III. — La réaction d’A. Brouha
Cet auteur utilise la lapine chez laquelle l’injection d’extraits préhypohysaires ou d’urine de femme gravide détermine l'apparition de l’ovulation et la présence de corps jaunes. Elle remarqua que l'injection d’urine gravidique provoque très rapidement sur l’ovaire des taches rosées plus ou moins saillantes, mais parfaitement visibles à l’œil nu, de coloration rouge au début, puis bleu-violet sombre.
A. BROUHA, après avoir essayé l’injection intrapéritonéale et intraveineuse, préfère cette dernière, car elle agit plus rapidement.
L'animal employé est la lapine de trois mois dont les ovaires présentent des follicules de GRAAF moyennement développés et jamais trace de follicules hémorragiques.
Les lapines adultes, au repos sexuel, peuvent être utilisées, mais cependant, si on n’est pas bien fixé sur Pâge de la lapine, il sera bon de faire une laparotomie exploratrice pour examiner l’aspect du tractus génital.
Dans la veine marginale de l’oreille de l’animal on injecte très lentement, pour éviter des phénomènes de choc, 5 cc. d’urine réchauffée à 30° environ. L’urine injectée est celle de la première émission matinale, filtrée sur bougie et conservée à la glacière.
Nous remercions Mile Brouha, d’avoir bien voulu nous communiquer non seulement des statistiques récentes mais encore de nous avoir donné des renseignements précieux sur la technique de la réaction.
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On examine, en général 24 heures après, la réaction ovarienne. L'animal est endormi à l’éther, l’anesthésie doit être prudente et réclame beaucoup d’attention.
Après avoir aseptisé la région opératoire, on trace une incision médiane, en deux plans ; on écarte les bords de l’incision à l’aide de pinces d’'Ombrédane; on réclive les intestins avec une compresse de gaze et on aperçoit très aisément le tractus génital. À BROUHA referme à la soie et colle sur la peau une mince languette de gaze collodionnée. L'opération doit être rigoureusement aseptique.
Si la réaction est négative, l’aspect des ovaires est normal ; si elle est positive, on voit bomber à leur surface un ou plusieurs follicules hémorragiques qui se forment parfois 15 à 18 heures après la première in- jection. En général il faut attendre 24 heures.
Actuellement A. BROUHA possède 190 cas d’expériences. Au dernier Congrès d’obstétrique et dans le cours de cette année (Liége Médical, 10 mai 1931) elle a apporté 110 observations.
Le diagnostic a été positif dans 52 cas de grossesse normale. Certaines urines provenaient de femmes enceintes de moins de deux mois et, dans un cas, la réaction a été positive 24 heures après les premières règles manquantes. La réaction a été positive dans deux cas de grossesse tubaire rompue récemment, dans les cas de grossesses compliquées de fibromes, de kystes, de môle hydatiforme.
Le résultat à été négatif avec l’urine de femmes normales ou atteintes d’affections gynécologiques diver-
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ses, ainsi qu'à la ménopause et pendant la menstruation.
BRINDEAU et HINGLAIS confirment les résultats obtenus par A. BRoUHA sur le progrès incontestable réalisé par la substitution de la lapine à la souris femelle impubère pour le diagnostic biologique de la grossesse.
Ces résultats autorisent à proposer l’injection intraveineuse d’urine à la lapine comme méthode de diagnostic biologique de la grossesse.
Les avantages matériels sont les suivants :
1° Nécessité d’un seul animal par essai. Le choix des animaux n’est pas rigoureux, on les trouve couramment dans le commerce et le même animal peut servir à plusieurs expériences ;
2° Une seule injection intra-veineuse ;
3° Une réponse en 24 heures, exceptionnellement 48 heures ;
4° Une réaction macroscopique et de lecture très facile ;
$° Une réaction très précoce qui jusqu'ici s’est montrée en parfait accord avec la clinique.
A. BROUHA conclut elle-même que la spécificité d’un test biologique ne saurait se baser que sur un nombre d’expériences considérables, mais néanmoins cette première série de cas n’apportant aucune cause d'erreur, il devient intéressant de continuer ces recherches qui sont du plus grand intérêt.
Que conclure de l’ensemble de ce chapitre ? Il est évident que la découverte d’un hormone spécifique de la gestation dans l’urine de femme enceinte a apporté aux recherches biologiques un facteur important. Il
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semble que l’on soit véritablement sur la voie du diagnostic essentiellement précis à tous les stades de la grossesse, après tant d'essais infructueux. La réaction d'ASCHHEIM et ZONDEK, la réaction de BROUHA, HIN- GLAIS et SIMONNET, celle plus récente d’Adèle BrouHA, ont le mérite d’avoir apporté chacune des modifications avantageuses. La Réaction de BROUHA, HINGLAIS et SIMONNET comporte l’avantage d’éliminer l’hormone folliculaire, cause possible d’erreur dans la réaction d’ASCHHEIM et ZONDEK, quant à la réaction d'A. BROUHA, elle a pour elle la rapidité. Nous avons essayé d’expérimenter la réaction de BROUHA et HiINGLaAIs, elle nous a paru d’une technique particulièrement facile et d’une interprétation très claire. Tout récemment, avec le Docteur PIGEAUD, nous avons entrepris la réaction d'A. BROUHA, qui, si elle est sanctionnée par de nombreuses séries d'expériences, sera nettement avantageuse sur les deux autres méthodes.
La valeur théorique et pratique de la réaction de BROUHA, HINGLAIS et SIMONNET, les résultats obtenus semblent nous autoriser à proposer son utilisation en médecine légale.
Mais une analyse de ce genre ne devra être demandée que par le clinicien ou le médecin légiste. La vulgarisation scientifique proclamant partout cette nouvelle découverte, la précocité de la réaction pourrait être la cause de demandes d’analyse hormonale dans un but intéressé. C’est le médecin et lui seul qui doit être juge de l'opportunité d’une pareille analyse.’