‹ Contribution À L'Étude du Diabète PancréatiqueChapitre 7 sur 42 · PURES · texte numérisé non relu

PURES

AU RENAERL à ce que prétendent Mere et Min-

KOWSKI, SANDMEYER ne trouve qu'à l’état de traces l’acé-

tone et l'acide diacétique et ne parvient pas à déceler |

d acide oxybutirique dans l’urine de ses animaux. A l’autopsie, il constate l’absence complète ou pres-

que complète du glycogène du foie ou des muscles. À

la suite de Mere et Mnvkowski, il constate la dégé-

nérescence graisseuse massive du foie, des reins et même de la musculature striée tout entière, modifica-

tions apparaissant trois jeurs après l’opération et pou- L P

vant, au bout de cinq jours, avoir atteint son maxi-

mum.

Dans les reins en particulier, SANDMEYER trouve de la graisse dans l’épithélium et la lumière des tubes droits et des tubes contournés, dans la capsule du glomérule et dans quelques gTOS vaisseaux. A l’occasion de cette constatation, SANDMEYER ajoute en note : « Je profite de cette occasion pour dire que j'ai trouvé de grosses

quantités de grandes et petites gouttes de graisse dans

les différents gros vaisseaux rénaux d’un diabétique, mort dans le coma. »

Nous verrons plus tard toute l'importance de ces constatations en décrivant les résultats de l’autopsie d’un de nos animaux.

Il remarque que dans toutes ces cellules remplies de graisse, le noyau a gardé ses affinités tinctoriales et que le protoplasme est normal ; il s’agit donc de surcharge et non de dégénérescence. |

- SANDMEYER n’0se rattacher fermement cette surcharge

graisseuse à la suppression du pancréas et il se demande

SE] RTE 1:

le rôle que doivent jouer Les suppurations étendues

qu'il rencontre en général chez ses animaux.

Sur cinq extirpations partielles que Sanpmeyen relate dans ce prémier travail, la glycosurie fit toujours défaut ; il remarqua seulement, lorsque étaient liés les canaux excréteurs de la glande, de la poutres avec amaigrissement.

Ïl annonce pour un prochain traväil l’histoire de deux

de ses animaux observés pendant huit mois et quatre

mois. C’est le travail sur les glycosuries de longue durée

etprogressives expérimentales qui devait paraître deux

ans plus tard et attacher le nom de SANDMEYER à cette

forme de diabète expérimental.

Nous aurons plus tard à l’analyser. En France, phy-

siologistes et médecins se passionnèrent pour cette

grosse question du diabète pancréatique qui était d’ori-

gine bien française. |

Nous avons mentionné les travaux de LÉPINE. Ceux de Hénon (61) sont très considérables et s’étendent sur plusieurs années.

Hédon. — D'abord il confirme les conclusions de Merine et Minkowskt en montrant que, dans tous les cas d’ablation totale, on obtient sans exception un diabète avec glycosurie, polyurie, polyphagie, polydypsie durant jusqu’à la mort. Le sucre passe dans l’urine très rapidement dans la plupart des cas; la glycosurie atteint son maximum au bout de trois ou quatre jours, sans que l'animal prenne aucun aliment et s’élève fréquemment à 8 et 10 °/.. <

Le sucre disparaît totalement de l'urine vingt-quatre

ne AT — 2 —

ou quarante- huit heures avant que l’ animal ne succombe.

Avec AZÉMAR, il trouve d’une trou constante chez

ces animaux de l'acétone et souvent de l'acide, Foxÿbu

eS tyrique.

La survie est de vingt © ou trente jours. Ÿ Au point de vue technique, HÉpon opérait daboel

en un temps. Désirant obtenir des diabètes à leur maxi-

mum d'intensité, il s’est efforcé de séparer le pancréas

de l'intestin et de placer ses [ligatures aussi près que possible de celui-ci ; cette manœuvre qui prive l’intestin de sa vascularisation expose à la nécrose, si l’on n’a

pas soin de libérer aussi loin que possible les vaisseaux pancréatico-duodénaux supérieurs.

Plus tard, surtout lorsqu'il connut et eut sept lexpérience fameuse de la greffe pancréatique, Hénon préco-

aise l’extirpation du pancréas en deux temps. Au cours

de la première opération, il laisse un fragment facile-

lement accessible de la glande, comme le conseillait déjà Mnvrowsk1, ou même le place sous la peau en faisant une greffe. ,

L'animal ne devenant pas diabétique évite les suppu-

rations, les éventrations qui surviennent si fréquem-

ment chez les glycosuriques. Les désordres opératoires

étant réparés, une opération facile et sans gravité permet d’enleverle fragment laissé en place ou transplanté. Aussitôt le diabète éclate.

Hépon a fait aussi des ablations en deux temps d’une

autre façon, dans le but de faciliter le développement

des anastomoses des vaisseaux intestinaux et d'éviter

la nécrose. Dans un premier temps il enlève la portion

descendante du pancréas et lie même l'artère pancréatico-duodénale. Dans un deuxième temps il complète l’extirpation. ni |

Il a fait enfin des ablations du pancréas après injec-

tions sclérosantes intra-canaliculaires. Il remarque que | les injections de corps gras dans les conduits excréteurs du pancréas ne provoquent pas de glycosurié ou causent seulement une glycosurie passagère et de peu d’importance, fait anciennement connu (expériences de CLaune BERNARD et Scarrr) et de nouveau constaté depuis par GLEY, puis THiroLorx.

