 7 6] de substances sèches et n’ont pas été utilisées. L'examen n’a donc porté que sur les matières fécales des deux premiers jours pendant lesquels le chien recevait comme alimentation quotidienne le repas de Gaultier dont nous

avons déjà parlé:

Viande de bœuf. . ..=...:: "60 grammes Pains VER PRE EE NOTA Bénrre Mo Var NE ASg res

DAS er RU PE AO TEE

Pommes de terre. . . 200 2

Poids des matières éliminées dans les vingt-quatre heures:

Premier jour : 135 grammes. |

Deuxième jour : 210 grammes.

Consistance : homogène.

Couleur : jaune brunâtre.

Forme : incohérente.

Examen macroscopique. — Restes de nourriture divisés.

Examen microscopique. — Quelques fibres musculaires très morcelées, souvent nettement striées, quelques débris végé- \ taux, grains d’amidon rares. Graisses très rares, surtout sous : forme de gouttelettes. Quelques globules sanguins. Cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien trèsabondants. EXAMEN cæiMiQuE. — Réaction, faiblement alcaline. Rapport du poids des matières fécales sèches au poids des

matières fécales fraîches :

2 4er — 3 HAN NRA Arr). *65.5008 Substances sèches. . . . . . 14500,

Dosage des graisses (méthode de Rousselet). Quantité des

graisses éliminées en deux jours :

Graisses neutres. . . . . . 5gr. 813 AGIeS I SrAS Ne 7e CRT TON 084 SASORE 0) M de a La ane ere U (MES OOD

Total. . .. 10 gr. 487

Graisses absorbées avec les aliments pendant deux jours : 46.71 >< 2 = 93 gr. 42.

Si l’on admet que les matières fécales des deux jours correspondent exactement aux repas pris durant ces deux jours (peut-être commet-on ainsi une légère erreur) on voit que 88, 7°/, des graisses sont absorbées; ce qui est Rte une bonne absorption. Par contre le dédoublement est assez

imparfait. En rapportant à 1006 les chiffres précédents, nous

trouvons : Graisses neutres SR PR EN OO) Aides terasse CAEN d'os mas 0728 SAvOUSH NAIL D Re NE EG

Rochaix (cité par H. Labbé) trouve chez le chien normal

pour 100.

Acides gras Graisses neutres No1 PA NOT 2 AE UNS enr APE 1. TON Aa Sen" d | PARA À LS 108 CURE DE 5 RS LOVONTTS Be RU eos

Jacob É 11

S YA ùr 4 2 , Na

| 4 Ïl est vrai qu’il ne range pas les savons squs une rubrique

spéciale.

Malgré tout, il semble bien que le dédoublement soit très

notablement troublé chez notre chien.

Depuis le 31 novembre ce chien est laissé à un régime

exclusivement hydro-carboné. Il présénte en effet des troubles

cutanés, prurit, dépilation partielle, qui nous avaient semblé

exagérés par le régime carné. Il est nourri surtout de lait,

pommes de terre et pain, aliments qui lui sont donnés à dis-

crétion (plus d’un litre de lait par jour).

Les premiers jours, malgré ce régime, les urines ne contien-

nent pas de sucre. On cesse pendant quelque temps de les examiner.

Le 14 janvier. — L'animal semble un peu abattu, le prurit est plus violent que jamais, la soif est très vive et les personnes chargées de le soigner remarquent qu’il boit cons- : tamment.

Les urines sont alors examinées. Sur un échantillon prélevé à l'émission on trouve une teneur de 63 gr. 8 de glucose par litre d’urine avec la liqueur de Fehling.

Le 16. — Persistance de la glycosurie. Légère réaction de

Gerhardt au perchlorure de fer. Présence certaine d’acétone

dans les urines (les urines sont distillées dans le vide; le pro=

duït de distillation donne, faiblement d’ailleurs, mais indiscutablement, les réactions de Lieben, Denigès). Le 17 janvier. — L'animal est soumis à un régime stricte-

ment carné.

Le 18 janvier. — Les urines contiennent 64 gr. 9 de sucre

par litre.

Le 19 janvier. — 65 grammes de sucre par litre d’urine.

LR À #4 — 163 — 1 1es

Persistance d’une réaction de Gerhardt légère et de légère acétonurie. 76 | | Il semble que cette fois la glycosurie produite par les ali-

ments hydro-carbonés ne soit plus réduclible par le régime

carné. Léger amaigrissement. Poids : 5 kgr. 800.

En somme cet animal semble bien présenter au minimum

un syndrom ed’insuffisance pancréatique à la fois interne el ex-

terne. C’est comme nous l’avons dit, un diabétique latent (1).

