CHAPITRE II
Expérimentations anciennes et personnelles
Les souffles jugulaires, dont nous venons d’étudier les caractères, ont-ils une valeur diagnostique véritablement intéressante pour qu'ils puissent nous pemettre de baser sur leur existence l'hypothèse d’une anémie, d’une chlorose ou de tel autre état pathologique ?
Pour résoudre ce problème si complexe, il faudrait tout d’abord connaître le mécanisme de production de ces bruits. Nows ne sommes pas les premiers à avoir cherché les causes diverses — anatomiques, mécaniques, physiques ou autres — de ces souffles, et c'est toute une expérimentation ancienne que nous passerons tout d'abord en revue, avant d'arriver à la description de quelques expériences personnelles entreprises, il y a quelques mois, dans le laboratoire du docteur Noël Fieissinger, à l'hôpi- (al Saint-Antoine,
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EXPÉRIENCE DE CHAUVEAU ET SAVART. — C'est à Chauveau que sont dues les plus anciennes expériences. Les premières on tété faites sur un cheval dont il sectionne le bulbe ; il pratique ensuite la respiration artificielle pour maintenir l’animal en vie. Puis le cœur est mis à nu. Un fil est passé autour de l'artère pulmonaire de façon à pouvoir, à un moment donné, serrer le vaisseau à l’origine. On pratique à l'artère une petite ouverture, par où l’on introduit un doigt : ce doigt ne sent tout d'abord rien, le cours du sang se faisant normalement : mais qu'on vienne à serrer l'artère à son origine au moyen du fil, le doigt perçoit alors nettement les vibrations du sang : Chauveau montre ainsi qu'il existe, à cet endroit, une « veine fluide » qui prend naissance au niveau de l’étranglement et prouve que les mêmes phénomènes, observés par Savart sur des tuyaux de caoutchouc, se produisent aussi dans le système clos de la circulation chez l'animal. Par une série d'expériences variées à l'infini, Chauveau montre qu'il y a un rapport constant entre l’état vibratoire de la veine fluide et l'intensité du souffle.
En coilaboration avec Savart, Chauveau fit une série de recherches avec des tuyaux de caoutchouc dans lesquels, pour se rapprocher des conditions de la circulation du sang dans les vaisseaux, il se sert du sang défibriné.
Le dispositif très simple qu'il avait primitivement adopté, se compose d’un réservoir de pluseurs litres de capacité et pourvu d’une tubulure