Thiroloix. — TarroLoix dans sa thèse (1892) a montré que la ligature des canaux pancréatiques ne produit pas de glycosurie ou seulement une glycosurie très passagère. Dans un cas où le cours normal du sue pancréatique ne s'était certainement pas rétabli, il a vu ce fait curieux et observé depuis par plusieurs auteurs que « l'assimilation se faisait bien; il n’y avait pas de selles graisseuses. »

Il détermine ensuite des atrophies totales de la glande, en injectant dans les canaux de l’huile, tenant en suspension du charbon ou du bitume de Judée en suspension dans de l’essence de térébenthine. À la suite de ces injections qui déterminent des atrophies complètes avec disparition de tout le tissu acineux, on observe d’abord de la polyphagie avec amaigrissement, fèces graisseuses; puis tout rentre dans l’ordre; les troubles digestifs cessent. Jamais on n’observe de glycosurie, Une glycosurie assez importante apparaît cependant durant quelques jours, lorsqu'on sectionne ces glandes scléro-

laires qu'on a pu trouver à l’autopsie pesaient 1 gr.50

Fe

rs sées ou qu ’on en pratique des extirpations peu étendues.

Chez ces chiens non glycosuriques, après injections

intra- canaliculaires sclérosantes, les reliquats glandu-

- 2gr. 50, 4 grammes. Li :

: Ù | : D ; À la suite d’ablations partielles de pancréas normaux ou de simples sections, l’auteur eut des glycosuries parfois assez durables, mais toujours transitoires (six jours

LA] . \ dans un cas, malgré l’apparition d’une péritonite qui

emporta l’animal). Ces expériences se sont terminées

. par la mort des animaux en un temps assez court. Il est

probable que la slycosurie aurait régulièrement disparu, |

s ils avaient survécu assez longtemps.

Dans un cas, TriroLorx a observé, après ablation de la portion verticale du pancréas, une glycosurie très

passagère ; après sa disparition, l’amaigrissement de

l’animal continue à s’accentuer ;il présentait de la polyu-

rie, de la polyphagie, de la polydypsie et de l’azoturie et succomba dans le märasme.

Hépon avait observé un cas analogue de diabète insipide azoturique, après injection de paraffine dans le

canal de Wirsung.

THiROLOIX à pratiqué enfin des ispations totales

pancréatiques qui l’ont conduit à des résultats tout à fait identiques à ceux de von Merine et Minkowsxr. Il pratique en général l’ablation du pancréas en deux temps: dans un premier temps, ligature les canaux pancréatiques et résection de la portion verticale, jusqu’au

delà du point d’abouchement des canaux dans l’intes-

tin; dans un deuxième temps (15 jours environ après),

ENS il amène par traction l'extrémité splénique dans la plaie opératoire, pratique entre le duodénum et la portion restante de la tête du pancréas deux ligatures et coupe en dessous les deux fils.

IL obtient en général une glycosurie à apparition rapide (quelques heures après l’opération) avec polyurie, polyphagie, polydypsie, amaigrissement très rapide survenant presque comme symptômes de début, présence d’acétone et d’acide oxybutyrique dans l’urine. La durée de l’évolution a varié de une semaine à quatre-vingt-un jours, quatre-vingt-un jours dans un cas où des fragments glandulaires avaient été intentionnellement laissés dans la concavité gastro-duodénale. Le taux de la glycosurie a été en général assez modéré (0 gr. 5 à 4 ou 5 grammes ‘/) et assez irrégulier, Dans la plupart de ces expériences, l’ablation pancréatique a été presque totale, mais évidemment avec quelques reliquats glandulaires, plusieurs fois constatés à l’autopsie.

Une fois la glycosurie ne s’est montrée que tardivement,le septième jour, bien que l’ablation eût été totale. Une fois elle a fait défaut ; mais l'animal est mort le cinquième jour, n’ayant pris aucune nourriture.

De ces faits expérimentaux : absence de glycosurie après atrophie complète de la glande; apparition de la glycosurie après simple section de la glande ; irrégularité dans la marche de la glycosurie, après ablation totale et intensité de l’amaigrissement et de l’azoturie traduisant une perturbation nutritive difficilement explicable, TarroLorx conelut que le diabète pancréatique est

dû non à la suppression d’une fonction propre de la

UE glande, mais à une irritation du plexus solaire et de ses branches. Il croit voir dans un certain nombre de cas une hypertrophie des ganglions semi-lunaires. La greffe pancréatique. — Mais dans cette même année 1892, une expérience nouvelle allait modifier la

manière de voir de tous ceux qui considéraient encore

le diabète pancréatique comme dû à l’absence dans l’intestin du suc pancréatique, ou comme lié à quelque irritation nerveuse mal définie.

Minxowskr en février 1892 avait réussi à transplanter sous la peau de l’abdomen la portion descendante de la glande, en lui conservant son pédicule vasculaire inférieur. Dans un second temps, il enlevait le reste du pancréas ; la glycosurie n'apparaissait pas. Elle n’apparaissait pas non plus lorsqu’on sectionnait le pédicule mésentérique de cette glande, en respectant seulement l’artère. Mais lorsqu'on enlevait ce moignon glandulaire pourtant sclérosé, réduit à une petite tumeur de consistance ligneuse, la glycosurie apparaissait, et un diabète grave et continu évoluait jusqu’à la mort de l'animal.

Dans la séance du 9 avril 1892 à la Société de Biologie, HÉDON rapporte l'expérience de Mnrowsxt et annonce qu'il a réussi la greife, sans l'avoir encore complétée par l’extirpation Lotale.

TarroLoix, le 1* juillet 1892 (Soc. Anatomique de Paris) rapporte une expérience de greffe complètement réussie, avec extirpation totale du pancréas et diabète survenant seulement après l’ablation de la greffe.

Le 23 juillet, Gzey et Tarrozoix (55) communiquent

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