Cette observation est peu en faveur de l'hypothèse qu'avait autrefois émise Hédon pout expliquer l’absence de glycosurie chez les animaux dont le pancréas est lentement détruit par dés injections intra-canaliculaires : à savoir que le pañcréas

pourrait être suppléé dans ses fonctions internes par d’autres

organes lorsqu'il se détruit lentement.

Comment admettre en effet que ces suppléances, si elles

. existenl, ne se soient pas établies pendant plus d’une année

qu’a vécu l’animal depuis son opération ?

Étude anatomo-pathologique de nos animaux

d'expérience

Résumé. Discussion

Nous avons dû exposer au fur et à mesure les constata-

tions que nous avons faites à l’autopsie de nos animaux pour

1, À la date du 3 février 1912, la glycosurie, loin de s’atténuer sous l'influence du régime carné strict, s’est au contraire élevée jusqu’à 94 gr. 8 par litre ; elle est devenue permanente, avec forte acétonurie. Le diabète est maintenant un diabète grave avec amaigrissement rapide.

permettre le rapprochement entre les phénomènes qu’ils ont présentés. de leur vivant etles constatations anatomiques.

Nous allons essayer de jeter sur nos constatations un coup d'œil d'ensemble. é

‘Pancréas. — Le fragment pancréatique que nous laissons ‘en place au cours de l’opération échappe à la sclérose grâce à l'écoulement normal du produit de sécrétion vers l'intestin.

Sauf dans un cas où le pancréas, offrait de graves altérations dégénératives, le parenchyme acineux s'est montré à peu | près normal. Nous signalerons seulement cette sorte de morcellement des acini à la périphérie des lobules et surtout au voisinage du tissu conjonctif, enserrant le noyau pancréatique, modification souvent rencontrée. Elle est à rapprocher de la formation de petits LA trois ou quatre cellules, fré- : quemment rencontrés par MM. Curtis et Gellé dans les pancréatites humaines. 5 Vi

Les îlots de Langerhans nous ont semblé très rares et en général petits chez nos animaux devenus diabétiques : ils semblaient même quelquefois présenter certaines modifications de structure (état syncytial, atrophie, présence de vacuoles).

Il est intéressant de comparer ces constatations avec celles que nous avons faites chez deux animaux qui, avec un reliquat pancréatique peu volumineux échappèrent au disbète, sans même présenter de glycosurie alimentaire. 1e

Ici le pancréas est d’une remarquable richesse en lots de Langerhans normaux et volumineux. Nous ne pensons pas qu'il s'agisse dans ces cas de régénération d’ilots: nous n’y trouvons pas de formes de transition particulièrement nom-

breuses.

Hors Jr LUE

HU

Néanmoins le contraste est si frappant entre le nombre et le volume des îlots dans le pancréas restant des diabétiques el des non diabétiques que nous croyons pouvoir attribuer à une différence anatomique préexistante l'apparition du diabète chez les uns, sa non-apparition chez les autres, Loutes choses restant à peu près égales d'ailleurs (volume de la glande respectée, état. du parenchyme). |

Cette constatation nous amène à rappeler une es atou analogue faite par Minkowski(Arch. f. exp. Path. supp., 1908) Comme Thiroloix et Hédon, il a vu, en faisant des greffes, des animaux devenir diabétiques malgré uné greffe qui sécrétait en abondance un suc riche en diastases Mais dans le cas de Minkowski, Pexpérience est particulièrement impressionnante.

Chez deux chiens, il avait greffé sous la peau des morceaux du processus uncinatus et après un certain temps, il avait | enlevé le reste du pancréas. Le canal excréteur était abouché à la peau mais chez l’un des chiens la fistule ne fonctionna pas et il y eut rétention passagère de suc pancréatique qui AU la sclérose du greffon. Or le prenuer chien, celui dant la greffe saine sécrélait une grande quantité d’un suc pancréatique riche en trypsine el en ferment diastasique devint diabétique d’abord légèrement, puis gravement. Le second dont la greffe sclérosée sécrétait environ sept fois moins d’un suc d’ailleurs analogue au précédent présenta seu- A rent au bout de deux mois une glycosurié extrêmement faible (1 gr. par jour) et ne devint diabétique qu'après ablation de la greffe.

Or Minkowski résume dans le tableau suivant les constatations histologiques faites sur les greffes de ces animaux.

Chien diabétique : Aspect presque normal,parenchyme con-

— 166 — na

{ 11 ) 4 = LOL KE : .

‘servé ; îlots de Langerhans : il fallait chercher longtemps

pour trouver des flots abîmés, modifiés.

