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LE MODE DE SÉDIMENTATION DES GLOBULES ROUGES

Nous étudierons ensuite « L'ÉPREUVE DE LA GLYCO- SURIE EXPÉRIMENTALE » proposée par KAMNITZER et Joserx et bien étudiée dans la thèse de BARTHE, et enfin les recherches nouvelles effectuées dans les urines, méthode basée sur la présence d’un hormone que les expériences tendent à faire accepter pour un hormone antéhypophysaire. Cette méthode nous arrêtera plus longuement, car nous l’avons expérimentée et nous ferons connaître les résultats obtenus.

1° Recherche des anticorps placentaires par la méthode de déviation du complément

L’élément syncitial passant dans le sang et déterminant ainsi une toxémie de la mère, il devenait intéressant de rechercher dans le sérum les anticorps placen-

or.

taires par la méthode dite de déviation du complément. On s’attachera à démontrer leur présence par ce fait, qu'ils sont capables au cours de la réaction de se fixer sur leur antigène au moyen du complément disponible qu’ils auront dévié. La disparition du complément indiquera ensuite que cette fixation a eu lieu, donc que ces anticorps existaient.

Les résultats contradictoires obtenus par les divers expérimentateurs montrent la faible valeur de cette méthode. Presque toujours négative chez les femmes non enceintes, la réaction n’est positive que dans 6 % chez les femmes gestantes. FIEUX et MAURIAC trouvent des résultats plus précis, mais au cours du deuxième et du troisième mois. Cette méthode, d’une technique très délicate, est peu accessible au clinicien non exercé, d’ailleurs comme l’écrivent FIEUx et Mau- RIAC : « Malgré les renseignements que ce procédé peut donner en certaines circonstances, ce séro-diagnostic est d’une très grande fragilité ; il ne peut avoir la prétention de se substituer au diagnostic clinique, ni d’atteindre ce que le Professeur PINARD appelle « la certitude médico-légale ». |

2o La méthode de diaiyse d'Abderhalden

Peu de temps avant la guerre, lorsque l’on eut montré que l’administration d’albuminoïdes étrangers provoque dans le sang l’apparition de ferments protéolytiques capables de les dédoubler, quelques auteurs voulurent étendre ce phénomène aux matières pro-

téiques appartenant à l’organisme même, mais normalement situées loin de l’accès des liquides environnants.

C’est de ce principe qu’est née la réaction d’Abderhalden, prétendant permettre le diagnostic de la grossesse par la recherche des « Spaltprodukte » obtenus im vitro par l’inter-réaction prolongée à 37° de tissu placentaire et du sérum de femme enceinte.

ABDERHALDEN put démontrer la formation dans le sang de ferments protéolytiques succédant à l’injection de substances albuminoïdes et que celles-ci étaient transformées en substances aminés et peptones. Il put démontrer ce fait par la méthode optique et la méthode de dialyse et obtenir, selon lui, des résultats concordants.

On met en présence du sérum de femme gravide plus du placenta dans un dialyseur. On recherche les produits dialysés avec une réaction colorée, la ninhydrine et on obtient une coloration violacée plus ou moins intense.

Il y a de grandes difficultés techniques : en effet, la réaction à la ninhydrine est d’une délicatesse extrême ; le sérum ne doit contenir aucune trace d’hémoglobine, ni d’acides aminés (ceux-ci donnant des réactions avec le réactif utilisé), ni de ferments protéolytiques non spécifiques susceptibles d’attaquer l’albumine placentaire. Enfin, il faut obtenir un tissu placentaire privé de toute trace de substances dialysables. D'autre part, les cones dialyseurs ont une inégale perméabilité.

ÉCALLE, qui a repris ces expériences, conclut qu’une réaction négative permet d’affirmer l’absence de gros-

di —

sesse, tandis qu’une réaction positive ne. permettrait pas d’en affirmer l’existence.

Pour ABDERHALDEN, sur $00 expériences il n’a jamais eu de réactions dont le sens ne concordât pas avec la clinique et la raison des erreurs de diagnostic tient à une application inexacte ou défectueuse de la méthode. On obtiendrait des résultats positifs dès le premier mois de la gestation, son intensité serait plus élevée dans les derniers mois, sa disparition aurait lieu d’une façon très irrégulière du dixième jour au troisième mois après l’accouchement.

