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CHAPITRE II

Des diverses méthodes biologiques préconisées pour établir le diagnostic de la grossesse

A la base de toutes les recherches nous trouvons Île problème de la biologie de la grossesse. Chez la femme gravide tout l’équilibre biologique normal est détruit pour faire place à un équilibre nouveau et bien spécial qui durera tout le temps de la gravidité. Les règles qui cessent, la persistance du corps jaune, les modifications glandulaires que subissent la surrénale, la thyroïde, lhypophyse, sont les témoins des perturbations physiologiques éprouvées par l’organisme maternel.

L’œuf fécondé n’est pas un élément passif et le placenta n’est pas un simple filtre placé entre la circulation maternelle et la circulation fœtale. Les éléments cellulaires constituant le placenta fœtal exécutent un véritable travail de transformation sur certaines substances contenues dans le sang maternel, de manière à

les rendre assimilables par le fœtus. Ces mêmes éléments cellulaires rejettent dans le sang maternel les roduits résultant des fonctions d’excrétion du fœtus.

On voit donc la complexité des échanges.

Mais le placenta fœtal, qui demeure en contact étroit avec la circulation maternelle, laisse passer des éléments fœtaux qui n’ont pas perdu leur spécificité, puisqu’aucune cellule maternelle n’est interposée pour remanier ces produits. L'organisme maternel devra donc réagir pour transformer ces substances et le plasma subira, de ce fait, diverses réactions modificatrices.

L'élément placentaire fœtal peut envahir l’organisme, les éléments syncitaux se développent jusque dans les rameaux utérins et on a pu les retrouver dans la circulation générale, à tel point que, comme l'écrit ECALLE, « ils sont en état d’agression permanente » vis-à-vis des éléments maternels.

La molécule, pour être assimilée par l’organisme, doit être ramenée à ses éléments les plus simples et l’organisme la reconstituera de façon à l’assimiler. Sucres, graisses, albumines subissent ces transformations et si ces corps pénètrent dans le sang sans avoir été modifiés, le sang réagira par des diastases appropriées pour les assimiler.

Pour la molécule d’albumine aux variantes multiples, dérivant de l’espèce, de l’individu et dans celui-ci de l'organe, chaque variante donne à la molécule un caractère spécifique et la réaction produite dans une humeur par cette molécule d’albumine à caractère spécifique est dirigée par cette spécificité.

Donc phénomènes de défense, résultant de l’action

agressive et modifications biologiques en rapport avec la croissance du fœtus. |

Ces notions physiologiques étant établies, l’origine biologique des différentes méthodes s'explique de la façon suivante :

L’œuf est formé de deux albumines possédant chacune leur qualité matérielle et particulière. De la fusion de ces deux albumines, il en résulte une albumine nouvelle à caractère très défini. Le sang qu’elle absorbe pour se développer vient des villosités maternelles, donc il est chargé de matériaux que l’albumine de l'œuf transforme en substances analogues à sa propre albumine et rejettera dans le sang des albumines de qualité différente à celle de l’albumine maternelle Or, si ces substances ingérées par un organisme sont toxiques, celui-ci réagit en transformant cette substance en d’autres moins toxiques pour les éléments anatomiques et cela en formant des antidotes, des anticorps.

La méthode dite de « DÉVIATION DU COMPLÉMENT DE BORDET-GENGOU » permet de mettre en évidence Papparition dans le sang des moyens de défense de l’organisme contre les produits d’origine fœto-placentaire.

On a cherché aussi si lorganisme maternel se défendait avec des ferments spécifiques capables de transformer les albumines fœto-placentaires en albumines moins toxiques à l’élimination, par la méthode dite de 4 DIALYSE » PRÉCONISÉE PAR ABDERHALDEN, à laquelle se rattache une méthode « ÉPREUVE SÉROLO- GIQUE DE LUTTGE et VON MERTz.

L'organisme se sensibilise-t-il, à la longue, sous l’in-

fluence des albumines fœto-placentaires ? c’est la méthode des « CUTI ET INTRADERMO-RÉACTIONS ».

On s’est demandé aussi si certaines modifications du sang, au cours de la grossesse, n'étaient pas suffisamment constantes et marquées pour poser un diagnostic. Le sang, suivant les besoins du fœtus et de la mère, subit des modifications d’ordre chimique et biologique. Les modifications les plus recherchées sont :

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