Chien non diabétique : greffe ratatinée, indurée ; quelques rares lobules glandulaires avec lissu conjonctif fortement

hyperplasié ; dans le tissu de sclérose, on trouvait au con-

traire dans chaque champ des îlots de Langerhans bien con-

servés.

Foie. —En dehors des modifications relevant de l'infection, |

le foie est rarement intact. Il peut l’être pourtant.

Chez notre animal IV qui survécut à cent vingt-sept jours de diabète, le foie a son poids et son volume normaux, étant . donné le poids de l'animal. Il ne présente que des modifications histologiques de peu d'importance.

Les altérations graves constatées en général dans le foie des animaux diabéliques ne sont donc ni la cause, ni la conséquence fatale du diabète, mais en sont Do ane une Complication fréqueñte.

Ce qu’on observe surtout, c’est la surcharge graisseuse

d’abord pouvant entraîner plus tard la dégénérescence. La -

graisse est apportée par le sang, puisque nous avons pu la trouver en abondance dans les vaisseaux du foie. Ce fait est à rapprocher des constatations faites par Sandmeyer chez le chien et chez l’homme (graisse dans les vaisseaux du rein) et à rapprocher aussi de la lipémie fréquemment constatée chez les diabétiques comateux. |

En tout cas il s’agit bien là d'une complication du diabète etnon d’une complication d'infection ou de HParause comme avait pu le croire Sandmeyer.

Deux animaux chez lesquels nous avons noté cette sur-

charge graisseuse massive étaient indemnes de toute suppura-

tion. Un de nos animaux mort de pyohémie après soixante-huit

jours de diabète présentait à la vérité quelques granulations

graisseuses dans les cellules hépatiques, situées au voisinage

Ou au milieu des petits abcès miliaires ; : mais ce n’était en rien.

comparable à ce que nous avons observé chez les précédents.

Dans des cas comme ceux que nous mentionnons précé-

demment où la glycosurie a duré jusqu’à la mort malgré la

disparition presque complèle du parenchyme hépatique, il semble bien difficile d’attribuer le diabète à un hyperfonctionnement du foie (L'animal VI dont le foie présente à peine quelques travées non altérées ou plutôt moins altérées que le reste autour des espaces portes éliminait 7 gr. 53 de sucre dans les vingt-quatre heures qui ont précédé le jour où on Va sacrifié). af Rp

Les reins présentent d’une façon à peu près constante des altérations tantôt légères, tantôt graves. On trouve toujours à un degré plus ou moins marqué de la néphrite épithéliale et diapédétique et souvent la surcharge graisseuse de lépithélium des tubes droïts avec même parfois graisse dans leur lumière.

Parmi les glandes vasculaires sanguines, nous avons constamment étudié:les surrénales et la thyroïde.

Les surrénales n’ont pas présenté de modifications appréciables.

-La glande thyroïde présente d’une façon assez constante l’aplatissement de l’épithélium des vésicules qui ont perdu leur hauteur, leur aspect cubique nornal ; mais,les dimensions des vésicules n’étant pas augmentées, il nous paraît dif-

ficile de conclure avec Lorand à l’hyperfectionnement de la

glande qui a du reste conservé ses dimensions normales,

Étude anatomo-clinique de quelques cas

de diabète humain }

Quoique ce chapitre sorte un peu du cadre d'un travail expérimental, nous avons cru devoir mentionner les résultats de recherches anatomiques que nous avons pu pratiquer dans trois cas de diabète qu'il nous a été donné de suivre dans le service de notre maitre Thiroloix.

Observation I

1. — Grand syndrome diabétique lié à l’évolution d’un cancer de la tête du panèréas.

Le nommé Ch... Eugène,60 ans, garçon de cuisine, ne présente rien de bien notable dans ses antécédents personnels et héréditaires.

Il avait toujours été en bonne santé lorsque apparurent les premiers symptômes de la maladie. Quatre mois ayant son entrée à l’hôpital, il commença à maigrir, à perdre ses forces. Mais surtout il a remarqué à ce moment qu’il était obligé de se lever la nuit pour boire et pendant le jour il ingérait de grandes quantités d’eau. Ses urines augmentaient en même temps ; ses mictions étaient fréquentes et abondantes.

S’il présente de la polyurie et de la polydypsie très nettes, la polyphagie est moins évidente ; pourtant il lui arrivait de de temps en temps, dit-il, de se lever la nuit pour manger un peu de pain, ce qu’il ne faisait (pas auparavant, <

Presque en même temps est apparu l’ictère dont le malade

s’est aperçu tout d’abord par la couleur foncée de ses urines.

Page 1