‹ Contribution a L'Etude du Diagnostic Différentiel entre l'Encéphalite Épidémique et certaines Formes Aiguës ou Subaiguës de Sclérose en PlaquesChapitre 25 sur 30 · CHAPITRE III a£ SN · texte numérisé non relu

CHAPITRE III a£ SN

EN

Les épisodes aigus ou subaigus de sclérose en plaques 5e

Dans me dernières années, on a observé avec une fréquence … jusqu'alors inconnue, des scléroses multiples à début aigu mar- 5 À L “à - quées par des signes infectieux assez intenses, des réactions C

EU: ‘méningées plus où moins nettes, enfin par des symptômes par- È ca

‘0 ticuliers tels que la somnolence, parfois isolée, plus souvent.

A associée à d’autres signes qui vont compléter la ressemblance avec le tableau clinique à la période aigue de l'encéphalite épi- : démique : somnolence, diplopie, asthénie ; ou bien somnolence, |

diplopie, paralysies oculaires plus ou moins importantes avec

ptosis, plus souvent avec strabisme. Il existe également des

phénomènes vertigineux procédant par poussées paroxystiques. ue 240 . Parfois enlin l'atteinte du facial périphérique s'ajoute à l'atteinte | des paires craniennes.

Ces divers aspects peuvent revêlir tantôt une allure suraigue,

telle notre observation I, où en 3semaines l'affection avaitévolué

vers la mort. Tantôt-une allure aigue, épisode passager, qui

s’amende en deux ou trois semaines (obs. 2 à 10). Tantôt une

allure subaigue (obs. 11 à 21). A la diplopie apparue de façon

brutale, s'associent les autres symptômes de façon plus ou

moins lente. Cet épisode peut durer quelques mois. Dans l’un

ED

ou l’autre de ces deux derniers cas, nous assistons à la regression de ces épisodes infectieux. dans l’un ou l’autre cas, le dia-

gnostic différéntiel avec l'encéphalite se pose difficile à élucider.

Nous n'insisterons jamais assez sur le polymorphisme sympto-

matique de ces formes subaigues ou aigues, qui peuvent aussi bien faire penser à une grippe ou à une fièvre thyphoïde tant les signes généraux sont intenses, qu’à une affection du névraxe, qu'à une encéphalite épidémique. Mais ce qui permet de réserver à la sclérose multiloculaire son caractère particulier, c’est 1e: Un signe positif de haute valeur, l'association à un moment donné de manifestation liées à une atteinte des voies cérébel-

leuses et pyramidales.

2: Un signe négatif : l'extrême rareté de la coexistence de tels signes de la série encéphalitique et de signes propres à la sclérose en plaques, avec les accidents et les sequelles si fréquemment constatées au cours de l’encéphalite épidémique :

Parkinsonisme, myoclonies.

3°: Enfin le laboratoire nous a donné depuis quelques années avec la réaction du benjoin colloïdal dans le liquide céphalo rachidien de MM. Guillain, Guy Laroche, et Lechelle, un moyen de diagnostic très appréciable, lorsque cette réaction positive ou subpositive coïncide avec une réaction de Wassermann négative. Nous n’en dirons pas autant de l'épreuve de la glycorachie qui, nous nous efforcerons de le prouver dans une autre partie de ce travail, n’est d'aucun secours pour le diagnostic de l'encépha-

lite épidémique.

pe

Ce n’est que rétrospectivement que se posera le problème de savoir si les manifestations initiales, à symptomatologie pseudo encéphalitique qui ont disparu alors, pour laisser la place aux syndromes cérébelleux pyramidaux, doivent être attribuées à la sclérose en plaques ou à l'encéphalite léthargique. Seules, l'évolution ultérieure et la vérification anatomique permettront de

trancher la question.

La plupart des cas que nous avons cités, ayant présenté cette symptomatologie initiale de type encéphalitique, présentent actuellement le tableau le plus typique de scléroses en plaques. Ceux qui ont abouti à une vérification anatomique, ont révélé l'existence de plaques de sclérose absolument caractéristiques. Aussi pouvons-nous conclure que la sclérose en plaques doit revendiquer comme lui appartenant de façon indiscutable le

symptôme somnolence.

Enfin, nous nous baserons pour l'établissement du diagnostic différentiel, sur certaines différences dans l'allure des symptômes : début moins brusque de l'épisode initial dans la sclérose en plaques, paralysies moins parcellaires de l'appareil oculaire. Alors que la convergence est presque toujours touchée dans l'encéphalite, elle est presque toujours intacte dans la sclérose. Avis que les troubles pupillaires sont fréquents dans l’encéphalite ils manquent presque toujours dans la sclérose, tandis que le nystagmus a ‘déjà fait son apparition. Par contre, les modifications de la force musculaire, surtout des raccourcisseurs, sont

précoces dans la sclérose. Dans l’encéphalite, on ne les observe

LAURE NEA

pas ; il s’agit I plutôt de fatigabilité, d’asthénie que de parésie. Plus inconstantes sont les perturbations réflexes, à l'exception de l'abolition des réflexes cutanés abdominaux qui, fréquemment précoces, revêtent une valeur incontestable en faveur de la sclérose en plaques. Il en est de même des perturbations labyrinthiques : vertiges, désiquilibration, et surtout des-trou-

bles cérébelleux.

Concluons : Si la somnolence se retrouve, isolée ou non, si fréquemment au cours de la sclérose en plaques, c’est qu’il s’agit de manifestations topographiques. Mais il faudra attendre des semaines et des mois l'apparition des troubles cérébelleux pyramidaux pour pouvoir rattacher à sa cause véritable, l'épi-

sode initial.

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