Bien des auteurs ont entrepris les mêmes recherches; les uns comme FRANCK, HEIMANN, LICHTENSTEIN, SCHLIMPERT, HENDRY, PFEIFFER, PIORKOWSKI conconfirment la valeur de cette réaction, mais d’autres, au contraire, jugent défavorablement la réaction de la dialyse envisagée comme moyen diagnostic. FREUND, BRAHM ont obtenu 33 % de résultats contraires aux prévisions. SCHAFER, sur 62 femmes enceintes, a obtenu deux réactions négatives ; sur 61 femmes non enceintes, 11 réactions positives. ENGELHORN, HERZ- BERG, WERNER n'obtiennent pas de résultats très favorables ; quant à EVLER, il refuse toute spécificité et toute valeur diagnostique à la réaction. |

Il en est cependant qui accordent une valeur réelle à la réaction, tout en reconnaissant que dans certains cas elle peut donner des diagnostics erronés. Les inflammations aiguës des annexes, les tumeurs de l’appareil génital, les fibromes utérins, la tuberculose et même la période de menstruation sont des causes d’er-

reur et donnent des réactions positives chez des fem-

mes non enceintes.

Les causes d'erreur s’attachent aussi à l'extrême difficulté technique de la méthode et puis, sans doute, si la spécificité des ferments de défense est étroite, elle n’est pas absolue.

Etant donné, d’une part, les difficultés techniques de la méthode de dialyse et, d’autre part, la posivité des réactions chez des femmes non enceintes, la réaction d’Abderhalden, malgré son grand intérêt théorique, n’a pu s'imposer dans la pratique.

Dès le début de son apparition, cette réaction fut violemment contestée, si bien qu’au bout de quelques années de polémique scientifique, la méthode ellemême menaça de sombrer dans l’oubli.

Nous avons traité un peu plus longuement cette réaction parce que depuis quelque temps un revirement semble se produire en sa faveur par suite des variantes et des modifications apportées à la méthode, ce qui a pu faire dire, en 1925, que « cette épreuve que l’on pensait enterrée se dresse aujourd’hui de neuf vêtue ».

La réaction exposée ci-après, due à LUTTGE et Von HERTZ, s'efforce non seulement de réhabiliter le principe d’Abderhalden, mais encore et surtout de mettre en relief la valeur de plusieurs méthodes analogues, fruits du travail personnel des auteurs, en particulier de celle qu’ils appellent « Alkohol-Extrakt-Réaktion » ou par abréviation A. E. R. et dont nous donnons ci-dessous le principe et les résultats.

3° Epreuve sérologique de Lüttge et Von Mertz

L’alkohol-extrakt-réaktion s’appuie exactement sur le même principe que la réaction d’Abderhalden, mais LUTTGE et Von HERTZ ne dialysent pas ; ils isolent les produits de la digestion protéolytique par la simple addition d’alcool. De plus, elle utilise un extrait alcoolique d’organe (placenta pour la grossesse). La modification instantanée serait basée sur une affinité ionique beaucoup plus que sur un processus de désintégration moléculaire.

Elle aurait sur l’Abderhalden l’avantage de la rapidité et surtout d’être nettement spécifique. ,

Mais si cette méthode à donné pour les auteurs jusqu'à 96 % de résultats exacts, on se heurte encore à lextrême délicatesse de la technique, que complique la difficulté de la préparation de l'extrait. BESSEMANS, NÉLIS, HACQUAERT ont entrepris, à leur tour, une étude sérieuse de la réaction. S’étant placés dans des conditions particulièrement rigoureuses, en vue d’une technique parfaite possédant un extrait préparé par l’un d’eux dans le laboratoire de VON HERTZ, s'étant séparés en deux groupes, examinant une même série de sérum dont ils ignoraient l’origine, ces auteurs ont obtenu des résultats discordants. Sur 25 sérums examinés, il y a eu concordance entre les deux examens pour 20 sérums, soit 80 % et discordance pour les cinq autres, soit 20 %.

Les auteurs belges concluent que l’A. E. KR. pré-

RERoT EE

sente un intérêt scientifique considérable, car les sérums de personnes non enceintes ne réagissent positivement que dans 19 à 24 % des cas, tandis que les sérums de femmes enceintes donnent, surtout vers le dernier mois, de 76 à 80 de réactions positives.

