‹ Contribution À L'Étude du Diabète PancréatiqueChapitre 8 sur 42 · LE · texte numérisé non relu

LE

de nouvelles expériences de greffe et dans cette même séance HÉDon rapporte l'observation typique d’un ani-! mal à qui il avait greffé la portion descendante du pan- | créas sous la peau. Dans un second temps, il enlève le reste du pancréas : glycosurie qui dure deux jours et disparaît. Lorsqu'il enlève la greffe, la glycosurie s’éta- “ blit permanente.

Il conclut en disant que l’on doit considérer maintenant la théorie du pancréas, glande vasculaire sanguine

comme solidement établie.

Expériences confirmatives dans la série animale

Les expériences d’ablation totale du pancréas ont été pratiquées avec des résultats à peu près identiques chez différents mammifères. L'expérience aurait même été faite involontairement chez l’homme. A la suite d’une dépancréatisation chirurgicale, survintun diabète à issue mortelle (cas de Buzc de New-York cité par SAUNDBY).

L'expérience a donné des résultats positifs chez le chat (Minkowski, HÉpox) ; chez le porc (Minkowskt), chez le singe.

Chez les oiseaux et chez les animaux à sang-froid,les résultats ont été assez contradictoires. Chez les oiseaux,

.Mixowski n’obtient pas de glycosurie, fait confirmé par WEiNTRAUD et LANGENDORF.

Kausou, enlevant à des canards et à des oïes le pancréas et le duodénum, opération nécessaire selon cet auteur pour faire la pancréatectomie totale chez ces

animaux, observe des hyperglycémies très marquées,

mo \

mais pas fatalement accompagnées de glycosurie. Il fau-

drait donc admeitre ou que le rein des oiseaux est moins perméable que celui des mammifères, ou que le sucre est engagé dans des combinaisons chimiques moins facilement dissociables.

Chez la grenouille, Mivxowsxr ne parvient pas à déterminer la glycosurie, Macruse (96) l’a produite dans un certain nombre de cas par ablation du pancréas ; mais PFLUGER l’accuse de traumatiser gravement la cavité péritonéale et de fausser ainsi les conclusions qu’on pourrait tirer de ses résultats.

CAPPARELLI provoque deux fois sur onze la glycosu- - rie chez les anguilles. Ces animaux se comportent évidemment tout autrement que les mammifères.

Ainsi les innombrables expériences des physiologistes semblaient confirmer pleinement les idées de LancerEAux. Non seulement l’ablation du pancréas reproduisait le diabète comme le déterminaient chez l'homme | les lésions pancréatiques rencontrées à l’autopsie des diabétiques, mais encore l’évolution de la maladie se montrait à peu près la même chez l’homme et chez l’animal. Chez l’un comme chez l’autre, lorsque le diabète est d’origine pancréatique, c'est. la même évolution progressive et continue, la même marche rapidement fatale avec amaigrissement et dénutrition, la même irréductibilité de la glycosurie qui ne cède ni au régime exclusivement carné, ni même au jeûne prolongé, dans bien des cas, les mêmes troubles digestifs, puisque LANCE- REAUX avait signalé déjà chez ses diabétiques des déjec-

tions alvines spéciales,

ND Die |

Pourtant dès le début les objections se multiplièrent,

sans ébranler d’ailleurs la conviction de la grande majorité des médecins qui restaient fidèles à la théorie de -LANCEREAUX devenue classique. Cette théorie, cette classification du diabète en deux formes, dont la forme grave porte aussi le nom de diabète pancréatique, se retrouve encore aujourd'hui dans la plupart des ; traités classiques. Actuellement POUPEE elle pen fortement ébranlée.

Les objections faites ont été d’ordre HAQUaee et d'ordre expérimental.

Dès 1881 et 1882 BauMeL (8) voulait déjà étendre le rôle du pancréas dans le diabète au delà des limites que, lui avait assignées LANCEREAUX. Trouvant à l’autopsie de diabétiques gras des scléroses pancréatiques, il voulait rattacher toute pes de diabète à une lésion pancréatique.

Depuis, beaucoup dant auteurs firent des. constatations identiques et au Congrès de médecine de 1900, le Professeur BoucaarD lui-même trouvant la théorie : de l’origine pancréatique du diabète fort conciliable avec celle qu'il avait toujours soutenue du ralentissement de la nutrition, tendait à reconnaître à la plupart des diabètes une origine pancréatique. . |

Par contre d’autres auteurs,physiologistes et anatomopathologistes attaquèrent en sens inverse la classification de LANCEREAUX. Pour eux :

1° L'ablation totale du pancréas ne produit pas fatalement le diabète.

2° Le diabète expérimental n’a que de lointains rap-

Re RD ;

ports avec le diabète humain : il nécessite en effet la totale ou presque totale disparition du pancréas, ce qui se trouve bien rarement réalisé en pathologie humaine ; AE À évolue avec une rapidité et une set que le dia- bète humain ne réalise jamais.

3° Le pancréas ne joue pas dans la pathologie du dia-

bète un rôle privilégié ; d’autres glandes entrent en jeu dans cet acte compliqué. qu'est le métabolisme des hydrates de carbone. Toutes ces glandes sont entre elles dans un état d'équilibre qui peut ètre troublé par une lésion d’une quelconque d’entre elles.

ke Il est fréquent d'observer l'absence complète de

glycosurie au cours d’affections détruisant presque com-

plètement ou lésant gravement le pancréas.

de Fréquents sont les cas de diabète signalés, à l’au-

topsie desquelsle pancréas s’est montré absolument sain.

Objéections d'ordre expérimental faites à la doc.

trine classique, de LANCEREAUX, de MERING et MINKOWSKI.

Page 1