Pour les mêmes raisons que celles données comme conclusion à la réaction d’Abderhalden, nous estimons que cette méthode est encore loin d’apporter au médecin légiste le coefficient de certitude nécessaire pour appuyer son diagnostic.

40 Méthode des intradermo-réactions

Dans cette méthode préconisée par ENGELHORN et WuRTZ, on utilise la même technique que pour les intradermo-réactions à la tuberculine ; on emploie des solutions de peptones placentaires à 1/30°, 1/100°, 1/500°.

De l’ensemble des recherches effectuées, il ne semble pas résulter que cette méthode puisse être utilisée pour le diagnostic de la grossesse.

5 Méthodes basées sur les modifications des propriétés générales du sérum et des éléments figurés du sang

a) MODIFICATIONS DES MATIÈRES LIPOÏDES DU SANG AU COURS DE LA GROSSESSE. VARIATIONS DU POUVOIR ACTIVANT DU SÉRUM. RÉACTION DITE DU « VENIN DE COBRA ».

RTE IQ

D’après les travaux de CALMETTE en 1902, on reconnaît au sérum un pouvoir activant. Le venin de cobra mis, in vitro, en présence de globules rouges de bœuf ou de cheval n’en détermine pas l’hémolvse si ceux-ci sont suffisamment lavés, mais si on ajoute du sérum l’hémolyse se produit.

Or cette activité est fonction de la teneur en lipoïdes du sérum et on sait que les graisses sont en proportion plus grande dans le sang de la femme en état de gestation. C’est de ce principe que BAUER, HEY- NEMANN voulurent partir pour établir un diagnostic de grossesse. Mais pour plusieurs raisons cette méthode a perdu de sa valeur : L’augmentation du pouvoir activant peut se rencontrer dans des états pathologiques divers et son apparition n’a lieu qu’à une époque tardive, au moment où le diagnostic clinique s’affrme plus nettement, c’est-à-dire vers le quatrième mois.

b) MÉTHODE BASÉE SUR L'AUGMENTATION DU POU- VOIR ANTITRYPTIQUE DU SÉRUM AU COURS DF LA GESTATION.

Le sérum sanguin normal possède la propriété de retarder ou empêcher le dédoublement des matières albuminoïdes par la trypsine, d’où le nom de pouvoir antitryptique. La technique est simple. On constate qu'il faut plus de trypsine pour digérer la caséine dans les tubes qui renferment du sérum.

Les travaux d’ECALLE et BAR démontrèrent qu’au début de la grossesse cêtte augmentation n’est pas ou peu sensible, qu’elle l’est davantage dans les derniers

mois, mais qu’elle s’observe dans divers états patholo-

giques, ce qui la rend sans valeur.

c) DE L’ABSENCE DU CHOC ANAPHYLACTIQUE AU COURS DE LA GROSSESSE.

Les animaux femelles en état de gestation seraient insensibles au choc anaphylactique provoqué par l’injection de sulfate de baryte. Nous n’avons trouvé aucun travail qui reprit la question depuis que cette remarque a été signalée par A. LUMIÈRE et H. Couru- RIER en 1921.

d) ACTIVITÉ LEUCOCYTAIRE ; VARIATIONS DES LEU- COCYTES, VITESSE DE PRÉCIPITATION DES GLOBU- LES ROUGES.

Ces trois méthodes sont sans intérêt : la première est restée sur les expériences d’ACHARD, BENARD et GAGNEUX. La deuxième est basée sur le déplacement de l’image d'ARNETH qui s’observe en dehors de la gestation, ce qui lui enlève tout intérêt, comme la troisième.

6° Méthode basée sur la production de la glycosurie expérimentale au cours de la grossesse

FRANK, NOTHMANN, HOFBAUER ont voulu voir dans la glycosurie alimentaire consécutive à l’ingestion de 100 grammes de lévulose, une réaction de spécifi-

cité de la grossesse. Cette preuve n’est pas constante et non spécifique de la gestation.

KAMNITZER et JOSEPH ont repris ces travaux.

ROUBITSCHEK a cherché l’utilisation de l’adrénaline qui, chez la femme normale, produirait une hvperglycémie sans glycosurie. Au contraire, la femme gravide présenterait une glycosurie.

KAMNITZER et JOsEPH ont injecté 0,002 milligrammes de phloridzine à 300 sujets différents, dont 67 grossesses normales, 17 fausses couches, 3 grossesses extra-utérines, 213 cas témoins. Chez les femmes gravides, la glycosurie est positive durant les trois premiers mois. Les femmes présentant des fausses couches ont une réaction positive tant que le placenta n'est pas décollé entièrement. Parmi les cas témoins, six ont eu une réaction positive.

Pour KGsTER, la réaction positive indiquerait seulement une probabilité de grossesse.

CRAINICIANU et GOLDENBERG utilisent la technique suivante :

1° Examen des urines avec le réactif de NYLANDER avant l’injection de phloridzine pour déceler les moindres traces de sucre ;

2° Absorption de 150 gr. d’eau ;

3° Injection intramusculaire de deux milligrammes de phloridzine associée à de la novocaïne ;

4° Absorption de 150 gr. d’eau ;

$° Récolte et examen des urines toutes les demi-

heures.

La réaction donne une probabilité de grossesse dans 4 % des cas. L'épreuve avec un milligramme de phloridzine est plus sensible : la réaction positive confirme la grossesse d’une manière à peu près certaine ; une réaction négative est entachée d’erreur dans 53 % des cas. s

On commence la réaction avec 2 milligrammes.

Deux éventualités :

La réaction est négative : on peut, à peu près sûrement éliminer la grossesse ;

La réaction est positive : répéter l’épreuve avec un milligramme. Si la réaction se maintient positive, on peut affirmer la grossesse. La réaction négative laisse le diagnostic incertain.

Houez, Poucer, MiLocHEvirrcH publient la statistique suivante :

NOMBRE D'EXr. RKR+ R —

Femmes enceintes 20 20 0 Femmes non enceintes ... 31 16 15 FLOMMES EEE TERME ÉCART 3 1 2.

Nous n’avons pas entrepris des recherches sur cette réaction, mais l’abandon de la méthode par les cliniciens semble bien démontrer que son utilité est contestable étant donné sa valeur douteuse.

7° Réactions basées sur l'examen des urines des femmes enceintes

Dans l'antique Egypte, il y a plus de 3.000 ans, on essayait déjà de diagnostiquer la grossesse par l'examen macroscopique des urines.

SAVONAROLO en 1898 signalait une pellicule irisée à la surface de l’urine de la femme enceinte. NAUCHE, plus tard, crut voir la spécificité de cette réaction de précipitation pour la grossesse, mais ce précipité formé de phosphates ammoniaco-magnésiens, n’a rien de spécial à la femme en état de gestation.

MALONE et KIUTSsI rapportèrent à l’urine la réaction d’ABDERHALDEN, mais CUTTER démontra en 1916 la non valeur de cette méthode.

KooPMAN, à son tour, voulut établir le diagnostic d’après la tension superficielle de l’urine qui serait due à la réaction de l’antigène sur l’anticorps ; mais il n’obtint aucun résultat.

Il faut en arriver aux travaux d’ASCHHEIM et ZoN- DEK qui ont mis en évidence dans l’urine une hormone qu’ils rapportent, avec d’autres auteurs, à la sécrétion du lobe antérieur de l’hypophyse, pour avoir enfin une méthode dont les résultats intéressants ont poussé les recherches. Cette hormone qui existerait à l’état normal, croîtrait dans des proportions telles que sa mise en évidence serait possible par des réactions faciles.

Tout le mérite de la découverte revient aux auteurs allemands, mais les modifications apportées sur le

choix du réactif animal par BROUHA, HINGLAIS et SIMONNET ont permis d'éliminer des causes d’erreur possibles ; enfin les travaux d’Adèle BRoUHA sur la lapine sont pleins de promesse.

Nous avons voulu expérimenter cette méthode.

Après avoir donné un court aperçu historique sur les notions physiologiques qui ont amené la découverte de cette réaction, nous exposerons Ja réaction d'ASCHHEIM et ZONDEK, la réaction de BRoüuHA, HiNGLAIS et SIMONNET, la réaction d’Ad. BROUHA ; nous ferons part des quelques expériences effectuées par nous et des résultats obtenus.

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